GRANDES ESCROQUERIES DU XXe siècle : l’incroyable histoire de Charles PONZI

La chute

La suspicion s’empare des fonctionnaires de l’État du Massachusetts et des journaux locaux, tels le Boston Post qui demande à Clémence Barron qui dirige le Dow Jones & Company d’examiner le stratagème de Ponzi.

Dans un article paru le 26 juillet 1920 dans le Boston Post, Barron fait remarquer que:

  • Ponzi  n’investit pas dans sa propre société mais dans des placements traditionnels, ce qui est intrigant;
  • pour couvrir les investissements effectués par la SEC, il faudrait 160 millions de coupons-réponse postaux alors que seulement 27 000 sont en circulation. La poste américaine déclare par ailleurs que les coupons-réponse postaux ne sont pas achetés en quantité que ce soit aux Etats Unis ou à l’étranger; 
  • même si l’opération de Ponzi était légitime, elle serait immorale profitant des incorrections du système aux dépens du gouvernement américain.

Un mouvement de panique s’ensuit poussant Ponzi à verser 2 millions de dollars en trois jours à une foule enragée qui fait le siège de son bureau.

Alerté, le procureur des États-Unis pour le Massachusetts ordonne la vérification des livres des comptes de la SEC par un expert financier, M. Pride.

Le 2 août 1920, le Boston Post déclare que Ponzi est insolvable et est fortement endetté (environ 4,5 millions de dollars).

La publication de l’article donne lieu à une nouvelle panique des épargnants, Ponzi assumant les paiements en une journée. Il décide alors d’accélérer ses plans pour construire un énorme conglomérat bancaire et d’import/ export.

Le commissaire de la banque du Massachusetts est informé par deux de ses examinateurs qu’un nombre important d’investisseurs encaissent leurs chèques sur le compte principal de Ponzi à la Hanover Trust company qui est à la limite du découvert. Il ordonne à la banque de ne plus encaisser de chèques sur le compte principal de Ponzi.

Le 10 aout, Ponzi reçoit un extrait de l’audit de Price indiquant qu’il a découvert 7 millions de dollars de dettes.

Le 11 août, tout s’écroule.

Le Boston Post publie un article en première page sur ses activités passées à Montréal,  sa condamnation pour contrefaçon et son rôle à la banque Zarossi. Dans l’après-midi, le commissaire à la banque fait fermer la Hanover Trust company pour empêcher Ponzi de prélever des fonds dans les coffres de la banque.

Le 12 août au matin,  Ponzi se rend aux autorités fédérales et accepte les chiffres de Pride. Accusé de fraude postale et de vol, il est maintenu en prison.

En plus de la Hanover trust, 5 banques de Boston feront faillite. Les investisseurs de Ponzi perdront environ 70% de leur mise initiale ou 20 millions de dollars ou 275 millions en dollars de 2017.

Accusé de 86 chefs de fraude postale, il est condamné à cinq ans de prison fédérale. Relâché après trois ans et demi, il est immédiatement remis en accusation de 22 chefs d’accusations de larcin et est condamné à sept ans de prison supplémentaires en tant que « voleur ordinaire et notoire ».  

Libéré un temps sous caution, il disparaît et se réfugie dans le quartier de Springfield à Jacksonville. Il lance alors le Charpon Land Syndicate offrant aux investisseurs en septembre 1925 de minuscules étendues de terres promettant des rendements de 200% en 60 jours. Vendant des marais, il est arrêté et condamné à un an de prison dans l’État de Floride. Libéré sous caution, il tente à nouveau de fuir le pays mais il est attrapé et renvoyé dans le Massachusetts pour y purger sa peine d’emprisonnement pour vol.

Après sept ans de prison et avant d’être expulsé en 1934 en Italie, il déclare aux journalistes: « Je suis parti à la recherche de problèmes et je les ai trouvés. »

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Un commentaire

  1. Le système capitaliste global est une immense pyramide de Ponzi puisque lui aussi fonctionne sur le principe d’une croissance continue et ininterrompue. Ce qui est illégal à petite échelle est la norme à grande échelle.

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