PARENTS TOXIQUES : comment s’en libérer ?

parents toxiques

Dans certaines familles, un voire les deux parents, développent consciemment ou non des comportements négatifs vis-à-vis de leurs enfants qui fragilisent leur estime de soi et leur prise d’autonomie. Ces mauvais traitements se poursuivent une fois les enfants devenus adultes. Identifier ces abus, s’opposer et réagir est fondamental pour limiter et soigner ces dégâts émotionnels et affectifs et éviter leur reproduction.

Qu’est-ce qu’un parent toxique ?

ll s’agit d’un parent qui fait souffrir son enfant à longueur de temps, multipliant les traumatismes, abus et critiques de toutes sortes.

Cela peut-être un père, une mère, un beau-parent, un grand-parent ou un ainé (ayant l’autorité sur l’enfant). Dominateur, critique, manipulateur, démissionnaire ou pire violent, il exerce une emprise destructrice sur l’enfant.

Selon Susan Forward, psychologue et auteur américaine, une des premières à avoir décrit avec justesse ces parents toxiques (« Toxic parents »), «comme une toxine chimique, les dommages émotionnels infligés par ces parents se répandent dans tout l’être de l’enfant, et au fur et à mesure que celui-ci grandit, la souffrance grandit avec lui.»

Comment se comporte-t-il avec l’enfant ?

Pêle-mêle :

  • Il use de l’amour conditionnel,
  • il critique et se moque de l’enfant, sapant sa confiance et son estime de soi,
  • il culpabilise l’enfant en permanence, lui faisant supporter une responsabilité trop grande,
  • il rejette les émotions négatives de l’enfant,
  • il impose ses vues, ses goûts, ses sentiments, ses envies à l’enfant. Il ne fait pas confiance en ses désirs. Il lui interdit la moindre décision personnelle. Il impose le silence à l’enfant,
  • il contrôle tout, surprotège, se substitue à l’enfant,
  • il donne des ordres en permanence pour soumettre,
  • il ne s’excuse jamais pour ne pas perdre la face face à l’enfant,
  • il pousse l’enfant à croire qu’il mérite son comportement physiquement ou émotionnellement violent,
  • il use de violence physique et orale, et de punitions ou de menaces,
  • il s’approprie les objectifs de l’enfant en se mettant en compétition avec lui ou en rendant difficile l’atteinte des objectifs,
  • il isole,
  • il a recours à la culpabilité et à l’argent pour le contrôler,
  • il ne se fixe pas de limites comme il le fait à l’enfant,
  • il nomme l’enfant responsable de son bonheur,
  • il continue à terrifier l’enfant devenu adulte.

Quelles sont les conséquences d’une parentalité toxique sur l’enfant ?

L’enfant va développer :

  • Une mésestime de soi,
  • une dépendance à ce type d’être manipulateur, 
  • une inhibition à l’action une fois adulte, 
  • une absence d’autonomie,
  • une autocritique, une culpabilisation et une procrastination maladive,
  • une insécurité émotionnelle et une impossibilité d’exprimer ses sentiments,
  • un isolement et une peur des relations avec les autres.

Développant des croyances limitantes sur eux-mêmes (ne pas montrer ses émotions, ne pas faire confiance aux autres, tout accepter pour être aimé…), les enfants de parents toxiques vont être fortement marqués par le chantage affectif, la culpabilisation, la dévalorisation et la manipulation ayant pour but de les maintenir sous emprise.

Ils vont développer des relations toxiques ou rechercher des êtres au comportement toxique.

Se sacrifiant pour les autres, prêts à tout pour être aimés, prenant des responsabilités qui ne leur incombent pas, se dévalorisant, ne mettant pas de limites et se plaçant sous l’emprise d’êtres manipulateurs, ils risquent de graves problèmes affectifs et émotionnels. 

Comment se libérer de cette emprise nocive ?

Le statut parental ne donne pas droit à la maltraitance. Même si cela est plus facile à dire qu’à faire, l’enfant doit essayer de réaliser la toxicité de cette relation, la refuser intérieurement, se rebeller et tenter d’échapper aux abus en :

  • posant des limites, 
  • éveillant son esprit critique, 
  • se valorisant, 
  • se libérant de l’emprise culpabilisante et maltraitante, 
  • prenant le large pour se protéger.

Il ne doit pas hésiter à se confier, à demander de l’aide à des personnes bienveillantes de son entourage, à l’assistance sociale…

Un travail de reconstruction passe par l’apprentissage de tout ce dont le parent toxique l’a privé ou dépourvu :

  • le droit d’exister et d’avoir ses propres jugements, 
  • le droit d’exprimer ses sentiments même négatifs, 
  • le choix de s’ouvrir aux personnes bienveillantes,
  • la possibilité de définir ses propres valeurs et de les mettre en application.

Se faire plaisir, prendre du temps pour soi, déculpabiliser, être fier de soi et s’entourer de personnes positives font partie de cette thérapie reconstructrice.

Exigeant à l’excès, critique, manipulateur, violent, dévalorisateur, le parent toxique est prêt à tout pour exercer son emprise, vampiriser, isoler et dominer l’enfant. 

Une telle violence affective doit être fermement combattue par l’enfant avec l’aide de proches bienveillants, de l’assistante sociale …L’enjeu est d’éviter des troubles affectifs profonds et de devenir, à son tour, un parent toxique.

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