NOTRE DAME DE PARIS : l’histoire d’une admirable miraculée

La cathédrale Notre-Dame de Paris ou Notre-Dame fut durant de longs siècles l’une des plus grandes cathédrales d’Occident. Monument emblématique de Paris et de la France, elle était le monument le plus visité de Paris et d’Europe (14 millions de visiteurs)jusqu’à l’incendie du 15 avril 2019.

Commencée sous l’impulsion de l’évêque Maurice de Sully en 1163, sa construction va s’étaler sur près de deux siècles jusqu’au milieu du XIVe siècle. Après la tourmente révolutionnaire, la cathédrale va connaître de 1844 à 1864 une importante restauration sous la direction de l’architecte Viollet-le-Duc. Le 15 avril 2019, un violent incendie détruit la quasi totalité de la toiture de la nef, du chœur et du transept, ainsi que la flèche de la cathédrale.


Au début de l’ère chrétienne, il existait à son emplacement actuel un temple païen gallo-romain dédié à Jupiter remplacé par une église paléochrétienne du IVe siècle remaniée en basilique mérovingienne, puis en cathédrale carolingienne, et enfin en cathédrale romane. Trop petite pour accueillir la population croissante de Paris, l’évêque Maurice de Sully décide en 1161 la construction d’un sanctuaire plus vaste doté d’une architecture gothique.

Le pape Alexandre III pose la première pierre en présence du roi Louis VII en 1163.L’essentiel des travaux se fait alors sous la direction de l’évêque Maurice de Sully puis de son successeur Odon de Sully.

  • De 1163 à 1182, le chœur et ses deux déambulatoires sont construits
  • De 1182 à 1190, c’est au tour des quatre dernières travées de la nef, des bas-côtés et des tribunes.
  • 1190-1225, vient l’édification de la base de la façade et des deux premières travées de la nef.

De 1225 à 1250, la partie haute de la façade, les deux tours et les chapelles latérales de la nef sont construites.

En 1250, sous le règne de Saint Louis, la cathédrale est enfin terminée et totalement opérationnelle. Il enrichit son trésor avec de très précieuses reliques.

Les phases ultérieures consistent en des additions, des embellissements, des réparations ou des modifications.

De 1250 à la moitié du XIVe siècle, les parties romanes sont reconstruites, le transept est allongé au nord puis au sud. La façade nord du transept, sa superbe rosace, les chapelles et la porte rouge sont bâties. De 1318 à 1344, les admirables arcs-boutants du chœur d’une portée de 15 m ainsi que la clôture du chœur sont achevés.

Durant la Renaissance,  les piliers, les murs et arcades sont recouverts d’immenses tapisseries et tentures ; les nefs de statuaire et d’œuvres d’art baroque.

En 1625, la fontaine du Parvis Notre-Dame est édifiée pour fournir en eau potable les habitants de l’Île de la Cité.

En 1699, Louis XIV fait opérer de profondes transformations dans la décoration intérieure de la cathédrale, en particulier au niveau du chœur. De nouvelles stalles sont réalisées, ainsi qu’un nouveau maître-autel et des statues.En 1756, les vitraux du Moyen Âge sont détruits et remplacés par du verre blanc.

Au cours de la Révolution française, les têtes de la galerie des Rois de la façade assimilés aux rois de France sont décapitées tout comme les grandes statues des portails, à l’exception de la Vierge du trumeau du portail du Cloître. Par décret du 10 novembre 1793, la cathédrale devient un temple de la Raison. Le  maître-autel est transformé en autel de la déesse Raison et le culte catholique interdit à Paris. La cathédrale est par la suite transformée en entrepôt.

Rendue au culte en 1802, Napoléon Bonaparte y est sacré empereur des Français, en présence du pape Pie VII, après quelques réfections d’urgence (édifice blanchi à la chaux ou dissimulé sous des décors).

En 1830, la cathédrale est dans un tel état de délabrement que les responsables de la ville envisagent de la détruire.  Des émeutiers anti-légitimistes pillent la sacristie et son trésor, brisent les vitraux et dévastent l’archevêché.

Victor Hugo, admirateur de l’édifice, écrit alors son roman Notre-Dame de Paris (1831) pour sensibiliser le grand public à cet exceptionnel patrimoine. Grâce à l’énorme succès du roman, il réussit à créer un large mouvement populaire en faveur de la cathédrale et à sauver le chef-d’œuvre d’un destin funeste.

Le ministre des Cultes de l’époque décide d’un grand programme de restauration qu’il confie à Jean-Baptiste Antoine Lassus et Eugène Viollet-le-Duc.

De 1845 à 1864, la cathédrale va être consolidée, restaurée, dotée de l’ornementation sculpturale détruite en s’inspirant ou en copiant des œuvres de la même époque.

D’impressionnantes chimères dessinées par Viollet le Duc vont être positionnées sur le haut des façades.

Lors de la Commune de 1871, l’édifice est proche de l’anéantissement. Des émeutiers mettent le feu à des bancs et des chaises, mais heureusement l’incendie est vite maîtrisé.

Passant les deux guerres mondiales sans problème notable, elle accueille les funérailles de plusieurs présidents de la IIIe République (Adolphe Thiers, Sadi Carnot, Paul Doumer). C’est aussi sous ses voûtes qu’est chanté un Magnificat lors de la libération de Paris en 1944 et qu’ont lieu des cérémonies lors de la mort des présidents Charles de Gaulle (1970), Georges Pompidou (1974) et François Mitterrand (1996).

Après guerre, les fenêtres hautes de la nef et les rosaces à alvéoles des tribunes sont garnies de vitraux colorés, la pierre extérieure de la cathédrale noircie par les siècles retrouve sa pureté et une blancheur supposée d’origine.

À l’occasion du jubilé du 850e anniversaire de la cathédrale en 2013, des travaux d’envergure sont menés dans la cathédrale pour marquer son entrée dans le XXIe siècle (éclairages de la nef restaurée, grand orgue informatisé, ses 12 000 tuyaux nettoyés et un système de prévention des incendies mis en place…). Les tours de Notre-Dame sont garnies de neuf nouvelles cloches, dont un bourdon, donnant ainsi un nouvel ensemble campanaire semblable à celui du Moyen Âge.

La pollution causant des chutes de gargouilles et la ruine de pinacles, cela conduit en 2017 l’archevêché à lancer un appel aux dons pour réparer la flèche, la sacristie et consolider les arcs-boutants du chevet jusqu’à l’incendie du 15 avril 2019 …

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