NARCISSE, NARCISSIQUE : origine et signification

Le mythe de Narcisse provient d’une longue tradition orale, attestée par la fleur narcisse qui a donné son nom au chasseur grec et dont le terme existait avant les récits du héros apparus à l’époque alexandrine.

Dans le Livre III des Métamorphoses, Ovide, qui s’est inspiré d’auteurs grecs de l’époque alexandrine (Parthénios de Nicée, Pausanias le Périégète), place le mythe de Narcisse dans un cycle épique autour de la cité de Thèbes aux côtés d’Œdipe. Au lieu de reprendre les traditions orales thébaines sur Œdipe, Ovide a substitué Narcisse au personnage œdipien.

Dans la mythologie grecque, Narcisse est un chasseur originaire de Béotie (région centrale de Grèce), fils de la nymphe Liriope et du dieu fleuve Céphise.

Le mythe de Narcisse

Une première version, celle d’Ovide, précise qu’à la naissance de Narcisse, le devin Tirésias aurait déclaré à propos de la possibilité pour l’enfant d’atteindre un âge avancé : « Il l’atteindra s’il ne se connaît pas. »

En grandissant, Narcisse s’avère d’une beauté exceptionnelle. Très fier, il repousse les prétendantes, dont la nymphe Écho qui en appelle au ciel. La déesse Némésis va exaucer son vœu. Alors qu’il s’abreuve à une source, Narcisse voit son reflet dans l’eau et en tombe amoureux. Il  reste de nombreux jours à se contempler et à désespérer de ne jamais pouvoir rattraper sa propre image. Dépérissant, Écho répète en écho : « Hélas ! Hélas ! » Narcisse finit par mourir de cette passion qu’il ne peut assouvir. Après sa mort, il cherchera à distinguer ses traits dans les eaux du Styx et sera pleuré par ses sœurs, les naïades. À l’endroit où l’on retire son corps poussent des fleurs blanches qui aujourd’hui portent le nom de narcisses.

Une autre version relate que le devin Tirésias aurait dit à sa mère Liriope que Narcisse vivrait très vieux s’il ne voyait jamais son image. Insensible à l’amour, il envoya au plus fidèle de ses soupirants une épée avec laquelle il se tua de désespoir devant sa porte. Ce dernier, appelant avant de mourir le courroux des dieux, fut exaucé. Un jour, Narcisse vit son reflet dans l’eau claire d’une source, tomba amoureux de sa propre image et préféra se suicider, incapable d’assouvir cette passion. Il se plongea un poignard dans la poitrine. Son sang s’écoula dans la terre et donna naissance à un narcisse blanc à corolle rouge.


Son interprétation et son utilisation en psychologie

Cette histoire est une leçon à l’intention des gens qui s’admirent trop. Le terme est utilisé en psychologie au sens courant d’une estime de soi ou d’une confiance en soi excessive, voire de l’égocentrisme ou de l’égoïsme.

Selon le psychothérapeute Thomas Moore, Narcisse est préoccupé par sa beauté, mais n’en est pas pleinement conscient. Il cherche à se faire valoir auprès des autres sans être capable de s’engager dans une relation. « La manifestation d’amour-propre narcissique marque l’incapacité de s’aimer soi-même. » Sa rencontre avec la nymphe Écho, qui lui renvoie ses propres paroles illustre le vide et la stérilité de ce rapport au monde. Lorsque Narcisse découvre, en se mirant dans la source, qu’il est vraiment beau, il réussira à s’aimer lui-même plutôt que de chercher la reconnaissance à l’extérieur. La transformation profonde est symbolisée par sa mort et sa transformation en fleur  ou mort de l’ego et épanouissement du Soi.

En psychanalyse, le concept de narcissisme fut élaboré par Sigmund Freud comme une étape du développement de la libido au cours de la formation du moi conçu comme objet d’amour.

Le terme narcissique accolé au terme « perversion », la perversion narcissique, est relatif à une pathologie relationnelle, un mécanisme de défense consistant en une survalorisation de soi-même aux dépens d’autrui .

Le développement de cette perversion dénote d’un développement excessif de l’individualisme dans nos sociétés s’exerçant de plus en plus aux dépens des autres.

Citation sur les hommes :

« Ce qui me fait peur, c’est de faire partie des humains. On m’a souvent reproché de mépriser ces derniers, en vérité ce sont les humains tournés vers eux-mêmes que je n’estime pas, les esprits étriqués, les Narcisse et les arrogants.« 

Brigitte Bardot

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