ENTREPRENEUR: ce mouton à cinq pattes qui sommeille en chacun de nous

L’avènement de la société de l’information et de services a ouvert un large champ de possibles pour celles et ceux qui lancent leur entreprise, que ce soit par choix ou nécessité.
Qu’est-ce qu’un(e) entrepreneur(e) ?
Dans son ouvrage « Le cycle des affaires » paru en 1939, l’économiste Joseph Schumpeter le décrivait comme « un aventurier, une personne capable de prendre des risques, de s’affranchir de la routine, d’imaginer de nouveaux concepts, produits ou procédés et de les mettre en application. L’entrepreneur est en effet celui qui, après observation de son environnement, identifie une opportunité, réunit les ressources nécessaires et met en œuvre un projet en vue d’en tirer un profit.
Quelles sont ses motivations ?
–Un choix d’indépendance, de liberté et d’autonomie : être son propre patron ;
–Une volonté de mener à bien un projet, d’exploiter une opportunité ou d’affronter de nouveaux défis ;
–La nécessité de créer sa propre activité dans une économie de chômage de masse et de précarité salariale ;
–L’ambition d’améliorer significativement sa situation matérielle.
Quel est son profil type ?
En France, il s’agit majoritairement d’un homme (64 %), marié (75 %), père d’au moins un enfant (60 %), de 41 ans en moyenne (les classes d’âges 22/28 ans et 41/45 ans étant surreprésentées), issu des classes moyennes ou modestes (90 %), ayant le bac (95 %) et possédant une expérience professionnelle antérieure solide (70 %). 
Nait-on entrepreneur ?
L’esprit d’entreprise n’est pas inné, mais le fruit de connaissances, de compétences qui s’acquièrent avec le temps, le travail et l’expérience. C’est un état d’esprit qui nécessite des qualités plus ou moins développées chez chacun d’entre nous.
Pour entreprendre, il faut d’abord bien se connaître soi-même (analyser ses motivations, ses forces et faiblesses), avoir confiance en soi (pour relever des défis et entrer en compétition), être créatif (voir les choses autrement, sortir de sa zone de confort), ambitieux (imposer sa vision), persévérant et adaptable, résilient (surmonter et apprendre de ses échecs), enthousiaste et optimiste (voir le verre à moitié plein), tolérant à l’incertitude (source d’opportunités), savoir prendre des risques calculés (ne pas avoir peur) et s’engager passionnément à fond (temps, argent et mode de vie) dans la réussite de son projet.
Pour développer son entreprise, le créateur passionné doit se muer en organisateur et leader charismatique, parfaitement inséré dans son environnement.
L’entrepreneur à succès doit se fixer des objectifs à court ou long terme ainsi que des critères de réussite et mettre en oeuvre les moyens pour y parvenir.
Une planification et une organisation rigoureuses tout comme une capacité à s’entourer, fédérer, guider des profils complémentaires, déléguer et rester à l’écoute sont primordiales. Même s’il conduit résolument son plan de marche, l’entrepreneur doit être perméable aux conseils afin d’adapter en permanence son entreprise à la concurrence et au marché.
Si un minimum de connaissances, de compétences et de qualités permet d’éviter certains écueils, ce mouton à cinq pattes sommeille en chacun de nous. Il est vrai que la peur de perdre les avantages liés au salariat, de ne pas être accompagné ou d’affronter les complexités administratives sont souvent des freins pour se lancer.
Il est néanmoins fréquent que des femmes et des hommes issus de tous horizons, parfois autodidactes ou sans ressources financières, convaincus de la pertinence de leur projet et animés d’une impérieuse envie de le concrétiser, se révèlent des entrepreneurs hors pair, capables de guider une communauté humaine et d’impacter la société.
Demain, tous entrepreneurs ?  
Pourquoi pas ? Ne dit-on pas que la chance sourit aux audacieux, à ceux qui ont “les pieds dans la glaise et la tête dans les étoiles”.
Malgré les écueils, les difficultés et les échecs, être entrepreneur c’est vivre une aventure humaine et citoyenne unique et être davantage acteur de sa vie professionnelle.

 

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