NEO-RURAUX : la campagne est leur nouvelle frontière

néo ruraux

Deux millions d’anciens citadins ont fait le choix de s’installer en zone rurale (4,2 % de la population française de plus de 15 ans). Deux millions et demi de citadins l’envisageraient d’ici 5 ans. En quête d’authenticité, de nature et de frugalité, ces urbains s’engagent dans un choix de vie qui, mal préparé, peut être source de désillusion ou d’isolement.

Qu’entend-on par néo-ruraux ?

Il s’agit de citadins s’installant en zone rurale. 

L’institut Ipsos, dans une étude récente pour Groupama, les définit comme « les habitants récents (moins de 5 ans) de communes de moins de 2 000 habitants ayant résidé auparavant dans une commune de plus de 2 000 habitants située à plus de 50 km ».

Qui sont-ils ?

Selon l’Ipsos, ils ont entre 25 et 34 ans, appartiennent à des catégories socioprofessionnelles modestes ou moyennes. 

néoruraux
Ils travaillent dans une ville proche (75 %), le restant étant porteurs de projets économiques (17 %) ou partant à la retraite.

De fait, 42 % des habitants de villes de plus de 100 000 habitants souhaiteraient vivre et travailler en zone rurale. Une partie (18 %) a déjà engagé des démarches et de premiers contacts.

Le phénomène d’exode urbain concerne majoritairement les zones rurales périurbaines. La distance séparant une agglomération de sa zone périurbaine est fonction de son importance (plus elle est grande, plus la distance augmente : entre 10-20 km pour une ville intermédiaire et jusqu’à plus de 100 km pour Paris).

Quelles raisons poussent les citadins à opter pour un cadre de vie rural ?

La première vague de néoruraux remonte à l’après-mai 1968 (hippies ou jeunes « révolutionnaires » rejetant la société capitaliste). Quatre autres vagues se sont succédées depuis : celle post-1973 (à vocation écologiste), celle post-1985 (citadins cherchant un autre mode de vie), celle post-1995 (personnes en situation précaire) et celle post-2005 (altermondialistes)

néoruraux

Selon Ipsos, la génération actuelle souhaite s’installer à la campagne pour :

  • bénéficier d’une meilleure qualité de vie calme et tranquille (59 %) : le mode de vie rural leur semble plus confortable (42%), moins stressant, plus proche de la nature (41%) et surtout plus abordable (le renchérissement de l’immobilier dans les grands centres urbains jouant un rôle important dans cet éloignement) ;
  • prendre un nouveau départ (38 %) ;
  • retrouver ses racines familiales (25 %) ;
  • vivre dans une région que l’on aime (24 %) ;
  • partir à la retraite (15%);
  • participer au renouvellement et au développement du milieu rural (12 %).

campagneQuelles sont les attentes de ces néo-ruraux, des élus ruraux et des habitants de longue date ?

Habitués aux facilités de la ville, les néo-ruraux attachent de l’importance à la présence de services (médecin, école…), d’équipements publics, de commerces et d’activités culturelles et sportives. Certains s’interrogent sur les possibilités d’emploi à l’échelle locale.

néoruraux3

Disposant de moyens limités, les élus locaux sont généralement favorables à leur installation car elle est susceptible de dynamiser une vie locale endormie. À la condition qu’il s’intègrent et n’importent pas les problèmes des villes (violence, drogue…), les anciens habitants sont ouverts et favorables à leur venue.

Comment se déroule leur intégration à la vie locale ?

En dehors de leur travail, situé généralement en ville, la majorité des néo-ruraux (64 %) vit principalement à la campagne et participe à la vie de la commune.
Une petite partie d’« urbains/ruraux » (17 %) sont assez souvent en ville et participent à la vie de la commune.
Une proportion de « rurbains » passe la plus grande partie de leur vie en ville (amis, loisirs, travail) même s’ils habitent à la campagne. Une minorité (11 %) vit à la campagne et ne participe pas à la vie de la commune.

néoruraux

Quelles sont les difficultés auxquelles ils peuvent être confrontés ?

Vivre en zone rurale constitue une véritable rupture culturelle.

L’environnement, le silence, les bruits et les habitudes sont très différents. Cela demande aussi une démarche active d’intégration : aller vers les autres, participer et s’investir dans la vie locale. 

campagneIl importe de rester humble et convivial, car à la campagne, contrairement à la ville, l’entraide est nécessaire.

Il faut s’adapter aux contraintes locales : se déplacer pour trouver certains produits ou services, accepter les contraintes liées à l’activité agricole ou aux pratiques de chasse.

néoruraux

À cela s’ajoutent les différences sociologiques et psychologiques de la vie quotidienne suivant que l’on réside dans un bourg, un village, un hameau ou une maison isolée.

L’installation en zone rurale, nouveau rêve français, correspond au souhait des nouvelles générations de mettre en cohérence les sphères familiales et professionnelles et satisfaire leurs aspirations personnelles. En permettant le travail à distance, les nouvelles technologies numériques facilitent ce choix de vie.

Marier cadre rural et activité professionnelle à distance, ponctuée de quelques allers et retours en ville, est une nouvelle frontière déjà franchie par les nomades digitaux. Changeant de cadres de vie au gré de leurs envies, ils fuient néanmoins l’enracinement au contraire des néo-ruraux. 

Publicités