MERVEILLE DE L’ANTIQUITÉ : le colosse de Rhodes

Sa destruction

Vers l’an 227/226 av. J.-C., le colosse fut détruit par un tremblement de terre qui le soumit à une torsion au niveau des genoux. Les morceaux de bois et de bronze demeurèrent sur place, un oracle interdisant de redresser la statue.

Au VIIe siècle, les Arabes (Sarrasins) s’emparèrent de Rhodes et pillèrent tout ce qui était monnayable. Le colosse n’était plus que deux jambes rompues en dessous du genou comme le racontent Pline et Strabon, confirmant l’hypothèse d’une statue sur les hauteurs de l’ile aux pieds non écartés. BritishDesColos

Au XIIe siècle, Michel le Syrien dans sa Chronique (Extrait 573-717) raconte comment les Arabes renversèrent en 654 ap. J.-C. les morceaux encore debout du colosse et vendirent le métal à un marchand d’Émèse. « De son côté, Maui se rendit dans l’île de Rhodes qu’il prit et saccagea. Ayant vu là une statue de bronze, qui était une des sept merveilles du monde, il entreprit de la renverser, à l’aide de cordes, par des efforts prolongés, pendant un grand nombre de jours ; il n’y parvint qu’avec la plus grande peine. La hauteur de cette statue était de 107 coudées. Ayant allumé du feu par-dessous, les broches qui en reliaient les diverses parties furent détruites. Il la vendit à un marchand de Hêms qui en fit trois mille charges [de chameau], qu’il emporta chez lui»

Les morceaux du colosse (13t de bronze, 7t de fer et 10 t de bois) furent ainsi vendus et recyclés en Syrie. L’œuvre de Charès de Lindos, anéantie, entra dans la légende.

En 2015, un fonds d’investissement émirati proposa de reconstruire le colosse de Rhodes à partir des données existantes, essuyant un refus de la part du gouvernement grec, la région étant sismique et le projet étant jugé décalé par rapport aux besoins urgents du pays.