La génération Tanguy désigne les jeunes adultes qui quittent de plus en plus tard le domicile de leurs parents. Le nom vient du film Tanguy d’Étienne Chatiliez, sorti en 2001, où un trentenaire refuse de quitter le nid familial. Loin de l’image du grand enfant gâté, la génération Tanguy est surtout le reflet d’études plus longues, d’emplois précaires et d’un logement devenu cher : pour beaucoup, la génération Tanguy n’est pas un choix.
Au Japon, on parle de célibataires parasites, une expression apparue à la fin des années 1990. Le phénomène touche toute l’Europe, mais de façon très inégale selon les pays.
Qu’est-ce que la génération Tanguy ?
Devenu un nom commun, Tanguy désigne un jeune adulte qui tarde à partir de chez ses parents, quelle qu’en soit la raison. Le phénomène concerne plusieurs générations successives : la génération X, les Xennials et aujourd’hui les Millennials.
En France, 46 % des 18-29 ans vivaient chez leurs parents au moins une partie de l’année : 65 % des 18-24 ans et 20 % des 25-29 ans, selon l’Insee, à partir de l’enquête Logement de 2013. Après avoir baissé au milieu des années 1990, cette part augmente de nouveau depuis 2000.
La génération Tanguy en France et en Europe
En 2024, les jeunes Européens quittaient le domicile parental à 26,2 ans en moyenne, selon les chiffres d’Eurostat repris par Euronews. Les écarts sont considérables : 21,4 ans en Finlande et 21,9 ans en Suède, mais plus de 30 ans en Croatie, en Slovaquie, en Grèce, en Italie ou en Espagne. La France se situe en dessous de la moyenne européenne : la génération Tanguy y est réelle, mais moins marquée que dans le sud et l’est de l’Europe.
Pourquoi les jeunes quittent-ils le foyer plus tard ?
- Des études plus longues : la formation et la spécialisation retardent l’entrée dans la vie active.
- Une insertion professionnelle difficile : stages, CDD et petits boulots se succèdent avant le premier emploi stable. Au Japon, on appelle freeters ces jeunes qui vivent d’emplois précaires.
- Un logement cher : loyers élevés, cautions et garanties exigées freinent l’accès au premier logement, surtout dans les grandes villes.
- Une vie de couple plus tardive : on s’installe à deux plus tard qu’autrefois.
- Une solidarité à double sens : dans les familles les plus modestes, le jeune adulte qui reste contribue parfois aux revenus du foyer.
- Une adolescence prolongée : certains sociologues parlent d’adulescence, favorisée par des parents plus présents et plus protecteurs, les parents hélicoptères.
Comment vivre ensemble entre adultes ?
La cohabitation fonctionne quand elle devient une relation d’adulte à adulte. Les parents et le jeune adulte s’accordent sur des règles, souvent tacites : horaires, invitations, partage des tâches et, si possible, participation aux dépenses. Le jeune adulte aménage une maison dans la maison et garde une grande liberté dans ses allées et venues.
Les parents acceptent d’autant mieux la situation que leur enfant reste actif et prépare son départ. Car ce soutien prolongé pèse sur eux : il retarde parfois leurs projets, entame leur épargne et réduit leur temps à deux.
De la génération Tanguy à la génération boomerang
Au départ tardif s’ajoute un autre phénomène : le retour chez les parents après une première expérience d’indépendance, que l’on appelle la génération boomerang. Selon l’Insee, parmi les 25-29 ans qui vivent chez leurs parents, environ un sur cinq était déjà parti avant de revenir.
La famille devient une famille accordéon, qui s’agrandit et se resserre au gré des départs et des retours, parfois avec un conjoint ou des petits-enfants. Les baby-boomers, souvent propriétaires, sont particulièrement sollicités, comme les grands-parents d’aujourd’hui. Cette nouvelle solidarité entre générations rappelle les colocations de type coliving.
Questions fréquentes
D’où vient l’expression génération Tanguy ?
Du film Tanguy d’Étienne Chatiliez (2001), avec Éric Berger dans le rôle d’un trentenaire qui ne veut pas quitter ses parents. Une suite, Tanguy, le retour, est sortie en 2019.
Combien de jeunes vivent chez leurs parents en France ?
46 % des 18-29 ans, au moins une partie de l’année, selon l’Insee (données 2013, publiées en 2018).
Quelle différence avec la génération boomerang ?
Le Tanguy n’est jamais parti ; l’enfant boomerang est parti, puis revenu. Pour situer chaque génération, consultez notre tableau des grandes générations.
Citation :
« Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même. »
Khalil Gibran, Le Prophète