Expressions françaises de D à J : 116 expressions à connaître et à utiliser (2/4)

La langue française est riche de nombreuses expressions françaises, dont certaines remontent à l’Antiquité, à la Bible ou aux grands textes de la littérature. Bien employées, ces expressions françaises enrichissent l’expression écrite comme orale, et beaucoup ont des équivalents, proches ou très différents, dans d’autres langues. Cet article réunit 116 expressions françaises de D à J, classées par ordre alphabétique avec leur signification.

Cet article fait partie d’une série de quatre :

Expressions françaises en D

  • Damer le pion : Surpasser / l’emporter sur (quelqu’un).
  • Danser devant le buffet : N’avoir rien à manger.
  • De bon / mauvais aloi : De bonne / mauvaise qualité . Qui mérite / ne mérite pas l’estime. D’un usage conforme au bon goût.
  • De bon / mauvais augure : Qui constitue un signe favorable / défavorable.
  • De but en blanc : Brusquement, sans détour.
  • De fil en aiguille : En passant d’une chose à une autre qui lui fait suite. De propos en propos, par le jeu naturel des associations d’idées ou de l’enchaînement des faits.
  • De la bouillie pour les chats : Un travail gâché, mal fait ; un texte mal écrit, incompréhensible. Une chose qui ne servira à rien.
  • De mal en pis : De plus en plus mal. En s’aggravant.
  • De pied en cap : Complètement, entièrement.
  • Décrocher / gagner la timbale / le coquetier / le cocotier : Obtenir une chose disputée, un résultat important. S’attirer des ennuis à force de maladresse.
  • Défendre son pré carré : Défendre son domaine, son territoire réservé et les éventuelles prérogatives qui s’y attachent.
  • Défrayer la chronique : Être au centre des conversations, souvent de manière négative. Faire beaucoup parler de soi.
  • Déménager à la cloche de bois : Abandonner discrètement, furtivement son logement.
  • Dépouiller / tuer le vieil homme (en nous) : Se débarrasser de ses mauvaises habitudes. Changer radicalement de vie.
  • Des économies de bouts de chandelle : Des économies dérisoires, sordides.
  • Des espèces sonnantes et trébuchantes : De la monnaie (sous forme de pièces métalliques, pas de billets). Par extension, de l’argent liquide.
  • Des manœuvres florentines : Des manœuvres fourbes, des intrigues, menées dans le but de nuire à quelqu’un ou de l’évincer, ou bien de faire échouer une affaire
  • Des mesures draconiennes / une loi draconienne : Des mesures, une loi d’une extrême ou excessive sévérité.
  • Des paroles sibyllines : Des paroles énigmatiques, mystérieuses, obscures.
  • Dès potron-minet : Dès l’aube, le petit matin, les premières lueurs du jour.
  • Des querelles intestines : Des dissensions, des conflits qui se passent à l’intérieur d’un groupe
  • Dieu reconnaîtra les siens ! : Formule employée chaque fois que sont indifféremment visés des coupables et des innocents. Formule censée justifier une action violente menée de manière arbitraire.
  • Dire pis que pendre : Dire beaucoup de mal (de quelqu’un).
  • Dire ses quatre vérités (à quelqu’un) : Dire (à quelqu’un) ce qu’on pense de lui, franchement et parfois brutalement. Dire (à quelqu’un) des choses désobligeantes ou blessantes, sans ménagement.
  • Donner / recevoir une volée (de bois vert) : Infliger / recevoir une sévère réprimande ou correction Émettre / subir des critiques violentes
  • Donner de la confiture à un cochon : Donner quelque chose à quelqu’un qui ne le mérite pas, qui ne sait pas l’apprécier ou qui n’en a aucune reconnaissance. Gâcher quelque chose.
  • Donner des noms d’oiseau : Injurier, insulter.
  • Donner du fil à retordre : Causer des difficultés, des ennuis, des embarras (à quelqu’un).
  • Donner le change : Faire prendre une chose pour une autre. Tromper quelqu’un en lui donnant une fausse impression / une fausse piste.

