MICHELLE OBAMA : une femme brillante en « devenir »

L’ascension politique de Barack

Barack s’intéresse depuis toujours à la politique ; Michelle n’aime pas la politique. Elle pense d’ailleurs que son mari n’a pas la carapace d’un politicien et va « se faire dévorer tout cru ». Grand idéaliste, Barack veut améliorer la vie de ces concitoyens : « C’était un homme bon qui voulait contribuer à la bonne marche du monde » souligne-t-elle.

À chaque nouvelle candidature politique de Barack, elle s’interroge sur les nouveaux sacrifices à consentir, elle, si indépendante et attachée à leur couple. « Dans un monde idéal (dans mon monde idéal en tous cas), Barack deviendrait quelque chose comme responsable d’une fondation, une activité où il pèserait sur des sujets importants et rentrerait dîner à la maison tous les soirs » écrit-elle. A chaque opportunité politique qui se présentait à lui, il l’interroge : « qu’est-ce que tu en penses, Miche ? » et elle répond : « Je n’en pensais jamais rien de bon. (…) Vous aurez sans doute constaté que mes réticences n’ont eu strictement aucun effet ».

Élu sénateur de l’Illinois en novembre 1996, Barack gravit rapidement les marches du pouvoir politique.

À 35 ans, Michelle prend conscience de l’horloge biologique. Elle subit différentes fécondations in vitro pour tomber enceinte de ses deux filles, supportant seule le poids de cette épreuve, Barack siégeant loin de Chicago en semaine. Après la naissance de leurs filles, elle porte le poids de la famille sur ses épaules, elle assure la logistique tout en menant sa carrière en parallèle. Même si durant ses absences répétées, Barack prend soin d’elles et de ses filles, elle accuse le coup. Pour sauver leur couple, ils consultent ensemble un thérapeute.

Lors de l’ascension fulgurante de Barack jusqu’à l’investiture démocrate en 2008, Michelle est derrière lui même si tout, en elle, s’oppose à suivre cette voie. « Quelle serait la conséquence d’une campagne présidentielle ? (…) Barack et moi avions déjà vécu cinq campagnes en onze ans, et chacune m’avait obligée à batailler un peu plus dur pour m’accrocher à mes priorités. Chacune de ces campagnes avait laissé une petite cicatrice à mon âme, et à notre couple. J’avais peur qu’une campagne présidentielle ne nous porte le coup de grâce. (…) Il voulait se présenter. Il le voulait, et moi pas. (…) Je voulais Barack pour notre famille. Tous les autres semblaient le vouloir pour notre pays. (…) En définitive, j’ai dit oui parce que je pensais que Barack pourrait être un grand président. (…) J’ai dit oui parce que je l’aimais et que j’avais confiance dans sa capacité d’agir ».

La vie à la Maison-Blanche

La Maison-Blanche lui apparaît comme « un hôtel de luxe qui n’a qu’un seul client » et une prison dorée. Dans les premiers mois, elle a du mal à s’adapter aux contraintes de sécurité que lui imposent leurs statuts. Ne pouvant plus aller nulle part sans un cortège de voitures blindées et une armée de gardes du corps, elle essaie néanmoins d’offrir à ses filles la vie la plus normale possible.

« Pendant les premiers mois à la Maison-Blanche, j’éprouvais le besoin d’avoir un œil sur tout », avoue-t-elle. Aimant avoir le contrôle sur tout, elle éprouve des difficultés à lâcher prise. Elle raconte avec plaisir dans ce livre les rares fois où elle réussit à s’échapper de ce carcan, comme aller faire des courses incognito dans un supermarché ou aller faire du ski avec un équipement passe partout accompagnée d’une escorte allégée.

Elle est fière d’avoir passé huit années à la Maison-Blanche sans scandale majeur, sachant qu’ils n’avaient pas droit à l’erreur, ni à aucun écart : « Jusqu’au bout, nous nous étions astreints, et avions astreint les gens qui travaillaient pour nous, aux plus hauts standards d’éthique et de probité ».

Le rôle difficile de Première Dame

Dans ce livre, Michelle Obama raconte la difficulté à trouver sa place de Première Dame notamment dans l’année suivant l’élection de son mari : à savoir, être ni trop politique, ni inaugurer les chrysanthèmes. Elle décide de porter des causes avec conviction : défendre une alimentation saine et combattre l’obésité infantile, bannir la malbouffe des cafétérias des écoles, encourager l’exercice chez les enfants, venir en aide aux familles des militaires américains. Ces enjeux de société rejoignent le militantisme social et communautaire qui lui est cher. « J’avais enfin trouvé une façon de montrer celle que j’étais », écrit-elle.

Lors du deuxième mandat de son mari, elle lance un programme pour favoriser l’accès des jeunes filles à l’éducation dans le monde entier « Let girls learn ». Féministe convaincue, elle a toujours activement milité pour le développement des jeunes filles, américaines et étrangères.

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