PARENTS PERMISSIFS : de l’enfant-roi à l’enfant-tyran !

enfant roi

Débordés par une vie frénétique, désemparés par certaines réactions de leur enfant, 75 % des parents s’estiment trop permissifs. Cela génère dévalorisation et culpabilisation. Disant oui à tout, que ce soit pour se faire pardonner ou s’assurer de son affection, ils placent l’enfant au centre de toutes les attentions.

En quête d’un plaisir immédiat insatiable et dépourvu de limites, il arrive fréquemment que cet enfant-roi tourne à l’enfant-tyran et à l’adulte-tyran.

Qu’entend-on par parents permissifs ?

Les parents permissifs sont des parents qui n’imposent aucune limite à leurs enfants. et les laissent livrés à eux-mêmes. Ne fixant pas de cadre ou n’apportant pas de réponse à leurs besoins de base, ils se désintéressent de leurs émotions.

Pour éviter les conflits qui pourraient nuire à leur relation, ils satisfont à toutes leurs demandes.

Les rapports d’autorité s’inversant, l’enfant prend le pouvoir sur l’adulte. Il devient un roi anxieux et dominateur qui exige tout tout de suite de ses assistants de vie.

Qui sont ces parents permissifs ?

Âgés de 30 à 45 ans, ils ont souvent reçu une éducation stricte. Un ou les deux parents sont de tempérament doux. Ils sont très pris par leur vie professionnelle et disposent de revenus permettant de satisfaire aux demandes de leurs enfants. Ils n’établissent pas de règles, d’horaires et évitent la discipline. En cas d’échec de leurs enfants, ils accusent la société ou les autres. Ils cherchent avant tout à faire plaisir à leur enfant. Ils prennent le contrepied d’une éducation inverse subie durant leur propre enfance.

Comment se traduit cette éducation très permissive ?

  • l’enfant dicte sa loi à la maison, que ce soit pour ses activités ou celles de la famille ;
  • l’enfant manipule son entourage, alternant manœuvres et menaces ;
  • l’enfant culpabilise ses parents.

enfant roiCet enfant gâté à la liberté illimitée est un enfant-roi qui soumet ses parents à ses multiples volontés.

  • les parents passent sous l’emprise de l’enfant, devenant des collaborateurs ou des copains ;
  • acceptant tous ses caprices, ils abandonnent toute punition pour éviter les conflits ;
  • l’enfant suscite souvent l’admiration de ses parents fiers d’autant de caractère et de désobéissance.

Quelles sont les conséquences sur l’enfant de cette absence d’éducation ?

Cette forme de « non-éducation », véritable culte de l’enfant-roi, s’apparente à un amour inconditionnel. Elle se traduit par une absence d’autolimitation de l’enfant, intolérant à la moindre frustration, insatisfait permanent.

Il est incapable de résoudre les problèmes par lui-même. Il n’accepte plus aucune règle ou hiérarchie. Il souffre de troubles du sommeil, de l’alimentation ou de l’hygiène. Il éprouve des difficultés à interagir avec d’autres personnes, à travailler en groupe, à se lier d’amitiés ou à éprouver de l’empathie.

L’enfant-roi, narcisse juvénile, idolâtré, est incapable de supporter le réel, de dire sa souffrance et son insatisfaction permanente. Il peut se transformer en enfant-tyran passant à l’acte violemment (refus d’obéissance, colères, menaces, intimidations, dégâts, agressions, violences l’école, vols…).

Victime d’un ego surdimensionné du cette sur valorisation parentale, l’enfant-tyran se construit avec difficultés, sans limites et dans l’échec social.

Il peut se muer en adulte-tyran.

N’ayant jamais intériorisé de limite et ayant grandi dans l’illusion de la toute-puissance, il va exercer une emprise sans affect sur les autres, les forçant à accéder à tous ses désirs insatiables.

enfant tyran

Comment sortir de cette permissivité nocive au développement de l’enfant ?

Il importe de :

  • restaurer des rapports parents-enfants équilibrés, le parent guidant, accompagnant et éduquant l’enfant et non l’inverse ;
  • retrouver une autorité bienveillante, en disant non à bon escient et sans violence (intégrer la frustration, c’est préparer au principe de réalité), tout en posant des limites indispensables justifiées ;
  • se rendre disponible et écouter les besoins, les attentes, les envies, les souffrances et les émotions de l’enfant ;
  • chercher à développer l’autonomie et l’estime de soi de l’enfant en basant les relations sur la confiance et en évitant les vexations ;
  • poser des règles et des consignes de vie et trouver ensemble les solutions aux conflits.

L’éclatement de la structure familiale, la difficulté des parents à tout concilier et l’investissement narcissique dans leur enfant fait roi conduisent à un modèle éducatif de « laisser-faire »,  « laisser grandir ».

Aux antipodes d’une hyperparentalité ou d’une démission parentale, une parentalité positive, bienveillante et équilibrée est souhaitable. Instaurant des limites, axée sur le développement émotionnel et l’apprentissage progressif, elle permet de procurer autonomie, intelligence relationnelle et bien-être à l’enfant.

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