Expressions françaises en E

  • Écrire / envoyer un poulet (à quelqu’un) : Écrire / envoyer un billet doux (à quelqu’un).
  • Embrasser (faire) Fanny : Perdre une partie sans marquer de point.
  • En avoir gros sur le cœur / l’estomac / la patate : Être très triste, avoir beaucoup de chagrin. Ressentir du dépit, de la rancune.
  • En baver (des ronds de chapeau / de citron) : Être dans une situation (très) pénible. Souffrir, supporter des mauvais traitements.
  • En bonne et due forme : Dans les règles
  • En deux coups de cuiller à pot : Très rapidement, sans difficulté apparente.
  • En faire à sa guise : Agir selon son goût, sa volonté
  • En grande pompe : Avec solennité. Avec beaucoup de faste, de luxe.
  • En rester comme deux ronds de flan : Être stupéfait, ébahi.
  • En son for intérieur : Dans le secret de sa pensée
  • En tout bien tout honneur : Avec des intentions honorables.
  • Enfiler des perles : Perdre son temps (à des futilités, à des niaiseries).
  • Enfoncer des portes ouvertes : Se vanter d’avoir surmonté un obstacle qui n’existait pas. Chercher à démontrer une évidence. Énoncer une banalité en la faisant passer pour une nouveauté ou pour quelque chose ayant de l’intérêt.
  • Entre chien et loup : À la tombée du jour.
  • Entre la poire et le fromage : Entre deux évènements, à un moment perdu. À un moment de conversation libre et détendu, comme on en trouve vers la fin d’un repas.
  • Entrer comme dans un moulin : Entrer sans politesse, sans se gêner. Entrer très facilement.
  • Entrer dans le vif du sujet : Aborder le point le plus important. Aller directement à l’essentiel.
  • Envers et contre tous / tout : En dépit de l’opposition générale, des nombreuses résistances.
  • Envoyer chez Plumeau : Renvoyer, éconduire.
  • Épée de Damoclès : Péril imminent et constant. Danger qui plane sur quelqu’un.
  • Essuyer les plâtres : Subir les désagréments d’une situation nouvelle, expérimentale, où tout n’est pas encore rodé.
  • Être / se trouver entre le marteau et l’enclume : Être / se trouver entre deux camps adverses et être exposé à recevoir des coups venus des deux côtés.
  • Être à couteaux tirés : Être dans une situation de grande hostilité.
  • Être à quia : Ne savoir que répondre, que dire. Rester coi.
  • Être à tu et à toi (avec quelqu’un) : Être très lié, très familier (avec quelqu’un).
  • Être aux abonnés absents : Être absent. Ne pas donner signe de vie, ne pas répondre. Être parti, évanoui, inconscient.
  • Être bouché à l’émeri : Être idiot, obtus, borné. Être incapable de comprendre.
  • Être coiffé au / sur le poteau : Être battu de justesse.
  • Être collet monté : Être raide, guindé, pédant. Être rigide sur les manières et les principes. Affecter l’austérité, la pruderie.
  • Être comme l’âne de Buridan : Hésiter indéfiniment. Ne pas savoir quel parti prendre.
  • Être connu comme le loup blanc : Être très connu.
  • Être coutumier du fait / Une fois n’est pas coutume : Avoir l’habitude d’agir d’une certaine manière, de faire une certaine chose / Changer une fois ses habitudes est une exception qui n’engage pas l’avenir.
  • Être dans de beaux draps : Être dans une très mauvaise situation. Être dans une position désagréable ou dangereuse.
  • Être dans les bras de Morphée : Dormir (profondément).
  • Être dans les petits papiers (de quelqu’un) : Jouir de la faveur, de la considération, du soutien (de quelqu’un), éventuellement de manière occulte.
  • Être dans ses petits souliers : Avoir une sensation d’inconfort. Être mal à l’aise.
  • Être d’un calme olympien : Rester de marbre. Être imperturbable.
  • Être en odeur de sainteté : Être en état de perfection spirituelle. Être bien vu.
  • Être fleur bleue : Être sentimental. Par extension, être naïf.
  • Être fou à lier : Complètement fou.
  • Être frappé / marqué au coin du bon sens : Porter la marque du bon sens
  • Être le dindon de la farce : Se faire duper, se faire avoir lors d’une affaire.
  • Être légion : Être nombreux. Être en grande quantité.
  • Être médusé : Être très étonné, figé par la stupeur
  • Être né avec une cuiller d’argent dans la bouche : Être né riche / dans une famille riche. Ne pas avoir de soucis pécuniaires à se faire pour son avenir, dès la naissance.
  • Être pauvre comme Job : Être très pauvre, dans un dénuement extrême.
  • Être piqué de la tarentule : Être très agité. Éprouver un grand engouement pour quelque chose.
  • Être réglé comme du papier à musique : Avoir des habitudes très régulières (personne). Être organisé, prévu dans tous ses détails (chose).
  • Être sous la coupe de quelqu’un : Être sous la dépendance ou l’influence de quelqu’un
  • Être sous les feux de la rampe : Être sur scène. Être publiquement exposé ou célèbre (au moins temporairement)
  • Être sujet à caution : Être douteux. Ne mériter qu’une confiance limitée.
  • Être sur la corde raide : Se trouver dans une situation difficile, périlleuse.
  • Être tiré à quatre épingles : Être vêtu avec un soin méticuleux.
  • Être (un) grand clerc : Être très savant.

