BUCAREST : une capitale chargée d’histoire, éclectique et dynamique

Surnommée le « petit Paris des Balkans », Bucarest, une fois les préjugés mis de côté, surprend. Sa population chaleureuse et accueillante, son patrimoine historique, son architecture surprenante et variée, ses parcs, ses galeries, ses concept stores, ses cafés branchés, en font une des capitales européennes les plus foisonnantes, atypiques, créatives et dynamiques. En train de dépasser son passé communiste, elle suit la voie tracée par Prague ou Berlin, tout en demeurant une des cités les plus abordables d’Europe.

Un patrimoine architectural hors norme et une offre culturelle éclectique

De par sa position centrale, sa taille et son parti pris, l’immense palais du Parlement voulu par Nicolae Ceausescu a suscité de nombreuses controverses depuis sa construction. Nécessitant la démolition d’un des plus beaux quartiers de la ville, et plus de 40 % du PIB roumain, le palais déploie des hectares de carrelage en marbre et comporte d’immenses chandeliers (le plus gros pesant 3 t avec ses 7000 ampoules).

Deuxième plus grand bâtiment administratif au monde après le Pentagone avec ses 5  000 pièces et ses 85 m de haut, son style néo-classique très ostentatoire, son histoire et la magnifique vue sur la ville depuis la terrasse en imposent. L’imposant bâtiment fait face au Bulevardul Uniri, L’entrée se fait depuis le Bulevardul Naţiunile Unite sur le côté nord du palais.

En déambulant le long de la Calea Victoriei, artère historique et à la mode de Bucarest, on peut observer la Piața Revoluției. Cette grande place abrite de nombreux bâtiments chargés d’histoire dont le « mémorial de la renaissance », un édifice à la forme de sabre transperçant une pomme de terre noire qui symbolise la fin d’une des périodes les plus noires du pays.

Le Musée national d’art de Roumanie est le plus important musée d’art de Roumanie.  Ouvert en 1950 sur la place de la Révolution à l’intérieur du palais royal de Bucarest, il fut construit au XIXe siècle par l’architecte français Paul Gottereau.Il possède trois collections, une du souverain Carol Ier (Greco, Rembrandt, Pieter Brueghel l’Ancien, Rubens, Domenico Veneziano), une sur l’art roumain antique et médiéval, et une sur les peintures roumaines modernes. L’œuvre du peintre Roumain Corneliu Baba célèbre pour avoir peint des « rois fous » et des arlequins est saisissante.La Galerie d’Art Européen est riche d’une collection de 12 000 œuvres aménagée par nationalité. Le Palais Royal lui-même, ancienne résidence royale officielle en 1834 sous le règne du prince Alexandru Ghica, vaut le détour.

Le palais du Cercle militaire national, institution culturelle de l’armée roumaine, est un bâtiment néoclassique inauguré en 1923. Il dispose d’un impressionnant escalier de marbre en double pente qui conduit aux salles de réception.La salle de marbre est l’une des plus grandes réussites de l’architecture roumaine avec ses arches latérales et ses colonnes. Épées, couteaux, boucliers, lances, casques, divinités ailées y sont représentés. Dans le prolongement de la salle de marbre, la salle Maura est revêtue de boiseries et d’un plafond avec des fleurs stylisées et des feuilles d’or. Une salle byzantine, une salle gothique et une salle norvégienne avec des lustres en forme de drakkars, des images d’animaux fantastiques inspirés par la mythologie nordique, sont à visiter.

Près de là, le passage Macca-Vilacrosse qui date de 1891 se compose de deux allées couvertes, animées par quelques terrasses, qui se rejoignent sous une rotonde. Les verrières jaunes créent une atmosphère spéciale à toute heure du jour ou de la nuit.

Au numéro 141 de l’avenue, le Musée national George Enescu (compositeur roumain, violoniste virtuose, chef d’orchestre, pianiste et pédagogue) est installé dans le palais Cantacuzino, l’un des plus beaux bâtiments de Bucarest avec son superbe auvent de style Art nouveau. À l’ère pro-communiste, ces bâtiments ont valu à la ville le surnom de « Petit Paris ».Derrière le palais, la maison d’Enescu a été préservée tel quelle depuis sa mort  en 1955.

Le Palais présidentiel ou Palais Cotroceni comporte de nombreuses salles à découvrir, son histoire est très riche et de nombreuses œuvres d’art y sont exposées (Brancusi,…).

À l’ouest de Calea Victoriei se trouve le jardin Cişmigiu avec ses promenades ombragées, un lac et des cafés. Ce parc est très apprécié des Bucarestois ainsi qu’une source d’inspiration littéraire (notamment pour Ion Luca Caragiale, l’un des plus grands écrivains du pays). Proche de la place Charles de Gaulle et de l’Arcul de Triumf, le parc Herăstrău se déploie sur 200 ha le long du grand lac Herăstrău.Plus beau parc de Bucarest, avec ses sentiers et ses barques à louer, il se transforme les soirs d’été en scène festive.

