LE MARAIS : un quartier historique dynamique et attachant

Le Marais est un quartier parisien historique délimité par la rue Beaubourg, le boulevard Beaumarchais,  la rue de Bretagne, les quais de la Seine et le boulevard Henri IV. Vaste espace marécageux à l’origine, il est devenu au fil du temps un des quartiers les plus riches architecturalement, économiquement et culturellement.

Son histoire

À l’origine, le Marais était une zone inondable sur la rive droite de la Seine comprise entre un bras mort de la rivière situé à hauteur des grands boulevards actuels et la Seine. Traversée d’ouest en est par la voie romaine (la rue Saint-Antoine), cette zone comportait des buttes insubmersibles sur lesquelles étaient implantées les églises mérovingiennes Saint-Gervais et Saint-Paul.

Dès le IXe siècle, la zone marécageuse fut constituée de pâturages et mise en culture au XIIe siècle. Le secteur se développa tout d’abord autour de la place de Grève, de son port et de son marché.PL-de-greve.jpg

L’ordre du Temple fit construire en 1240 un prieuré entouré de murailles, à l’extérieur de l’enceinte de Philippe Auguste (square du Temple actuel). Un lotissement du nom de Ville Neuve du Temple, allant du prieuré jusqu’à l’enceinte de Philippe Auguste, fut réalisé et plusieurs établissements religieux s’y installèrent (couvents des Blancs-Manteaux, des Billettes, prieuré Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers).Ville_Neuve_du_Temple2.jpg

Au milieu du XIIIe siècle Charles d’Anjou, roi de Sicile et frère de saint Louis y fit construire son hôtel particulier.

Suite à l’incident de l’invasion du palais de la Cité par les bourgeois menés par Étienne Marcel en 1358 où plusieurs des conseillers de Charles V furent égorgés, ce dernier fit aménager l’hôtel Saint-Pol composé de quatre hôtels rachetés successivement ainsi que  l’hôtel des Tournelles qui devint la seconde résidence royale. Il n’en reste plus aucun vestige aujourd’hui.

À la fin de la guerre de Cent Ans, la forte croissance démographique entraîna la reconstruction et l’agrandissement des églises paroissiales (Saint-Gervais, Saint-Merry, Saint-Nicolas-des-Champs) dans un style gothique flamboyant.

En 1543, François Ier ordonna de lotir l’ancien hôtel Saint-Pol. Au décès de son époux Henri II lors d’une joute en 1559, Catherine de Médicis abandonna l’hôtel des Tournelles qui fut démoli à l’instar de l’hôtel Saint-Pol. Quant aux religieux de Sainte-Catherine, ils firent lotir leur Couture (hôtel Carnavalet, hôtel Barbette).Villeneuve_du_Temple_vers_1550.png

Plusieurs grandes familles firent construire leurs hôtels dans le quartier (Montmorency, Guise, Lorraine, Angoulême).

La couverture de l’égout des Tournelles en 1560 (rue de Turenne) contribua à l’urbanisation du quartier.

Au début du XVIIe siècle, de nombreux hôtels furent édifiés rue des Archives, rue Charlot, rue Vieille du Temple, de taille moyenne ou modeste destinés à la noblesse de robe, aux financiers et aux entrepreneurs enrichis par la spéculation. La noblesse demeura près de la place Royale : hôtels de Mayenne, d’Angoulême (hôtel de Lamoignon), de Châlons-Luxembourg, d’Aumont, de Rohan (place Royale)…

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