VERS DE TERRE : les « meilleurs amis » de l’homme en danger

Un anéantissement biologique en cours dans les zones d’activité humaine tempérées et tropicales

Sur terre, les lombrics représentent un poids vingt fois supérieur à celui des hommes.

Depuis un siècle, certains terrains sont passés de 2 tonnes de vers de terre à l’hectare à 50 kg, voire moins. On considère que leur population a baissé de 50 % depuis quelques décennies. L’INRA constate d’ailleurs que 25 % des sols sont victimes d’érosion, ce qui est la conséquence de la disparition du vivant et du ver de terre.

Dans les zones d’agriculture intensive, cela s’explique par le travail mécanique du sol, l’épandage de pesticides et l’absence de couverture végétale en décomposition au sol. Certains pesticides épandus sur les terrains sportifs par exemple, sont spécialement conçus pour tuer les lombrics (lombricides).

La fragmentation des écosystèmes du fait des constructions humaines (autoroutes, canaux…) est également néfaste à leur propagation (absence de lombriducs).

Depuis une vingtaine d’années, les vers de terre sont en outre menacés par plusieurs espèces de grands vers plats importées accidentellement de Nouvelle-Zélande, d’Australie et d’Asie du Sud-Est. Leur importation s’est effectuée et s’effectue toujours  par l’intermédiaire des plantes exotiques conditionnées en pots remplis de terre.692aa45b27_125021_bipalium-verCes espèces invasives se distinguent par leur grande taille (jusqu’à 40 cm de long) et leur prolifération impressionnante par simple clonage, alors que le lombric terrestre vit 8 ans en moyenne et donne naissance à seulement une dizaine d’individus tout au long de sa vie… Prédatrices des vers de terre indigènes, certaines de ces espèces envahissent les fruits et légumes. Produisant une neurotoxine mortelle très puissante, elles peuvent entraîner la mort d’espèces animales utiles qui les mangeraient par accident (musaraignes, hérissons, lézards…).

Pour Bruno David, président du Muséum national d’histoire naturelle de Paris : « La baisse du nombre de vers de terre est bien plus préoccupante que la disparition du rhinocéros blanc ou du tigre de Sumatra, qui n’ont jamais été des espèces très abondantes. La diminution rapide des espèces les plus communes, en revanche, prépare le lit à de futures extinctions de masse. De ce point de vue, il s’agit bien d’un anéantissement biologique. »

« Le ver de terre est bien en urgence absolu », selon les spécialistes, » les sols où il n’y a plus de vers de terre devenant stériles ». Sans sols fertiles, les cultures ne sont plus possibles. Le ver de terre est donc, dans une certaine mesure, garant de notre survie.

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