AMAZONES : mythe ou réalité ?

A la frontière entre l’histoire et le mythe

Diodore qui était chargé de la vulgate d’Alexandre le Grand, fortement teintée de merveilleux et d’emphase, rapporte une rencontre entre Alexandre le Grand et la reine des Amazones Thalestris (ou Miryna). Celle-ci désirait ardemment avoir un enfant d’Alexandre : « Par ses exploits, il était en effet le plus brave de tous les hommes tandis qu’elle l’emportait sur le reste des femmes par sa force et sa bravoure. Celui qui naîtrait de parents excellents surpasserait donc le reste de l’humanité ».

Même si cette rencontre est considérée comme une fiction par les historiens antiques Plutarque et Arrien, ces derniers relèvent qu’une ambassade scythe aurait rencontré Alexandre à Samarcande en 328 av. J.-C. (un chef de tribu scythe lui offrant la main de sa fille) et qu’Atropatès, le satrape de Médie, aurait fait don à Alexandre de cent femmes scythes qui seraient des Amazones.

Un fondement historique et archéologique?

D’après Hérodote, à la suite de combats avec les Égyptiens vers 2000 av. J.-C. des tribus scythes auraient occupées la Cappadoce en Anatolie. De nombreux guerriers scythes ayant été exterminés, les femmes, auraient pris les armes pour se défendre.

Dans Les Lois qui avaient le droit de chevaucher et de gerroyer, Platon rappelle qu’Hérodote considèrait les Amazones comme des femmes guerrières scythes ou sauromates.

Des fouilles récentes à la frontière entre la Russie et le Kazakhstan ont mis au jour des tombes de femmes guerrières, probablement des cavalières, enterrées avec leurs armes entre 600 et 200 av. J.-C. . Les tombes étaient richement garnie d’objets et bijoux féminins et de nombreuses pointes de flèches.

Par ailleurs, dans cette région, la tradition dit que, dans les temps antiques, les femmes étaient des archers et des cavalières émérites; leur arc à la forme caractéristique étant identique à celui représenté sur les céramiques antiques. Des analyses génétiques ont attesté qu’une relation proche existait entre les restes humains trouvés dans ces tombes et certaines familles mongoles aux filles blondes. Cette couleur de cheveu était caractéristique des Amazones dans une région où la chevelure brune était quasi exclusive.

Les preuves récentes semblent ainsi renforcer l’affirmation d’Hérodote formulée au Vème siècle av.J.-C. selon laquelle les Amazones seraient des cavalières guerrières appartenant au peuple scythe.