MICHELLE OBAMA : une femme brillante en « devenir »

Le racisme latent

Lors de la première campagne électorale présidentielle, ses détracteurs la dénigrent la qualifiant de « femme noire en colère », une image tenace dont elle mettra du temps à se débarrasser.

Dans ce livre, la question du racisme latent envers la communauté africaine-américaine est abordée sans détour. Michelle y est confrontée dès son plus jeune âge. Après s’être fait offrir un beau vélo, son frère se fera arrêter par la police l’accusant, parce qu’il est noir, de l’avoir volé : « La couleur de notre peau nous rendait vulnérables. Nous devrions faire avec durant toute notre vie » écrit-elle.

Ce racisme latent aux États-Unis vis à vis de la communauté afro-américaine et le clivage qui persiste au sein de la société américaine, elle en est le témoin privilégié : « Depuis plus de six ans, Barack et moi avions conscience d’être, par nous-mêmes, une provocation. Alors que, dans tout le pays, les minorités s’imposaient peu à peu dans le monde de la politique, des affaires et de l’industrie du divertissement, notre famille était devenue l’exemple le plus en vue de ce rééquilibrage. Notre présence à la Maison-Blanche avait été saluée par des millions d’Américains, mais elle a aussi ravivé un sentiment de peur et de ressentiment dans un autre pan de la société. La haine était ancienne, profondément enracinée, et plus dangereuse que jamais ».

La rencontre avec Barack qui bouleverse sa vie

Jeune stagiaire dont elle était la tutrice dans un grand cabinet d’avocats de Chicago, Barack l’a progressivement séduite par son charme, son intelligence, sa personnalité, sa désinvolture, son inébranlable confiance en lui et en son avenir. Une grande complicité intellectuelle va se développer entre eux.

« Barack était un garçon sérieux qui ne se prenait pas au sérieux. Il avait des manières désinvoltes, mais un esprit puissant (…) Cet homme constituait un mélange irrésistible de douceur et de rationalité » écrit-elle. « Je me suis prise à admirer Barack pour sa confiance en lui et son sérieux. Il était rafraîchissant, non conformiste et d’une étrange élégance. Mais pas une seconde je n’ai pensé que nous pourrions sortir ensemble ».

Parlant de lui comme d’un ami ou d’un « frère d’armes », elle se laisse aller au moment où ils échangent leur premier baiser par une chaude soirée d’été à Chicago. « Je peux t’embrasser ? m’a-t-il demandé. Alors je me suis penchée vers lui, et tout a été clair ».

Cela va changer sa vie, Barack l’emmenant vers une autre destinée, plus incertaine et brillante ; elle qui avait tout construit méticuleusement et s’était offert à force de pugnacité un avenir bien tracé.

Michelle et Barack sont à la fois différents et complémentaires. Barack est un solitaire, un intellectuel et un idéaliste, sûr de lui et de ses idées. Michelle est plus sociale, pragmatique, se remettant en permanence en question. Lui est mal rangé et peu ponctuel, elle est « une maniaque du détail et de l’ordre », ponctuelle comme une horloge.

Pendant deux ans, ils entretiennent une relation à distance : Barack à Harvard, Michelle à Chicago dans son bureau d’avocats, où elle ne se plait pas. La pratique du droit étant trop théorique, elle souhaite s’impliquer au sein de la communauté, travailler au contact et pour les gens. Elle décroche un emploi à la mairie de Chicago, Barack la soutient.

Femme de tête, elle n’aime pas qu’on lui résiste ou la contrarie. Alors qu’elle tient au mariage, Barack n’en voit pas l’utilité. Ils se marient néanmoins en 1992, organisant une grande fête à laquelle assistent plusieurs centaines d’invités.

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