MOUVEMENT SLOW: l’urgence de ralentir notre rythme de vie

La slow food est née en Italie en 1987 en réaction à la multiplication des fast food et à la diffusion de la malbouffe. Fondé par Carlo Petrini, journaliste gastronomique, il s’agit d’un mouvement éco-gastronomique encourageant à se réapproprier les plaisirs de la table en prenant le temps de cuisiner soi-même des produits locaux de qualité.
Le but est de réapprendre à apprécier les saveurs des aliments, et partager ce moment de convivialité avec sa famille ou ses amis.
La philosophie du slow food va progressivement s’étendre à différentes sphères de la vie quotidienne, donnant naissance au mouvement slow et à la slow attitude qui s’appuient sur quelques grands principes:
– ralentir son rythme de vie ;
– renouer avec la simplicité ;
– prendre du temps pour soi et donner du temps aux autres ;
– se reconnecter à la nature ;
– éveiller ses sens et développer sa créativité ;
– être pleinement conscient de ses actes et du temps ;
– savourer le temps présent. 
De l’économie, en passant par les médias ou le travail, les déclinaisons du concept slow vont se multiplier :
–la slow city (ou la ville pas à pas) qui cherche à améliorer la qualité de vie citadine en favorisant les espaces verts, les zones piétonnes, en réduisant la circulation ou en promouvant l’hospitalité et les traditions locales ;
– la slow education : trouver le rythme adapté à chaque enfant, prôner une pédagogie alternative dénuée de compétition entre élèves ou de systèmes de notation et centrée sur le développement personnel ;
– le slow travel : voyager autrement en prenant le temps de la découverte de la nature, de la culture et de la gastronomie d’une région, en s’ouvrant aux populations locales et en respectant l’environnement ;
– ou, la slow science (prendre le temps de réfléchir), le slow management (favoriser le bonheur au travail et respecter les rythmes de vie privée/vie professionnelle), le slow money (financer des petits producteurs agricoles), le slow marketing (conquérir des clients avec des contenus ciblés), le slow art (enrichir et encourager le processus créatif), le slow home (avoir un intérieur bien organisé, accessible du travail et de l’école), le slow parenting (être présent en famille et intégrer du temps libre non planifié), le slow media (tri d’information)…
De façon générale, le mouvement slow pousse à retrouver des modes d’être et de faire plus créatifs, lents et durables, afin de construire un mode de vie réfléchi et assumé, conscient de ses actes et en harmonie avec les autres.
Avec le développement des technologies de l’information qui accélèrent notre rythme de vie en installant le culte de l’urgence, de l’immédiateté, du non réfléchi, de l’émotion fugace et de la sollicitation, le mouvement slow et ses recommandations à ralentir la cadence, à questionner le quotidien, à déconnecter, n’ont jamais été aussi actuels et difficiles à appliquer.
À moins que les nouvelles technologies en simplifiant la complexité, en assumant les tâches chronophages et en nous laissant les activités créatives, nous permettent de disposer plus librement de notre temps et de ralentir notre rythme de vie (la technologie smart au service du mouvement slow : la smart and slow city, la smart and slow éducation…). 
De façon générale, le développement du mouvement slow est révélateur d’une prise de conscience individuelle et collective de la nécessité de s’orienter vers ce qui est bon, propre et juste, de se reconnecter avec ses valeurs, les autres et la nature. Si le message hédoniste qu’il véhicule recueille de plus en plus d’adhésion, son adoption plus large passe par la reconnaissance de son efficacité économique et sociale (à titre d’illustration, le bonheur au travail est en vogue, car il entraîne une meilleure productivité ou le bio se développe, car les marges sont plus élevées).
À défaut, le mouvement slow né il y a trente ans est condamné à une diffusion lente dans un monde évoluant de plus en plus vite…
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