NOTRE-DAME DE PARIS : l’inestimable trésor, son histoire et ses pièces majeures

La Sainte Couronne d'Epines.

Suite au Concordat de 1801 et au rétablissement des cérémonies officielles (sacre
de Napoléon en 1804), le trésor va progressivement être reconstitué avec pour acte refondateur l’arrivée des reliques sauvées du trésor de la Sainte-Chapelle, dont la Couronne d’épines, en 1806.
Il sera à nouveau mis à mal lors des émeutes de juillet 1830 et février 1831 avec un saccage détruisant une grande partie des dons du Premier Empire et de la Restauration.
C’est à partir du milieu du XIXe siècle et des travaux de restauration de la cathédrale par Viollet-le-Duc et Lassus que le trésor fut principalement reconstitué dans les locaux de la nouvelle sacristie érigée de 1845 à 1849.

Véritable recréation, Viollet-le-Duc en conçut le mobilier (niches, armoires à vantaux ou roulantes sur le modèle de celle de Noyon), les chapiers, les sculptures, les ferronneries, le pavement, les vitraux, les détails des finitions, exécutés par de très grands artistes et artisans du XIXe siècle.
Viollet-le-Duc va reconstituer l’orfèvrerie d’inspiration médiévale de la cathédrale dessinant pour le trésor des vases sacrés, des lanternes, des chandeliers, des crucifix, des reliures. Il va, au-delà de l’adaptation des formes médiévales  concevoir de véritables créations telles que le grand lutrin, le chandelier pascal, le reliquaire de la Couronne d’épines.

Durant la seconde moitié du XIXe siècle, les réalisations et les commandes du Second Empire et des chanoines vont enrichir le trésor.
En 1905, suite à la Loi de séparation des Églises et de l’État, les biens de la cathédrale, dont les objets du trésor qui s’y trouvent seront nationalisés.
Le XXe siècle perpétuera l’enrichissement du trésor par les dons de papes, cardinaux, évêques, religieux, empereurs, chefs d’État, confréries, peuples et les commandes de l’Église.

Les pièces du trésor de Notre-Dame

Les pièces principales sont les reliquaires de la Sainte Couronne d’Épines, le reliquaire de la Croix Palatine conservant un fragment et un clou de la Croix du Christ.

Selon la tradition, la Sainte Couronne d’Épines fut rachetée par saint Louis, roi de France, à Baudouin II de Courtenay, dernier empereur latin de Constantinople. Lors de la restauration effectuée par Viollet-le-Duc en 1845, une nouvelle châsse-reliquaire fut créée pour la Couronne d’Épines. Ce nouveau reliquaire, en bronze et en argent dorés, diamants et pierres précieuses, fut réalisé en 1868 d’après un dessin de Viollet-le-Duc par l’orfèvre Placide Poussielgue-Rusand qui exécuta également la Couronne de lumière de la cathédrale. Adolphe-Victor Geoffroy-Dechaume, artisan majeur des chimères, en sculpta les figures.

Une autre pièce importante du trésor est le reliquaire de la Croix Palatine ayant appartenu à la princesse Palatine Anne de Gonzague de Clèves morte au XVIIe siècle. Ce reliquaire fut destiné à contenir un morceau de la vraie Croix et un clou de cette dernière. Une lame en or avec une inscription en grec atteste que le fragment a appartenu à l’empereur byzantin Manuel Ier Comnène mort en 1180.

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