GÉNÉRATION BOOMERANG : la famille est un refuge

Comment ce retour au foyer est-il vécu par les enfants et les parents ?

Pour les enfants, trois cas de figure se présentent habituellement :

  • il y a ceux qui sont de retour pour mieux repartir, ayant un projet viable en perspective,
  • ceux qui n’ont pas de projet mais qui reviennent avec la ferme intention de repartir le temps de se refaire,
  • et ceux qui sont traumatisés, en situation d’échec professionnel ou sentimental.

Dans les deux premiers cas de figure, les enfants gardent une certaine fierté du parcours accompli. Dans le dernier cas, ce retour est généralement mal vécu (retour en arrière, échec cuisant). S’ajoutant au traumatisme initial, il peut entraîner une dépendance voire une régression de l’enfant adulte.

Pour les parents, ces retours, ces besoins de refuge et de reconstruction affective ou professionnelle sont de plus en plus largement admis. Ils deviennent même la norme du fait de la précarité affective et professionnelle.

La famille s’apparente à une « famille accordéon » dont les membres évolueraient au gré des à coups économiques et affectifs.

Comment se passe cette nouvelle cohabitation entre adultes ?

Dans les premiers temps, même si elle est bien comprise, cette nouvelle cohabitation ne va pas de soi.

D’un côté, les enfants doivent respecter les habitudes, les règles de vie au quotidien et l’intimité de parents souvent à la retraite. De l’autre, les parents doivent veiller à ne pas réinstaurer les rapports infantilisants du passé.

Pour faciliter le « re-vivre ensemble », ils doivent s’entendre sur un contrat de vie définissant les règles de cette nouvelle cohabitation, entre vie familiale et colocation (participation aux taches ménagères ou aux dépenses, règles d’allées et venues à toutes heures ou d’invitation de tiers…).

Ce phénomène boomerang, dont l’ampleur dépend du milieu social d’origine (les plus défavorisés étant les plus touchés), traduit une nouvelle solidarité familiale entre les générations. Forcée au départ, elle est bien vécue si elle est passagère.

Après des décennies d’éclatement familial, la famille est redevenue ce refuge naturel, cet environnement sûr, connu et chaleureux où les parents servent de repère.

Impactant directement la qualité de vie des parents, ce retour à la maison des enfants adultes n’est néanmoins concevable que s’il est transitoire, au risque de créer de fortes tensions et de dégrader les relations parents-enfants adultes.

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