UN GRAND PEINTREUN CHEF D’ŒUVRE : EDVARD MUNCH, LE CRI

En décembre 1893, Munch présente le début du cycle La Frise de la Vie, «un poème sur la Vie, l’Amour, la Mort » comportant des motifs saturés d’ambiance, comme la Tempête ou la Nuit étoilée. D’autres tableaux portent sur le côté nocturne de l’amour ou sur la mort, le plus marquant étant La Mort dans la chambre de la malade.munch

L’année suivante, il poursuit avec La Peur, Cendres, Madone, Sphinx ou Les Trois Âges de la femme, un tableau monumental dans l’esprit du symbolisme.

munchEn 1894, la première publication sur l’œuvre de Munch le qualifie de « réaliste psychique ».

En 1896, Munch abandonne Berlin pour Paris et se concentre sur les moyens graphiques, aux dépens de la peinture. Il s’adonne avec brio à la lithographie en couleurs et à la gravure sur bois. Durant la Belle Époque, il peint une série de nouveaux tableaux à l’orientation métaphysique de l’époque dans un style décoratif et vif influencé par les nabis comme Maurice Denis.

Au début du XXe siècle, Munch présente pour la première fois l’intégralité de  la Frise de la vie à l’exposition de la Sécession à Berlin. munchSa vie personnelle est faite d’excès d’alcool, de prostituées et de jeux. Il achète un premier appareil photographique de marque Kodak et expérimente les diverses techniques adaptées à la reproduction graphique, des matériaux supports aux langages artistiques. Il fréquente depuis plusieurs années le laboratoire d’Auguste Clot, où il a pu croiser Henri de Toulouse-Lautrec.

Il multiplie alors les portraits, souvent en pied. Le portrait Les Quatre Fils du docteur Max Linde (1904) est considéré comme un des plus grands chefs-d’œuvre du portrait moderne.munch

En 1906-1907, les œuvres Les Revenants ou La Mort de Marat illustrent sa hantise de la mort. De 1914 à début 1917, il réalise seul les immenses peintures à l’huile ornant l’aula de l’université de Kristiana à Oslo (frise à base d’allégories des disciplines universitaires et de paysages de nature).aula munch

En 1916, Munch achète une propriété près d’Oslo. Bien qu’apaisé et honoré, il y mène une existence solitaire. Fortune faite, il ne cesse de multiplier les achats fonciers de terres situées à proximité des rivages du fjord d’Oslo. Les nazis, assimilant son œuvre à de l’« art dégénéré »,  retirent en 1937 ses œuvres des musées allemands. Antifasciste, considérant l’Allemagne comme sa seconde patrie, il est profondément meurtri par la montée du nazisme. Il meurt à l’âge de 80 ans dans sa propriété près d’Oslo, faisant don de son immense collection personnelle (des milliers de tableaux, dessins, …), de ses propriétés, de plus de treize mille pages manuscrites mêlés de couleurs, dessins et esquisses à la mairie d’Oslo qui créera par la suite le musée Munch.

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