UN GRAND AUTEURUN CHEF D’ŒUVRE : ALAIN FOURNIERLE GRAND MEAULNES

Les thèmes

  • L’enfance perdue
    Le « domaine sans nom » est une métaphore de l’enfance perdue.
    Moment merveilleux aux confins du réel, la fête des Sablonnières et sa gracieuse jeune fille symbolisent les premières émotions de l’adolescent découvrant le monde, sans en percevoir encore la rudesse. Augustin Meaulnes demeurera toujours nostalgique de cette fête et de cette rencontre, même lorsqu’il aura retrouvé Yvonne. Il s’enfuira la nuit de son mariage comme s’il ne souhaitait pas affronter la réalité d’un rêve accompli. Lorsqu’il revient, Yvonne est morte, comme son enfance. Il repart alors vers d’autres horizons, semblant refuser de devenir adulte.Alain_Fournier_en_1898-99.jpg
  • Le merveilleux et le réel
    Bien que décrivant des lieux, des paysages et des personnages précis, Alain-Fournier imagine une géographie mystérieuse, d’un temps perdu à tout jamais. La Sologne qu’il évoque semble sortie d’un conte pour enfants. Gustave Lanson, célèbre critique littéraire du début du XXe siècle, voyait dans Le Grand Meaulnes un conte bleu qui prétend s’inscrire dans le réel ».
    La fête à laquelle assiste Meaulnes apparaît comme tirée d’une légende, le manoir étant féerique, les participants déguisés en nobles personnages.
    Le destin des personnages est cruel. La réalité est difficile à affronter, leur réservant d’amères désillusions.4761750

Ce chef-d’œuvre unique d’Alain-Fournier touchera un très large public, évoquant
la quête d’absolu d’un adolescent se heurtant à l’âpreté du réel, symbolisant le passage de l’enfance à l’âge d’adulte.

Le charme du Grand Meaulnes tient aussi à la féerie d’une prose qui allie réalisme et magie, quotidien et merveilleux.Le_Grand_Meaulnes_EO_1913

Le prestige toujours intact que conserve Le Grand Meaulnes auprès des différentes générations de lecteurs, repose sur la part de séduction exercée par le génie adolescent d’Alain-Fournier, auréolé d’une gloire fauchée prématurément par la mort.

En 1913, un an avant sa mort, il écrira à son ami Jacques Rivière : « Je ne demande ni prix ni argent, mais je voudrais que Le Grand Meaulnes fût lu. »

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