Sur les rives du lac Herăstrău, le musée du village roumain est un écomusée comprenant de fermes, églises, moulins et moulins à vent de la Roumanie rurale. Construit en 1936 par décret royal, c’est l’un des plus anciens musées en plein air d’Europe avec ses 300 structures importées de toute la campagne roumaine.

En se dirigeant vers la vieille ville, l’Athénée roumain, salle de concert prestigieuse, est un monument national consacré aux arts et à la culture, conçu par l’architecte français Albert Galleron, achevé en 1888. C’est un monument de style antique dans une ville moderne. Mélange d’architecture classique ornementé d’une touche française, il accueille l’Orchestre philharmonique George Enescu.

Le vieux centre de Bucarest est bien conservé. Curtea Veche, une ancienne cour du XVe siècle dispose d’une statue de Vlad l’Empaleur, alias Dracula. Le monastère Stavropoleos, construit au XVIIIe siècle, abrite un autel en l’honneur des archanges Michel et Gabriel,  sa cour comporte des pierres tombales. Une ballade dans ces différents quartiers permettra de s’imprégner de la vie quotidienne des Bucarestois.

Une grande variété de marchés et commerces traditionnels ou modernes

Au nord de la ville se trouve le Musée du paysan roumain, un marché artisanal très animé ouvert le samedi et le dimanche. Musée consacré à l’art sous Carol II, puis musée du Parti communiste roumain, il est à présent dédié à l’artisanat, à l’architecture et au folklore roumain. Il laisse entrevoir le paysage de la campagne roumaine sans quitter Bucarest.

Le marché emblématique d’Obor, marché tentaculaire, dispose de deux espaces intérieurs et de nombreuses échoppes. On peut y acheter les fameuses saucisses de Sibiu ou du miel local.

À proximité des ruines de l’ancienne Cour princière (Musée de l’Ancienne Cour Princière) construite par Vlad III, Lipscani est une zone commerciale importante pour la Valachie depuis le XIXe siècle. Un lipscan était un commerçant qui introduisait des marchandises d’Europe occidentale.

Aujourd’hui, c’est un quartier populaire branché avec des restaurants, des bars, des boutiques et des antiquaires. Ses petites ruelles conservent le cachet et l’aspect populaire du centre-ville.

Par ailleurs, Bucarest est connue pour la richesse de ses librairies. La librairie Carturesti sur trois étages est agréable et lumineuse avec une impressionnante collection multilingue et un café.

Une capitale foisonnant de cafés, restaurants ou de clubs

Bucarest possède de nombreux restaurants où l’on peut déguster les plats traditionnels tels que la ciorbă de burtă (soupe aux tripes) ou le mititei (rouleaux de viande épicés).

Le Hanu Berarilor est un magnifique restaurant aux murs aux bois sculptés et aux fenêtres composées de vitraux.

Le Caru’cu Bere (« la charrette à bière ») est un établissement de conte de fée,  mélange de taverne bavaroise et de style néogothique anglais.L’auberge de Manuc dans le Vieux Centre est le plus vieux bâtiment servant une nourriture traditionnelle, savoureuse et réconfortante.

The Harbour propose une nourriture traditionnelle en abondance.

La vie nocturne est très animée à Bucarest. Le centre-ville regorge de bars et de clubs branchés. Certains pubs sont installés dans de vieilles bâtisses rénovées. Dianei 4 est un pub bohème situé dans une vieille maison. De nombreux clubs organisent des fêtes en sous-sol. Le Control est l’un des clubs souterrains les plus branchés de la ville. Les Bucarestois adorent faire la fête et accueillent avec plaisir les étrangers.

Les environs immédiats de Bucarest

A l’extérieur de Bucarest, le parc naturel de Comana, la plus grande zone protégée du pays, est une destination très prisée par les Bucarestois. À moins d’une heure de route du centre-ville, on peut se promener, faire du vélo, pêcher ou boire un verre de vin dans le restaurant au bord du lac.

Le long de la route qui va de Bucarest au parc de Comana, on peut observer de nombreux petits villages. En particulier, on trouve le monastère de Comana construit en 1461 par Vlad l’Empaleur, certains disant que ses restes s’y trouvent.

A 180 km de Bucarest, le Château de Bran est associé dans la mémoire collective à Vlad III l’Empaleur, même s’ il n’y a probablement jamais séjourné.

Candidate pour être capitale de la culture en Europe en 2021, Bucarest, petit Paris des Balkans, très attachée à son histoire, offre une architecture éclectique (néoclassique, Art nouveau, Bauhaus , faux baroque, …) et un dynamisme culturel, artistique et économique qui méritent de s’y rendre quelle que soit la saison.

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