DRONES: ces yeux numériques dans le ciel

Un drone ou UAV (Unmanned Aerial Vehicle) ou UAS (Unmanned Aerial System) est un aéronef inhabité, autonome et télépiloté. En anglais, le mot drone signifie bourdon (en relation avec le bruit caractéristique émis par ces appareils).
Conçu à l’origine à des fins militaires, l’usage des drones a gagné le domaine civil, qu’il soit privé ou professionnel :
–l’usage militaire : les drones deviennent incontournables dans tous les arsenaux militaires, du plus petit engin démontable à l’appareil de combat à rayon d’action important avec capacité de frappe maximale. La question du recours à des drones de combat robotisés et autonomes se pose dans tous les états majors avec le risque intolérable de laisser la machine décider seule d’une action létale.
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–l’usage privé à vocation ludique (jeu de pilotage, selfies, « FPV racing » ou pilotage en ayant l’impression d’être aux commandes…) ;thumb-drone-de-loisir---quelle-reglementation-en-2018--10746
–l’usage professionnel : il s’agit principalement de surveillance d’infrastructures (pipelines, entrepôts, usines, centrales…), d’utilisation agricole (analyse des champs, des plantes pour une agriculture plus précise), d’exploration, de découverte et de cartographie voire de transport de courrier, de colis ou de personnes (projet en cours à Dubaï).drone ependage.gif
Le drone est promis à devenir un outil clé de numérisation (récolte et analyse de données) des surfaces physiques grâce à l’intégration de systèmes de télédétection par laser, ondes électromagnétiques ou infrarouges. Les données recueillies combinées à celles des satellites et de l’internet des objets, permettront en utilisant les technologies du Big Data d’établir des modèles prédictifs et d’aide à la décision (maintenance de réseaux…). Le drone va devenir un « service » de récolte d’informations et d’analyse ciblée à des fins d’actions correctives en quasi temps réel.
Outre leur prix élevé, le recours à des drones civils pose des problèmes de réglementation.
Les drones de loisirs ne peuvent voler en zone urbaine, au-dessus de rassemblement, à plus de 150 m et doivent rester en vue de leur pilote. L’exploitant d’un drone professionnel, pouvant être tenu responsable de dommages causés aux personnes et aux biens, doit déclarer un certain niveau de compétences et posséder un brevet théorique de pilote d’ULM. Les drones doivent être pourvus d’un dispositif de signalement lumineux et électronique.
Le recueil de données d’ordre privé pose également des questions d’usage et de confidentialité. Certaines utilisations peuvent légitimement être considérées comme contestables (espionnage, surveillance…). Le recueil de données d’ordre privé par différentes entités (État, entreprises…) pose des questions de respect de la vie privée.
Pour mettre de l’ordre dans l’anarchie initiale, un cadre réglementaire se met progressivement en place dans chaque pays, l’enjeu se situant au niveau de la standardisation des normes de communication, l’imposition de boites noires…
En ajoutant une couche d’intelligence artificielle et les technologies du Big Data, les drones vont constituer des outils puissants de numérisation de l’environnement physique, permettant une mise en « matrice » du réel observable, à des fins d’analyse, de prévision et de contrôle.
 
Pour aller plus loin:
 
Drone warfare: killing by remote control – Medea Benjamin
A theory of the drone – Gregoire Chamayou
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