LIBRA : la monnaie virtuelle initiée par Facebook

Des marchés électroniques à haut potentiel

La monnaie virtuelle Libra pourrait assurer les transferts d’argent internationaux, en particulier les virements de migrants vers leur pays d’origine, “facturés en moyenne 7 %, parfois 15 %, et prenant 3 jours”. Avec de faibles frais de transactions, Libra serait en concurrence directe avec les services de Western Union, MoneyGram, WorldRemit ou TransferWise.

Libra devrait simplifier la pénétration de certains marchés, mal desservis en termes de systèmes de paiement, à des plateformes en ligne de services tels Uber, Spotify ou Booking et développer les microtransactions.

Calibra sera réglementée, enregistrée comme une entreprise de transfert d’argent aux États-Unis. Elle se conformera aux réglementations anti-blanchiment et utilisera les mêmes processus de vérification (connaissance client KYC) et lutte anti-fraude que les banques.

Les initiatives similaires

La Chine est en avance sur ce marché, la messagerie WeChat utilisant Tencent pour les paiements via messagerie. Cette application mobile permet aux internautes d’acheter des billets d’avion ou de train, de payer ses courses et des trajets en taxi. Tencent est contrôlée par le gouvernement chinois. tencentLa messagerie Telegram envisage de lancer sa propre plateforme blockchain et sa cryptomonnaie Grams.

Les réactions des autorités publiques et monétaires

Les autorités publiques et monétaires sont réservées quant au respect des règles de blanchiment, de confidentialité des données privées, de concurrence et par le fait que les multinationales souhaitent battre monnaie au même titre que les États. Pour elles, il ne saurait s’agir que d’un instrument de transaction, non de création monétaire.

Facebook se défend de vouloir défier les États ou les banques centrales ou commerciales :  “Notre objectif est que le Libra coexiste avec les monnaies actuelles”, souligne l’Association Libra.

Le projet a été bâti dans un climat de dialogue avec les régulateurs et « est une incitation forte à améliorer les systèmes existants comme Swift « , la messagerie interbancaire mondiale, créée en 1973, qui s’essaie actuellement à la Blockchain.

La large adoption de Libra dépendra de la confiance qu’elle saura développer. D’ores et déjà les services de Calibra ne seront pas disponibles dans les pays ayant interdit les cryptomonnaies (pays émergents tels que l’Algérie, l’Afghanistan, le Pakistan, le Bangladesh, le Vietnam, la Bolivie) où ceux où l’usage en est très limité (Chine, Inde, Indonésie, Maroc, Égypte…).