Les nouveaux animaux de compagnie, ou NAC, désignent tous les animaux détenus pour l’agrément autres que le chien et le chat : lapins, rongeurs, furets, oiseaux, reptiles, amphibiens, insectes ou araignées. Depuis une quarantaine d’années, les nouveaux animaux de compagnie ont gagné des millions de foyers français. Mais derrière l’attrait de l’exotisme, les nouveaux animaux de compagnie posent des questions de bien-être animal, de santé publique et de protection de la biodiversité.
Une partie de ces animaux sont sauvages, aux besoins mal connus, parfois dangereux, et certains proviennent de captures illégales d’espèces menacées. Relâchés dans la nature, d’autres deviennent invasifs.
Qu’entend-on par nouveaux animaux de compagnie ?
L’expression nouveaux animaux de compagnie a été créée au début des années 1980 par un vétérinaire lyonnais, Michel Bellangeon, surpris de voir arriver de plus en plus d’animaux exotiques et de petits rongeurs en consultation. Elle regroupe deux grandes familles :
- les animaux d’espèces domestiques, comme le lapin, le cochon d’Inde, la souris, le rat, le furet, certains oiseaux et poissons d’aquarium ;
- les animaux d’espèces non domestiques, qui n’ont pas été transformés par une longue sélection humaine : reptiles, amphibiens, arachnides, certains oiseaux exotiques, voire des primates.
Il peut s’agir d’animaux nés en élevage, capturés dans la nature, ou détournés d’un usage agricole ou alimentaire, comme les poules ou les cochons miniatures.
Combien de NAC en France ?
Selon les estimations 2024 de la FACCO, la fédération des fabricants d’aliments pour animaux de compagnie, la France compte entre 75 et 79 millions d’animaux familiers. Parmi eux :
- 3,7 millions de petits mammifères (lapins, rongeurs, furets…) ;
- 3,7 millions d’oiseaux de cage ou de volière ;
- 2,5 millions d’animaux de terrarium (reptiles, amphibiens, insectes…) ;
- près de 30 millions de poissons d’aquarium ou de bassin.
Les reptiles, presque inexistants dans les foyers il y a trente ans, dépassaient déjà le million en 2014. Pour mieux comprendre la place grandissante de l’animal dans nos vies, voir aussi notre article sur les animaux de compagnie, de plus en plus humains.

D’où vient cet engouement ?
Avec l’évolution des modes de vie, en particulier en ville, un petit animal semble à première vue moins contraignant et moins coûteux qu’un chien. L’attrait de la nouveauté et de l’exotisme, l’envie de se distinguer, et les réseaux sociaux qui mettent en scène des animaux insolites alimentent la demande. Mais une fois l’effet de nouveauté passé, il paraît aussi plus facile de s’en séparer. Les NAC, et en particulier les lapins, font partie des animaux les plus abandonnés : selon la SPA, les abandons de lapins dans ses refuges ont progressé de 34 % entre 2019 et 2020.
Quelle législation pour les nouveaux animaux de compagnie ?
Les règles dépendent du statut de l’espèce :
- Espèces domestiques (lapin, cochon d’Inde, furet…) : depuis la loi du 30 novembre 2021 contre la maltraitance animale, l’acquéreur d’un furet ou d’un lapin doit signer un certificat d’engagement et de connaissance des besoins de l’animal, au moins 7 jours avant la cession. Cette obligation s’applique depuis le 1er octobre 2022.
- Espèces non domestiques : l’arrêté du 8 octobre 2018 les classe en trois catégories. Selon l’espèce, la détention est libre, soumise à une simple déclaration, ou à une autorisation préfectorale accompagnée d’un certificat de capacité. Beaucoup doivent être identifiées (puce, bague) et enregistrées.
- Espèces protégées : la convention de Washington, ou CITES, signée en 1973, encadre le commerce international des espèces menacées et leurs documents d’origine.
Les services vétérinaires de l’État, aujourd’hui les directions départementales de la protection des populations (DDPP), contrôlent ces règles. Une détention illégale est un délit. La loi de 2021 prévoit aussi une « liste positive » des seules espèces non domestiques autorisées comme animaux de compagnie, dont le décret d’application est encore attendu.
Que nécessite l’acquisition d’un NAC ?
Avant d’accueillir un NAC, il faut pouvoir lui garantir :
- un environnement adapté : terrarium, vivarium ou espace qui reproduit son milieu naturel, avec la bonne température, l’humidité et l’éclairage ;
- une alimentation spécifique : insectes, rongeurs, poissons, fruits ou plantes selon l’espèce ;
- un suivi vétérinaire : peu de vétérinaires sont spécialisés dans les NAC, et les soins peuvent être coûteux ;
- du temps et de la durée : une tortue peut vivre plusieurs dizaines d’années, un perroquet aussi.

Les risques liés aux nouveaux animaux de compagnie
- Pour la santé : certains animaux transmettent des maladies à l’homme (les zoonoses), comme la salmonellose chez les reptiles. D’autres peuvent mordre, griffer ou envenimer.
- Pour l’environnement : relâchées dans la nature, certaines espèces deviennent invasives et concurrencent les espèces locales. La tortue de Floride et l’écureuil de Corée figurent sur la liste européenne des espèces exotiques envahissantes, la perruche à collier s’est installée en Île-de-France, et des pythons birmans abandonnés prolifèrent dans les Everglades, en Floride.
- Pour l’animal lui-même : transport, stress, alimentation ou habitat inadaptés entraînent de fortes mortalités, surtout chez les animaux sauvages capturés dans la nature.
- Pour la biodiversité : plus une espèce est rare, plus elle est recherchée, ce qui alimente le braconnage et le trafic. En 2012, la Fondation 30 Millions d’Amis estimait à environ 100 000 le nombre d’animaux de compagnie entrant illégalement en France chaque année.
Loin d’être anodin, l’engouement pour les NAC a donc des conséquences sur les écosystèmes, la santé publique et la survie de certaines espèces. Retirer un animal sauvage de son milieu pour son agrément est une responsabilité, qui suppose de bien s’informer avant tout achat.
Questions fréquentes
Quels NAC sont les plus courants ?
Le lapin, le cochon d’Inde, le hamster, le rat, les oiseaux de cage, les poissons et, de plus en plus, les reptiles comme les tortues, les geckos ou les serpents des blés.

Faut-il une autorisation pour avoir un serpent ?
Cela dépend de l’espèce. Certaines se détiennent librement, d’autres exigent une déclaration, une autorisation préfectorale ou un certificat de capacité. Les espèces venimeuses relèvent toujours du régime le plus strict.
Que faire d’un NAC dont on ne peut plus s’occuper ?
Ne jamais le relâcher dans la nature. Il faut se tourner vers un refuge, une association spécialisée ou un vétérinaire.