AMADOU SECK : poète des masques

Le masque est pour lui un modèle permettant de traduire et d’exprimer la « morphologie » de sa peinture. En exploitant la grammaire implicite des différents types de masques (styles, lignes, formes géométriques, volumes ou topographies), il développe une poétique très riche.
En jouant sur les formes, il traduit l’ironie, la superstition, la fantaisie, la joie ou le rythme. L’expression du regard est fondamentale, que ce soit celle du hibou ou du caméléon, car c’est par le regard que l’esprit des masques reste alerte et se diffuse.

Jusqu’en 1984, Amadou Seck privilégie l’encre de Chine, la gouache et les matières premières utilisées dans la peinture murale africaine (charbon broyé, sable, jus de cola, lin bleu …). Lors d’un de ses séjours chez le peintre Salvatore Fiume, il adoptera le chevalet et le couteau pour jouer sur la texture de la toile et le relief.

« La composition doit sortir de la toile« , selon son expression. Outre l’effet de relief, la technique du couteau donne un effet pointilliste saisissant. À certains égards, cette peinture en relief et ses collages bruts sont proches de la sculpture des masques.

Après avoir réinterprété le patrimoine africain d’une façon moderne, Amadou Seck, légitimé à son époque par Picasso ou Soulages, reste l’un des artistes modernes les plus brillants de notre temps dont le travail, en ces temps de frémissement de l’art contemporain africain, mérite une reconnaissance large.

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