FRANÇOISE GIROUD : citations d’une femme libre

Françoise Giroud, née Lea France Gourdji le à Lausanne, en Suisse, et morte le à l’Hôpital américain de Paris, à Neuilly-sur-Seine, est une journaliste, écrivaine et femme politique française.

Son pseudonyme de Françoise « Giroud », quasi anagramme de Gourdji, que lui avait inventé Maurice Diamant-Berger pour travailler à la radio vers 1938, fut officialisé par un décret paru au Journal officiel le 12 juillet 1964.

Vice-présidente du Parti radical et de l’UDF, elle a été deux fois secrétaire d’État et fut une personnalité majeure de la presse française.

A 20 ans, un mois me paraissait long, aujourd’hui il s’évanouit à peine entamé. Il y a autant de temps qu’il y a d’âges.
A travailler on s’ennuie moins qu’à s’amuser.
Agir, c’est se protéger.
Ainsi commence le fascisme. Il ne dit jamais son nom, il rampe, il flotte, quand il montre le bout de son nez, on dit : C’est lui ? Vous croyez ? Il ne faut rien exagérer ! Et puis un jour on le prend dans la gueule et il est trop tard pour l’expulser.
Bien vieillir, en littérature, c’est ce qu’il y a de plus difficile.
Bonheur : faire ce que l’on veut et vouloir ce que l’on fait.
C’est important, la musique… La seule chose qui fédère les jeunes gens. Une sorte d’espéranto.
C’est la nécessité de combattre qui semble oubliée… ce qui domine semble être la certitude tranquille d’un progrès en marche…
C’est parce que nous avons terriblement besoin de Dieu que nous l’inventons…
C’est voluptueux, de ranger ; mais c’est tuant.
Ce n’est pas la peine d’avoir du talent à la cinquième ligne si le lecteur ne dépasse pas la troisième.
Ce qui est fascinant, avec l’argent boursier, c’est que, lorsqu’on le perd, en cas de baisse, par exemple, il se volatilise, il ne va dans la poche de personne. D’une certaine façon, c’est poétique.
Connu ou pas, talentueux ou besogneux, un auteur est toujours un sac de nerfs.
Dieu que les Français aiment donc les règlements ! Ils en mettent partout, même là où ils n’ont rien à faire : dans la littérature.
Garçon ou fille, homme ou femme, il n’y a que des individus fiables ou non.
Il n’y a pas de guerre sans morts.
Il y a des abîmes d’où personne ne peut vous sortir.
J’ai toujours pensé que les salaires devaient s’établir en raison inverse de l’intérêt que l’on prend à son travail.
Je ne crois pas à l’importance de ce que je fais, mais je crois important de savoir ce que je fais.
Je ne crois pas que la justice règne jamais parce que l’injustice n’est pas dans les lois, elle est en chacun de nous.
Je viens d’être affrontée au Mal ; je n’ai pas encore saisi l’existence de cette chose qui s’appelle la société. Grandir, c’est découvrir que son clan, ses habitudes d’hygiène, d’habitation, ses parents, ses vêtements, son langage, son quartier, sont propres à un groupe d’individus – disons à un milieu – et que personne n’est comme tout le monde.
L’amour devenu sans objet n’entretient aucun foyer de lumière.
L’élégance est toujours noire.
L’indifférence est une infirmité de l’esprit et du coeur.
La féminité n’est pas une incompétence. Elle n’est pas non plus une compétence.
La jeunesse est courte. C’est la vie qui est longue…
La politique, c’est cela : avoir une vision et agir pour qu’elle se réalise.
La prostitution est un phénomène masculin.
La situation la plus insupportable n’est pas le malheur subi, c’est le malheur imaginé.
La télévision n’est pas le reflet de ceux qui la font, mais de ceux qui la regardent.
Le bonheur ne se cherche pas : on le rencontre. Il n’est que de savoir le reconnaître et de pouvoir l’accueillir.
Le chômage est comme une marée noire qui recouvre l’herbe verte, là où elle a poussé.
Le désir n’a jamais fait la preuve de l’existence de l’objet du désir.
Le discours, c’est ce qui distingue la personne humaine de l’animal et le démocrate de la brute.
Le jour où un adolescent s’aperçoit qu’il est marqué, que les autres le voient avec une étiquette au front -sa classe, sa religion, éventuellement sa race, le métier de son père, son vocabulaire – et que tout le monde ne porte pas la même étiquette, il prend acte de l’existence de la société et de la place où il s’inscrit dans cette société. C’est son premier geste politique, et parfois le dernier. Geste passif. Il ne choisit pas, il apprend qu’il a été choisi, et dans la géographie de la société, il repère sommairement sa position, ses amis, ses adversaires.

 

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