BASSIN D’ARCACHON : la « petite mer » sous pression démographique et climatique

Des activités économiques liées à la mer

Au fil des siècles, l’homme s’est peu à peu approprié le Bassin et son environnement. C’est au XVIIIe siècle que sont conçus les marais salants modernes, notamment par le marquis de Civrac, bien que leur période faste remonte au Moyen-Âge, lorsque des marais plus rudimentaires occupaient une grande partie du Bassin.

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, pêcheurs, résiniers et bergers rythmaient la vie économique locale.

L’ostréiculture s’est développée au XIXe siècle avec la mise au point de la collecte de naissain sur tuile chaulée. Initialement, « la gravette », l’huître plate d’Arcachon était la variété commune du bassin. En 1920, décimée, elle fut remplacée par l’huître «portugaise » qui à son tour disparut en 1970 victime d’une épizootie. Une huître « japonaise » lui succèda alors.

Le bassin d’Arcachon produit environ 18 000 t par an d’huitres sur près de 1 800 ha.

Sur le bassin d’Arcachon, quatre crus d’huitres existent correspondant à leurs situations géographiques d’élevage dans le bassin, le goût des huîtres étant fonction de la nourriture (plancton) prélevée dans le milieu naturel :

  • les huîtres du banc d’Arguin ont une saveur sucrée, lactée et marine.
  • les huîtres de l’île aux Oiseaux offrent un caractère puissant avec des arômes végétaux et minéraux.
  • les huîtres du Cap-Ferret ont des arômes délicats de légumes frais et d’agrumes.
  • les huîtres du Grand Banc ont des saveurs de fruits blancs et de noisettes grillées.

Le bassin d’Arcachon est le plus grand centre naisseur ostréicole européen (3 milliards de jeunes huîtres).

Il faut néanmoins noter depuis 2000 une baisse constante de la production ostréicole, un quart des exploitations ayant disparu. Le stock de coquillages est passé de 80 000 à 100 000 tonnes dans les années 1990 à 37 000 tonnes en 2012.arcachon-basin-2736099_960_720

Du fait du réchauffement climatique, la période de reproduction s’allonge. Concentrée au mois de juillet et aout au siècle dernier, elle débute aujourd’hui en juin pour se terminer en septembre, passant de 7 à 14 semaines. La production de naissains a ainsi augmenté de 50% au XXIe siècle par rapport au XXe siècle. L’huître semble profiter du changement climatique, malgré la multiplication alarmante de pathogènes responsables de fortes mortalités durant la dernière décennie.

Sur le plan touristique, dès 1823, Legallais, l’un des premiers hôteliers d’Arcachon, rencontre un beau succès offrant de fortifier la santé de ses hôtes en prenant des bains de mer. Le véritable développement du tourisme va coïncider avec l’arrivée du chemin de fer en 1841. Grâce au train, Arcachon va devenir à la Belle Époque une station balnéaire à la mode.

Les frères Péreire y feront bâtir des villas sur le front de mer, des hôtels et le casino. Ils aménageront ensuite le quartier de la Ville d’hiver à l’abri du vent. Aujourd’hui, le Bassin accueille environ 250 000 touristes en haute saison.

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