LE MARAIS : un quartier historique dynamique et attachant

Quartier à la mode sous Louis XIV, quartier de Madame de Sévigné, c’est au théâtre du Marais que sera créé le Cid en 1637 et toutes les grandes tragédies de Corneille. Le quartier est alors habité par des financiers (ministres de Louis XIV) bien que l’attrait du faubourg Saint-Germain et de ses vastes espaces propices à la construction de grands hôtels se fasse sentir. Quelques-uns des plus beaux hôtels du Marais datent de cette époque : de Saint-Aignan (1650), de Beauvais (1657), Aubert de Fontenay (1660, hôtel Salé), du Grand Prieur du Temple (1667), Le Peletier de Souzy (1686), du Grand Veneur…

L’ensemble le plus imposant date des premières années du XVIIIe : l’hôtel de Soubise et celui de Rohan-Strasbourg construits sur les terrains de l’hôtel de Guise. L’aménagement en boulevard planté entre 1660 et 1670 de l’emprise de l’enceinte de Charles V va désenclaver le quartier ; la porte Saint-Antoine sera bâtie en 1671.

Au XVIIIe, le Marais perd son caractère aristocratique pour devenir plus mélangé : financiers, parlementaires, avocats, notaires, artisans et commerçants. Quelques hôtels seront reconstruits ou mis au goût du jour (hôtel d’Albret, hôtel d’Ecquevilly ou du grand Veneur). Les derniers hôtels importants sont construits par Ledoux rue Michel-Le-Comte (hôtel d’Hallwill, 1766) et par Lemoine Le Romain pour Beaumarchais sur le boulevard. Le quartier se densifie ensuite avec la construction d’immeubles de rapport.

Quelques épisodes marquants de la Révolution vont avoir pour cadre le Marais : la prise de la Bastille, celle du donjon du Temple. Vendus comme biens nationaux des édifices religieux vont disparaître : églises Saint-Jean-en-Grève, Saint-Paul, des Célestins, des Minimes… Les bâtiments conventuels sont transformés en caserne (les Célestins, l’Ave-Maria), en prison (les Madelonnettes) ou lotis (Filles-du-Calvaire, enclos du Temple).

Sous l’Empire, Napoléon va créer de nouveaux marchés (Blancs-Manteaux, Temple).

La reconstruction de l’Hôtel de Ville de 1837 à 1846 entraînera la démolition des rues avoisinantes. Deux voies datent de cette époque : la rue du pont Louis-Philippe et la rue Rambuteau. Les hôtels particuliers accueilleront de plus en plus des activités industrielles, artisanales et commerciales, les cours et les jardins se couvrant de hangars et d’appentis.Hotel-de-Ville-place-630x405-C-Thinkstock.jpg

À l’écart des grands axes de circulation, le Marais sera peu touché  par les projets haussmanniens hors le prolongement de la rue de Rivoli entre l’Hôtel de Ville et la rue de Sévigné, la création de la rue de Turbigo et de la rue Réaumur.

Pendant un siècle, de 1850 au milieu du XXe, la densification du quartier se poursuivra entraînant des surélévations d’hôtels anciens, une sur-occupation des cours et des jardins et la destruction des décors intérieurs.

Au début du XXe siècle, des îlots insalubres étant délimités entre Saint-Gervais et l’hôtel Sens, la démolition et la reconstruction s’étaleront jusque dans les années 1950.
À partir des années 1960, la prise de conscience de l’importance du patrimoine historique et culturel du quartier modifie l’approche de son aménagement qui s’oriente vers la conservation et la mise en valeur et non plus sur la démolition. Le secteur sauvegardé du Marais est créé en 1964 par André Malraux sur 126 hectares.

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