LE CHRIST EN CROIX de REMBRANDT : l’incroyable histoire du chef d’œuvre de l’église du Mas d’Agenais

Origine de l’œuvre

En 1961, ayant eu connaissance des résultats de l’expertise du tableau, un groupe d’experts allemands conduit par le Professeur Von Bauch de Fribourg se rendit au Mas d’Agenais pour expertiser à leur tour le tableau.

Après inspection, ils établirent que le tableau faisait bien partie à l’origine de la collection du Prince Frédéric Henri d’Orange Nassau de La Haye, homme politique et chef militaire, mécène du jeune Rembrandt; six autres tableaux de la même série étant conservés à la Pinacothèque de Munich. 1024px-Frederik_Hendrik_by_Michiel_Jansz_van_Mierevelt.jpg

Un mois plus tard, le professeur Von Bauch écrivit dans le Panthéon de Berlin : “ C’est une petite église dans le Sud-Ouest de la France qui possède le fleuron de notre collection ”.
Le Prince Frédéric Henri d’Orange Nassau avait commandé cette série de tableaux à Rembrandt. Le premier, le plus important, celui du Mas d’Agenais fut peint en 1631. Né à Leyde en 1606, Rembrandt avait alors 25 ans. Six tableaux, de même forme arrondie du haut et de mêmes dimensions, sont conservés à la Pinacothèque de Munich :

L’Érection de la Croix, 1634.575px-Raising_of_the_Cross,_by_Rembrandt_van_Rijn
 – La Descente de la Croix, 1634.1024px-Rembrandt_Harmensz._van_Rijn_071.jpg
L’Ascension, 1636.REMBRANDT Harmenszoon van Rijn-697925.jpg
  – La Mise au Tombeau, 1639.the-entombment-1639.jpg!Large
 – La Résurrection, 1639.
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 – L’Adoration des Bergers, 1646.92f92d9004e3b6d2f2b66a5ef3a65ee4
Les cinq premiers tableaux composent, avec “ le Christ en Croix” du Mas d’Agenais, la Passion, même si Rembrandt na pas suivi l’ordre chronologique de la Passion du Christ, tout au moins pour le premier tableau qui se trouve au Mas d’agenais.

En 1970, la pinacothèque de Munich a fait une offre d’achat de 30 millions de francs français (ou 4 573 470 €) qui fut refusée, le tableau n’étant pas à vendre. Le tableau fut par la suite prêté pour l’exposition du siècle de Rembrandt au Petit Palais de Paris de novembre 1970 à février 1971 et de nombreuses autres expositions en Europe.

En 1988, après une tentative de vol, le coffre en bois fut remplacé par un coffre métallique, muni d’un vitrage à l’épreuve des chocs les plus violents, le tout protégé par un système d’alarme électronique perfectionné. Un dispositif d’éclairage et de sonorisation fut installé pour permettre aux nombreux visiteurs d’admirer le trésor de la collégiale du Mas-d’Agenais avec un commentaire dans la langue souhaitée : français, néerlandais, anglais ou allemand.

De nouveau déménagé en septembre 2016 suite à un défaut dans la vitrine qui le protégeait, il a intégré provisoirement le trésor de la Cathédrale Saint-André de Bordeaux.

Après achèvement des travaux dans la collégiale du Mas d’Agenais, il est prévu qu’il regagne son écrin.

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