INTRAPRENEURIAT: un levier d’innovation et de croissance interne incontournable

Né dans les années 1970 et rendu célèbre par le développement par Arthur Fry du Post it au sein de la société 3M, l’intrapreneuriat est une démarche d’entrepreneuriat en interne en phase avec les attentes des nouvelles générations Millennials et Centennials et de nature à développer une véritable culture de l’innovation au sein de l’entreprise traditionnelle.
Il consiste dans le développement d’un projet novateur (lancement d’un nouveau produit, amélioration d’un produit ou d’un service, développement d’une nouvelle technologie, optimisation de l’organisation) par un salarié au sein de son entreprise en accord et avec le soutien de sa direction.
Quels en sont les bénéfices et les limites pour le salarié et l’entreprise ?
Concernant le salarié :
– il satisfait son aspiration à l’autonomie, à l’indépendance et au besoin de développer son expérience et ses connaissances (motivation, développement personnel et professionnel) ;
– il a accès aux ressources financières, matérielles et humaines de l’entreprise lors du développement et du lancement de son projet ;
– il entreprend tout en restant sous contrat avec l’entreprise. Continuant à percevoir sa rémunération, cela lui donne une forme de confort moral et limite ses risques, bien qu’un échec puisse détériorer ses relations avec son employeur ;
En revanche,
– il ne détient pas l’affaire qu’il développe et son potentiel d’enrichissement est limité ;
– son indépendance est limitée, car il doit rendre des comptes à l’entreprise ;
– sa réussite dépend en partie de la qualité et de la persistance de l’engagement pris par la direction ;
– sa position toute particulière au sein de l’entreprise peut susciter jalousies et obstructions et compliquer les négociations en interne.
Concernant l’entreprise :
– il s’agit d’un moyen concret de développer une culture de l’innovation ;
– cela permet de révéler, de donner des perspectives d’évolution et de retenir les collaborateurs les plus talentueux et ambitieux ;
– cela lui donne la possibilité de développer certains types de projets avec plus de flexibilité en parallèle de l’organisation en place et de façon moins coûteuse ;
– cela renforce les compétences en interne et favorise l’apprentissage du travail collaboratif sur de nouveaux usages ou produits ;
– cela lui procure de nouvelles sources de revenus sans cannibaliser ses activités traditionnelles.
En revanche, les problématiques de rémunération, les rivalités avec le middle-management et les risques de faire évoluer en parallèle deux types de modèles (start up et traditionnel)antagonistes en termes de fonctionnement peuvent être source de conflits et d’effets pervers.
De fait, plus de deux tiers des entreprises sont réticentes à avancer sur cette voie. Les obstacles et les risques encourus (peur de l’échec, risques financiers, instauration d’une culture duale, manque de temps, besoin du management de tout contrôler, manque de flexibilité et méfiance vis-à-vis de ses collaborateurs) freinent les initiatives.
Sans évolution préalable de la culture de l’entreprise vers plus de flexibilité, d’autonomie et de responsabilisation des collaborateurs et la conviction que la promotion de l’innovation en interne est clé pour s’adapter dans une économie ouverte, les programmes d’intrapreunariat ont peu de chances de voir le jour.
Une implication forte de la direction et des ressources humaines sont indispensables ainsi que l’allègement de procédures pour favoriser l’autonomie et la prise de risques des collaborateurs. La mise en place d’un incubateur interne, la création de plateformes de générations d’idées collaboratives accessibles à tous ou des initiatives d’open innovation avec liaison avec des partenaires extérieurs sont de nature à faire évoluer les mentalités.
À n’en pas douter, l’intrapreneuriat est un levier de transformation et un accélérateur de changement clé pour les entreprises peinant encore à reconnaitre la place centrale de l’innovation dans la création de la valeur à long terme.
Il n’est néanmoins qu’un début de réponse, une étape, dans l’instauration d’une culture de l’innovation ouverte et collaborative impliquant toutes les composantes, forces vives et partenaires de l’entreprise.
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