ART INVISIBLE: canular ou nouveau courant artistique ?

En septembre 2016, la radio canadienne CBC a présenté une jeune artiste se disant l’inventeur d’un art révolutionnaire, l’art invisible. Elle décrivait une oeuvre qu’elle avait élaborée durant des heures mais, qu’on ne pouvait voir. C’était un canular.

Ce que ne pouvaient imaginer l’auteur de cette farce, c’était que de nombreuses initiatives d’art invisible avaient déjà été expérimentées par des artistes marquants tels Duchamp, Magritte ou Warhol.

En juin 2011, le duo d’artistes Praxis parrainé par l’artiste comédien James Franco a lancé le « Non-Visible Museum » ou MONA, « une excentricité de l’imagination, un musée qui nous rappelle que nous vivons dans deux mondes : le monde physique de la vue et le monde non-visible de la pensée. Entièrement constituées d’idées et de pied de nez au marché de l’art, les œuvres seront simplement décrites aux visiteurs… »

Plus généralement, les promoteurs de l’art invisible postulent que l’art ne se limiterait pas à des réalisations physiques à voir ou à posséder. Des oeuvres inaccessibles, cachées, invisibles ou à faire disparaître pour n’en garder que le souvenir, seraient tout autant capables de procurer des émotions artistiques. Evoquer une oeuvre disparue ou invisible à l’oeil nu, permettrait de la faire revivre à posteriori.

Ces orientations artistiques très conceptuelles trouvent leur fondement dans le rejet de la tournure mercantile et spéculative prise par l’art contemporain.

Revers de la médaille, promouvoir l’émotion artistique suscitée par une oeuvre qui ne se voit pas ou ne se touche pas, et tout axer sur le récit ou le « story telling », en disqualifie en grande partie l’approche.

Le spectateur incrédule, empêché de faire son propre jugement par l’exercice de tous ses sens (la vue étant primordiale dans les arts dits visuels!), en serait réduit à croire « l’artiste » sur parole…

Ceci dit, certains d’entre nous, perdus par la complexité prise par l’art contemporain ou plus prosaïquement spéculateurs prennent bien les choix de certains « curateurs » ou « marchands » pour argent comptant…

 

 

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