LES DIFFÉRENTES COULEURS D’HUMOUR

  • l’humour rouge est la «couleur que prend le noir quand le malheur dont il ricane ne vient pas de Dieu (ou de la Nature) mais des hommes. Il est par là relatif, évitable».  L’humoriste rouge manifeste la volonté d’intervenir, de réformer, de changer la société. Il s’engage sans prendre une posture de supériorité, sachant rester philanthrope tout en étant pas dupe.

Exemple :«La très belle phrase de Marx, Prolétaires de tous les pays, unissez-vous, ne résiste plus à une cuisine en formica.» (Raymond Borde)

  • l‘humour rose est du côté de l’atténuation sentimentale.

Exemple : «Quand les fausses notes étaient trop fausses, elle disait alors d’une voix plaintive, abstraitement, comme un ordre discret qu’elle eût donné à un esprit: Il faudra faire venir l’accordeur; Mais l’esprit ne faisait pas la commission.» (Gide)cat-4107662_960_720

  • l’humour vert est du côté de la fausse naïveté (le «vert paradis des amours enfantines»). C’est prendre les choses de très haut.

Exemple: [Madame Rosa] n’avait pas de taille et les fesses chez elle, elles allaient directement aux épaules, sans s’arrêter. Quand elle marchait, c’était un déménagement.» (Romain Gary)

  • l’humour bleu est du côté de la fantaisie et du rêve, voire de l’absurde (référence aux «contes bleus»). Il consiste à présenter ce qui ne va pas de soi comme allant de soi. Il déclenche des fous rire par les extravagances qu’il manie et les détails cocasses qu’il désigne.

Exemple : «Dans un récipient contenant de l’air sous une pression de trois atmosphères et soumis à une très basse température, la terre fournit l’aiguille à tricoter. En augmentant la pression et en diminuant la température, on a le merle, le berceau, le petit pois et l’horrible motocyclette.» (Benjamin Péret)c-m-coolidge-82531_960_720

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