Expressions françaises en F

  • Faire amende honorable : Reconnaître qu’on a tort. Demander publiquement pardon.
  • Faire contre mauvaise fortune bon cœur : Ne pas se laisser décourager par les difficultés. Savoir se contenter de ce qu’on peut avoir, ne pas trop en vouloir. Accepter un compromis.
  • Faire couler beaucoup d’encre : Susciter de nombreux commentaires (écrits).
  • Faire des gorges chaudes (de quelque chose ou quelqu’un) : Faire un objet de plaisanterie, se moquer (de quelque chose ou quelqu’un).
  • Faire des pieds et des mains : Faire tous ses efforts, multiplier les démarches (pour aboutir à un certain résultat).
  • Faire d’une pierre deux coups : Obtenir deux ou plusieurs résultats, atteindre deux ou plusieurs objectifs avec une seule action ou un seul moyen.
  • Faire fi de : Dédaigner, mépriser.
  • Faire flèche de tout bois : Mettre tous les moyens en œuvre pour réussir.
  • Faire florès : Manifester sa joie / Faire une dépense d’éclat. Obtenir des succès, de la réputation.
  • Faire la pluie et le beau temps : Avoir tous les pouvoirs, être tout puissant. Décider de tout.
  • Faire le matamore : Faire étalage de sa bravoure, se vanter de prétendus exploits de manière ridicule. Faire le vantard, le fanfaron.
  • Faire litière de… : Ne faire aucun cas, ne tenir aucun compte de…
  • Faire main basse sur… : S’emparer de…Prendre, voler…
  • Faire profil bas : Se montrer discret, ne pas se faire remarquer.
  • Faire ses choux gras (de quelque chose) : En faire son régal. En retirer profit, avantage.
  • Faire son miel de… : Tirer un profit de…
  • Faire table rase : Considérer comme nulles et rejeter en bloc des idées de conduite adoptées précédemment. Reprendre à zéro une procédure de recherche de quelque chose (explication, solution, criminel…).
  • Faire une croix sur… : Renoncer définitivement à…
  • Franchir le Rubicon : Faire un pas décisif et irréversible. Prendre une décision et en assumer toutes les conséquences.

