CONGES ILLIMITES : un rêve qui peut vite tourner au cauchemar

Quels sont les contraintes et les risques associés à ce système ?

Pour que le collaborateur puisse réellement bénéficier de ces « congés illimités », sa mise en oeuvre suppose :

  • une bonne entente entre le manager et l’équipe
  • la claire définition des missions,
  • et la fixation d’objectifs réalisables.

À défaut, les risques de surmenage liés à l’hypersollicitation ou à l’auto-exploitation sont élevés. 

De plus, il entraîne l’effacement progressif de la frontière entre sphère privée et professionnelle (ou « blurring« ). Les bénéficiaires restent tout le temps connectés et relativement disponibles.

Prendre ses vacances devenant un choix et non plus un droit, il arrive que certains culpabilisent et prennent du travail pendant leurs « vacances » pour avancer dans leurs projets et ne pas donner l’impression d’abandonner leur entreprise ! 

En effet, donner une telle liberté rend paradoxalement les employés redevables envers leur entreprise, ce qui les pousse à travailler à tout moment, qu’ils soient en vacances ou non.

En France, remplacer un droit égalitaire d’ordre public régi par le code du travail par un système « illimité » lié à la seule efficacité chiffrée semble difficilement généralisable. Opter pour moins de rigidité dans la fixation des congés pourrait aboutir, pour les moins efficaces, à moins de vacances in fine et créer une inégalité de traitement contestable devant les tribunaux.

Ce système est seulement appliqué dans 3 % des entreprises aux États-Unis, pays où culturellement il est le plus adapté. En effet, l’ardeur au travail, la quête de la performance, l’auto-responsabilisation et l’autocontrôle sont plébiscités outre Atlantique.

S’il veut conduire à plus de responsabilisation, de motivation et de créativité, ce système de vacances contre réalisation d’objectifs, nécessite un très fin réglage. À défaut, il peut mener ses bénéficiaires à l’auto-aliénation ou à l’épuisement physique et mental.

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