Les chevaux de Napoléon : des chevaux d’exception qui ont fait l’Histoire

Depuis l’Antiquité, le cheval est un instrument de locomotion et de conquête au service de l’homme. D’Alexandre le Grand à Napoléon, en passant par l’empereur Hadrien ou Richard Cœur de Lion, tous les grands chefs de guerre ont possédé de nombreux équidés pour les longs trajets et les batailles. Les chevaux de Napoléon ne font pas exception. Parmi la centaine de montures impériales, les chevaux de Napoléon Ier les plus fidèles ont marqué l’Histoire : cet article retrace le rapport singulier de l’Empereur à ses bêtes, avant de présenter les chevaux de Napoléon passés à la postérité.

Napoléon Bonaparte : un cavalier peu académique à la pratique intensive

Napoléon ne montait pas à cheval de façon académique. Durant sa jeunesse en Corse, il pratiquait l’équitation à cru à dos de poney. N’ayant jamais eu le temps d’apprendre cet art long et exigeant, il montait à l’instinct, très à fond dans sa selle, les jambes ballantes. Il choisissait des chevaux plutôt de taille petite ou moyenne, même s’il était plus grand que les hommes de son époque : il mesurait 1,69 m, alors que la taille moyenne était alors de 1,65 m. Il connut de nombreuses chutes sans gravité, dont l’une, la veille de l’invasion de la Russie en 1812, fut interprétée comme un mauvais présage.

Privilégiant le galop, souvent à vive allure, les rênes posées sur l’encolure de sa monture, il laissait en arrière les officiers de son état-major épuisés et les cavaliers de son escorte, aux chevaux plus chargés. Très endurant, hardi, méprisant le danger, il lui arrivait de fatiguer plusieurs montures dans la même journée, parcourant entre 80 et 100 kilomètres, « à cheval, en voiture, de toutes les manières », disait-il.

Il fut amené à pratiquer le cheval, dans le temps et dans l’espace, infiniment plus qu’aucun sportif de notre époque ne le fera jamais. En vingt ans, il parcourut l’Europe en tous sens, en berline de voyage et, plus souvent, à cheval pour arriver plus vite à destination.

Les chevaux « du rang de Sa Majesté »

Napoléon affectionnait les étalons de toutes origines : autrichienne, normande, basque, limousine, espagnole ou arabe. Les chevaux dits « du rang de Sa Majesté » étaient au nombre de trente, répartis en dix brigades. Leur effectif fut renouvelé plus de trois fois au cours du règne, soit une centaine de montures impériales au total, dont certaines atteignirent la célébrité, favorites de l’Empereur ou montées lors d’une bataille fameuse. Une vingtaine de chevaux moururent sous lui durant les combats.

Chaque cheval recevait un surnom attribué par Sa Majesté, en hommage à une victoire (Marengo, Austerlitz, Wagram), pour marquer son origine (Calvados, Cid, Cordoue, Sagonte, Sélim) ou pour souligner ses qualités et ses défauts (Bouffon, Conquérant, Extrême, Folâtre, Gracieux, Timide).

Toutes les montures « du rang de Sa Majesté » provenaient des haras impériaux de Saint-Cloud, de Normandie, du Limousin ou du grand-duché de Berg. Ces haras alimentaient les Écuries impériales situées à Paris, Saint-Cloud, Meudon et Viroflay.

Si la presque totalité des peintres d’histoire représente Napoléon chevauchant un arabe blanc, il utilisa aussi des chevaux gris, des pommelés et des alezans. Lors de la campagne d’Égypte (1798-1799), Bonaparte fit la connaissance du cheval arabe, qui eut dès lors sa préférence : il lui rappelait les poneys corses et lui permettait de renouer avec ses « mauvaises habitudes » d’adolescence sur l’île de Beauté.

