SLOGANS DE MAI 1968 : origines et formules marquantes

Provocateurs, drôles ou poétiques, les slogans qui ont fleuri sur les murs parisiens en mai 68 ont contribué à son mythe. De nombreuses formules nées à ce moment-là se retrouvent à l’identique ou de façon détournée sur les banderoles des mouvements sociaux actuels.

Les origines

Élaborées dans différents ateliers, dont ceux des Beaux-Arts parisiens, les affiches de mai 68 étaient souvent réalisées à la demande des travailleurs par les artistes. Cinquante ans plus tard, ces slogans appartiennent à la culture populaire faisant appel à l’imaginaire collectif, autant ludiques que rassembleurs.

D’inspiration absurde pour les graffitis, comportant des jeux de mots, des oxymores ironiques ou surréalistes, chaque formule était pensée en lien avec une actualité de la grève générale de mai 68. Touchant toutes les générations, leur utilisation récurrente dénote pour certains de l’immobilisme des syndicats, du fantasme de faire renaître un nouveau mai 68 ou de faire croire que le combat est toujours majoritaire.

Depuis mai 1968, les mouvements militants ont évolué. Même si les prospectus, les banderoles et les affiches restent importants, le téléphone portable et les réseaux sociaux sont devenus prépondérants. Ils permettent de mobiliser, communiquer et diffuser des messages sur Internet, notamment ceux de slogans de mai 68 revisités ou repris à l’identique, 50 ans plus tard !

Quelques slogans de mai 1968 :

« Ce n’est qu’un début, continuons le combat ! »

« Comment peut-on penser librement à l’ombre d’une chapelle ? »

« Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi »

« Élections, piège à con »

« A cause de l’indifférence générale, demain est annulé »

« Plutôt la vie »

« Seule la vérité est révolutionnaire »

« La révolution c’est quand l’extraordinaire devient quotidien « 

« La police s’affiche aux beaux-arts »

« Je ne veux pas perdre ma vie à la gagner »

« Sois jeune et tais-toi! »

« Il est interdit d’interdire ! »
auteur: Jean Yanne

« L’imagination au pouvoir ! »

« La beauté est dans la rue »

« Mon corps est à moi »

« La police vous parle tous les soirs à 20h » [ORTF]; L’information libre

« La police à l’ORTF. C’est la police chez vous »

« Écrivez partout »

La voix de son maître

« La volonté générale contre la volonté du général ! »

« Ne travaillez jamais »

« La liberté est le crime qui contient tous les crimes. C’est notre arme absolue ! »

« Consommez plus vous vivrez moins »

« Non à l’association capital travail »

« Jouissez sans entraves »

« Jouir sans entraves, vivre sans temps mort »

« Sous les pavés, la plage « 

« Cache-toi, objet ! »

« Paris, soulève-toi avec rage et joie »

« On ne tombe pas amoureux d’un taux de croissance »

« Prenez vos désirs pour des réalités ! »

« Sous les pavés, la plage ! »

« Soyez réalistes, demandez l’impossible. »
Auteur: Ernesto Che Guevara

« Tout est politique »

« Les cadences accélèrent, le chômage aussi »

« Les Beaux-arts sont fermés, mais l’art révolutionnaire est né »

« Faites l’amour, pas les magasins »

« Non aux bidon villes, non aux villes-bidons »

« La chienlit, c’est lui ! »

« Ne soyez pas des moutons »

« Tout pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument »

« Fermons la télé, Ouvrons les yeux »

« Quand les parents votent, les enfants trinquent »

« On ne peut plus dormir tranquille lorsqu’on a une fois ouvert les yeux »

« Nous sommes tous des enragés ! »

« Nous sommes tous des Juifs et des Allemands ! »

« Ne nous laissons pas bouffer par les politicards et leur démagogie boueuse »

« Non à L’État policier ! »

« La barricade ferme la rue mais ouvre la voie »

« Laissons la peur du rouge aux bêtes à cornes »

« La Sorbonne est à nous ! »

« Mur blanc = Peuple muet »

« La police avec nous ! »

« Êtes-vous des consommateurs ou des participants ? »

« Les murs ont des oreilles. Vos oreilles ont des murs. »

« Métro-boulot-dodo »
Auteur : Pierre Béarn

« Faites l’amour pas la guerre !