ART BRUT : l’art des non-professionnels qui bouscule l’art officiel

art brut
Souvent répétitif, complexe, voire obsédant, il rejoint la démarche de certains artistes qui explorent à l’infini la même problématique artistique.
À l’écart de l’histoire de l’art, c’est une forme d’art qui existe depuis la nuit des temps.
Non altéré par les normes de la vie adulte, le conditionnement culturel ou la conformation aux règles de l’art culturel, il est œuvre de création pure.
Renvoyant à la pulsion créatrice comme expression du mystère de l’existence, l’art brut touche le public au plus profond.
Comment cet art intime est-il devenu marchand ?
Jean Dubuffet pensait que l’art brut devait échapper au marché de l’art, car il existait de façon autonome et ses œuvres n’avaient rien à voir avec des biens culturels.
Dans les années 1970, son prolongement, l’Outsider art, défendu par la revue britannique « Raw Vision », mit en avant des créateurs marginaux et autodidactes qui concevaient leur œuvre dans la solitude et en dehors du milieu artistique.
Il connut un tel retentissement que de nombreux artistes rattachés à l’art brut virent leur valeur s’envoler et faire l’objet d’échanges spéculatifs…
L’art brut devint paradoxalement une des composantes les plus dynamiques du marché de l’art contemporain
Force est de constater que la légitimation de l’art brut par Jean Dubuffet, dont il s’est inspiré abondamment, a ouvert le marché de l’art à des non professionnels, à des artistes autodidactes créant avec leurs tripes et leur âme des oeuvres reflétant leurs tourments ou leurs pulsions intérieures.
Le caractère universel et profondément touchant de ces créations d’art brut ou  d' »outsider art », recevant un large plébiscite de la part du public, les curateurs et les institutions ne gagneraient-ils pas à s’ouvrir à ces expressions singulières revivifiant un art officiel sclérosé.