TERRES AGRICOLES FRANCAISES : nouvel eldorado ?

terres agricoles

Quelles sont les tendances de fond concernant les terres agricoles françaises ?

– une concentration des terres (parfois appelé « accaparement des terres ») entre les mains de quelques grands exploitants. En 50 ans, le nombre d’exploitations a été divisé par 4 et leur taille a quadruplé (de 15 à 55 ha). 10 % des plus grandes exploitations détiennent 50 % de la surface agricole exploitable. La mécanisation, l’incitation à l’agrandissement des exploitations par la Politique agricole commune (le paiement des subventions étant lié à la surface) expliquent cette concentration ;surface

– une forte pression à l’artificialisation des sols (78 000 ha de terres agricoles disparaissent tous les ans en France) au titre des activités industrielles, des zones commerciales ou de la construction de logements ;

– un renforcement de la financiarisation de l’agriculture avec la création de sociétés (15 à 20 % des exploitations). Le modèle familial cède peu à peu le pas à un modèle anglo-saxon de sociétés d’exploitation agricole propriétaires, les agriculteurs étant salariés.sociétés agricoles

– un marché du foncier agricole à vendre très limité (à peine 2 % de la surface agricole exploitable). Dans quelques années, beaucoup d’exploitants devant partir à la retraite, une fenêtre d’investissements pourrait s’ouvrir ;

– une volonté politique de multiplier le nombre d’exploitations engagées dans l’agroécologie (objectif gouvernemental d’ici 2022 de passer de 6,5 à 15 % la surface des terres cultivées en bio et de multiplier par dix le nombre d’exploitations engagées dans l’agroécologie, soit 10 % des fermes françaises).

Comment l’investisseur peut-il se positionner ?

En 2017, 381 000 hectares ont changé de mains (hausse des transactions de 8 % par rapport à 2016). Les formes sociétaires ne cessent de se développer, que ce soient des sociétés de portage du foncier (GFA, SCI agricoles, etc.) ou d’exploitation agricole (GAEC, EARL, SCEA, SA ou SARL).

vignesL’offre de GFA ou de GFV étant rare, les terres agricoles se négocient généralement de gré à gré auprès des notaires, conseillers patrimoniaux spécialisés, experts ruraux ou agents immobiliers auprès desquels il faut se rapprocher.

Des projets liés à l’agriculture durable ou au maintien à la terre de jeunes exploitants prenant la forme de GFA mutuel ou de GFA agroécologique se multiplient également. Pour en avoir connaissance et y participer, cela nécessite de disposer de relais locaux ou d’adhérer à des structures de développement de l’agriculture biologique.

Les opportunités de vente de parcelles en direct ou au travers de sociétés sont à étudier avec précaution et doivent respecter les intérêts de l’exploitant et de l’investisseur dans une optique de développement durable.