UN GRAND PEINTREUN CHEF D’ŒUVRE : EDVARD MUNCH, LE CRI

Un chef d’œuvre : le Cri

Probablement son œuvre la plus connue, Le Cri est une pièce de la série La Frise de la Vie. Il en a peint 5 versions entre 1893 et 1917, possédées aujourd’hui par des collectionneurs.

le cri

le cri

Le personnage principal de la toile serait Edvard Munch effrayé par un hurlement qui ne provient pas de sa bouche. Squelettique, il se prendrait la tête entre les mains, pour empêcher un cri perçant et glacial d’atteindre ses tympans.

Œuvre à la dimension autobiographique, les pages de son journal associées au « Cri » précisent : « Je me promenais sur un sentier avec deux amis — le soleil se couchait — tout d’un coup le ciel devint rouge sang je m’arrêtai, fatigué, et m’appuyai sur une clôture — il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir de la ville — mes amis continuèrent, et j’y restai, tremblant d’anxiété — je sentais un cri infini qui se passait à travers l’univers et qui déchirait la nature. »

Toile à la puissance troublante, le visage du personnage principal en est l’élément le plus déroutant. En 1889, Munch vit à Paris. Se tient alors l’Exposition Universelle, à l’occasion de laquelle il aurait vu exposées des momies du peuple péruvien Chachapoya. Celles-ci présentent des similarités frappantes avec le personnage du Cri : position foetale, couleur de la peau, mains encadrant le visage, traits…

Par ailleurs,  en 1883 eut lieu la violente explosion du Krakatoa à l’origine de couchers de soleil rougeoyants, dont Munch fut peut-être le témoin; ces teintes rouges flamboyantes se prêtant bien à l’allégorie de la douleur.1024px-Krakatoa_eruption_lithograph.jpg

Une thèse récente invoque l’apparition de « nuages nacrés », qui se forment l’hiver dans la troposphère, à une vingtaine ou trentaine de kilomètres de la surface terrestre. De très petits cristaux de glace se forment et réfléchissent la lumière du soleil couchant. Les nuages nacrés sont rares et se forment surtout l’hiver à proximité des pôles. Ils ont été décrits par l’astronome Robert Leslie dès 1885. Cette vision étant restée pour Munch « une expérience unique », cela semble une autre explication plausible.

Enfin, durant son séjour à Paris en 1889, Munch, apprenant par hasard dans un journal norvégien la mort de son père, se remémora que lors de son départ, positionné sur le haut pont du navire en partance pour la France, il aperçut son père tout en bas sur le quai, minuscule, au crane chauve. Ce dernier aurait alors crié son nom pour lui adresser un ultime salut; attitude assez proche de celle du Cri.

Reproduit un nombre incalculable de fois, le Cri appartient à présent à la mémoire collective mondiale. Le Financial Times l’évoque comme l’œuvre d’art la plus reconnaissable au monde après La Joconde.