NOTRE-DAME DE PARIS : les fascinantes gargouilles et chimères

Parmi celles-ci, le Basilic est un petit dragon dont le souffle empoisonné tue les hommes comme les végétaux. Viollet-le-Duc a pris soin de couler les antérieurs de la bête dans la masse de la cathédrale.ndp3.png

Le Griffon a une tête et des ailes de rapace et un corps de lion. Au Moyen-âge, il peuplait armoiries, œuvres littéraires et bestiaires.

Le griffon de Notre-Dame semble mélancolique. Il est inversé dans sa composition, avec une tête de mammifère et un corps d’oiseau, comme si Viollet-le-Duc jouait avec le répertoire des formes pour recomposer son propre bestiaire.griif.png

Le Chien tricéphale est une créature des enfers un peu décalée dans l’univers médiéval de Notre-Dame.  De physionomie famélique et maladive, plus inquiétant que menaçant, il évoque le temps des épidémies, des disettes, la légende noire d’un millénaire emprunt de foi, de crainte et d’incertitude.chien tricépahle de notre dame

La plus célèbre d’entre tous est la Stryge, esprit nocturne malfaisant semblable au vampire. Démon femelle ailé, mi-femme, mi-oiseau poussant des cris perçants, elle apparait dès l’Antiquité dans la croyance romaine, s’en prenant aux nouveau-nés, suçant leur sang, ou les enlevant avec ses serres crochues. 

Dessinée par Viollet-le-Duc, elle a été immortalisée par la gravure de Charles Meryon en 1853 et la photographie de Charles Nègre la même année.

La stryge, chimère fantastique démonique et sardonique à la tête de femme et au corps d’oiseau, a été réinterprétée par Viollet-le-Duc. Sans n’être jamais citée dans Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, elle est souvent associée au roman de par son allure gothique et fantasmagorique. Des cinquante-quatre « bêtes » sculptées d’après Viollet-le-Duc, c’est la seule qui soit individualisée. En contrepoint de la grande façade gothique restaurée, ce personnage monstrueux de fantaisie, peu visible du sol, en appelle à l’imagination romantique, faisant référence à Quasimodo, le héros du roman noir de Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, publié en 1831 et complété en 1832. Entre sculpture et architecture, entre gravure et photographie, elle évoque la nostalgie du vieux Paris médiéval face au nouveau Paris.

Peu féminine et agressive, elle semble observer le monde du passé, celui de la magie et du sortilège. La Stryge va finir par prendre une dimension mythique au point de devenir l’une des plus célèbres images de la capitale.

Une cinquantaine d’autres chimères observent Paris des hauts de Notre Dame.

Utilitaires, protectrices ou symboliques, gargouilles et chimères donnent à la cathédrale une couleur médiévale prononcée, véhiculant ses craintes, ses légendes et la nostalgie d’un monde ésotérique ou fabuleux perdu.