Expressions françaises en G, H et I

  • Garder une poire pour la soif : Être prévoyant, garder de côté de quoi assurer des besoins futurs. Économiser, épargner.
  • Habiller pour l’hiver : Dire du mal (de quelqu’un).
  • Honni soit qui mal y pense : Honte à celui qui y voit du mal.
  • Il n’y a pas loin du Capitole à la Roche Tarpéienne : Après les honneurs ou la célébrité, la déchéance ou l’oubli peuvent venir rapidement.
  • Il vaut mieux faire envie que pitié : Il vaut mieux être riche et faire des envieux que pauvre et inspirer la pitié.
  • Il y a anguille sous roche : Il y a quelque chose de caché, une perfidie qui se prépare. L’affaire n’est pas claire.
  • Il y a (il n’y a pas) péril en la demeure : Il y a (il n’y a pas) des risques à rester sans agir, à ne pas trouver une solution à un problème.

Expressions françaises en J

  • Jeter / lancer une pierre dans le jardin (de quelqu’un) : Lancer une remarque, une allusion, une critique dirigée contre la personne.
  • Jeter de l’huile sur le feu : Envenimer une querelle, inciter à la dispute, aggraver une situation.
  • Jeter la (première) pierre (à quelqu’un) : Accuser, blâmer, critiquer (quelqu’un).
  • Jeter l’argent par les fenêtres : Être extrêmement dépensier.
  • Jeter le bébé avec l’eau du bain : Perdre de vue l’essentiel. Se débarrasser d’une chose pourtant importante dans le but d’éliminer avec les ennuis ou contraintes qu’elle implique.
  • Jeter son dévolu : Faire un choix définitif. Décider d’obtenir.
  • Jouer les Cassandre : Prévoir et annoncer des évènements tragiques ou désagréables sans être cru.

D’où viennent ces expressions ?

Beaucoup d’expressions gardent la trace d’un événement historique, d’un mythe ou d’une œuvre littéraire. Quelques exemples tirés de cette liste :

  • Épée de Damoclès : Selon Cicéron, Denys, tyran de Syracuse, fit asseoir son courtisan Damoclès sous une épée suspendue par un crin de cheval, pour lui montrer la fragilité du pouvoir.
  • Franchir le Rubicon : En 49 av. J.-C., Jules César franchit avec son armée ce petit fleuve qui marquait la limite de sa province, déclenchant la guerre civile.
  • Des mesures draconiennes : Dracon, législateur athénien du VIIe siècle av. J.-C., est resté célèbre pour la sévérité de ses lois.
  • Honni soit qui mal y pense : C’est la devise de l’ordre de la Jarretière, fondé par le roi d’Angleterre Édouard III au XIVe siècle.
  • Être comme l’âne de Buridan : L’image, rattachée au philosophe Jean Buridan (XIVe siècle), est celle d’un âne qui meurt de faim et de soif faute de choisir entre son avoine et son eau.

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Questions fréquentes

Que signifie « franchir le Rubicon » ?

Prendre une décision irréversible, comme César franchissant ce fleuve avec son armée.

D’où vient « embrasser Fanny » ?

Du jeu de pétanque : le joueur qui perd sans marquer un seul point doit, selon la tradition, embrasser les fesses de Fanny.

Que veut dire « être à quia » ?

Être réduit au silence, ne plus savoir quoi répondre ; « quia » signifie « parce que » en latin.

Que veut dire « jouer les Cassandre » ?

Annoncer des malheurs sans être cru, comme la prophétesse troyenne de la mythologie grecque, condamnée par Apollon à ne jamais être écoutée.

Retrouvez toute la série des expressions françaises :

Citation sur la langue française :

« La langue française, dès cette époque, commençait à être choisie par les peuples comme intermédiaire entre l’excès de consonnes du nord et l’excès de voyelles du midi. »

Victor Hugo, L’Homme qui rit

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