Les chevaux de Napoléon passés à la postérité

  • Cyrus eut l’honneur d’assister à la bataille d’Austerlitz, même s’il ne fut pas le seul à porter l’Empereur ce jour-là.
  • L’Intendant, réservé aux parades, aux revues et aux entrées triomphales pour son calme lors des cérémonies, était surnommé « Coco » par les grognards de la Garde impériale.
  • Marengo, étalon arabe de petite taille (1,40 m au garrot) à la robe gris fer, capturé après la bataille d’Aboukir et ramené en France en 1799, était le cheval de guerre préféré de Napoléon. Fiable, incroyablement dur et résistant, il aurait, selon la légende, pris le nom de la bataille de Marengo remportée alors que l’Empereur le montait. On lui prête aussi Austerlitz, Iéna et Wagram, la capacité de galoper cinq heures d’affilée entre Burgos et Valladolid (130 kilomètres) et de couvrir 80 kilomètres à jeun entre Vienne et Semmering. Il aurait survécu à la retraite de Russie de 1812. Monté à Waterloo, capturé après la bataille, il portait les stigmates de huit blessures de guerre et une balle dans la queue. Son squelette est aujourd’hui exposé au National Army Museum de Chelsea, à Londres.
  • Vizir, offert par le sultan de Turquie, fut l’un des favoris de l’Empereur, qui le monta à partir de 1805. De race arabe, à la robe « fleur de pêcher presque blanche, à tous crins, légèrement truitée alezan », il ne mesurait que 1,35 m. Sa cuisse gauche portait la marque des Écuries impériales, un N couronné. Il suivit Napoléon en exil sur l’île d’Elbe et est aujourd’hui exposé au musée de l’Armée, à Paris.
  • Wagram, arabe gris monté à partir de 1809 et nommé en souvenir de la victoire, était l’objet d’une affection que l’animal lui rendait bien. Aux écuries, il frappait le sol de ses sabots à la vue de l’Empereur et ne s’arrêtait qu’une fois caressé. Au son des tambours battant « Aux champs », il grattait le sol, agitait fièrement la tête et, monté, prenait une allure d’une beauté incomparable. Il suivit lui aussi Napoléon à l’île d’Elbe.
  • Roitelet, alezan issu d’une jument limousine et d’un étalon anglais offert par le prince Eugène de Beauharnais, se distingua lors de la retraite de Russie : alors que tous les chevaux glissaient sur la neige verglacée, il ramena l’Empereur sans un faux pas. À plusieurs reprises, l’étalon et son illustre écuyer échappèrent à la mort sur les champs de bataille.

Les chevaux de Napoléon, de la guerre à l’exil

Napoléon offrait souvent des chevaux en cadeau, pour des raisons diplomatiques, par amitié ou en reconnaissance. Ses fidèles étalons demeuraient ses indispensables compagnons de route et de guerre : quels qu’ils fussent, tous eurent un rôle à jouer au cours du règne. Attaché à ses montures jusqu’au bout, l’Empereur fut suivi d’un piquet de dix chevaux lors de son exil à Sainte-Hélène.

Questions fréquentes

  • Combien de chevaux Napoléon possédait-il ? Environ une centaine de montures sur l’ensemble du règne. Les chevaux « du rang de Sa Majesté » étaient trente en permanence, répartis en dix brigades.
  • Quel était le cheval préféré de Napoléon ? Marengo, son cheval de guerre. Vizir et Wagram comptaient parmi ses autres favoris.
  • Où voir les chevaux de Napoléon aujourd’hui ? Le squelette de Marengo est exposé au National Army Museum de Chelsea, à Londres ; celui de Vizir, au musée de l’Armée, à Paris (Invalides).
  • Napoléon montait-il toujours un cheval blanc ? Non. S’il est souvent peint sur un arabe blanc, il montait aussi des chevaux gris, pommelés ou alezans.

Citation de Napoléon Ier :

« On gouverne mieux les hommes par leurs vices que par leurs vertus. »

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