Pierre Dac : pensées, Schmilblick et vie de l’humoriste

De son vrai nom André Isaac, Pierre Dac est un humoriste et comédien français, né le 15 août 1893 à Châlons-sur-Marne et mort le 9 février 1975 à Paris. Inventeur du Schmilblick, fondateur de L’Os à moelle et voix de la Résistance sur Radio Londres, Pierre Dac s’est lui-même proclamé « roi des loufoques ». Voici sa vie, son œuvre et 98 pensées de Pierre Dac, classées par thème, qui ont inspiré des générations d’humoristes.

Qui était Pierre Dac ?

Chansonnier, pionnier de l’humour radiophonique, journaliste, résistant et auteur de pensées devenues cultes, Pierre Dac a inventé en France une forme d’absurde dont se réclameront plus tard Pierre Desproges, Coluche et bien d’autres. Pince-sans-rire, il manie avec la même gravité les calembours, les aphorismes et les raisonnements délirants.

  • Nom de naissance : André Isaac ; il porte officiellement le nom de Pierre Dac à partir du 17 février 1950.
  • Naissance : le 15 août 1893, à Châlons-sur-Marne (aujourd’hui Châlons-en-Champagne).
  • Décès : le 9 février 1975, dans le 17e arrondissement de Paris.
  • Distinctions : chevalier de la Légion d’honneur et croix de guerre avec palmes, en 1946.
  • Hommage : une rue Pierre-Dac existe à Paris depuis 1995, près de l’avenue Junot où il habitait, dans le 18e arrondissement.

Du chansonnier au roi des loufoques

Pierre Dac fait ses débuts de chansonnier en octobre 1922, dans les cabarets parisiens. Il y développe un humour fondé sur le décalage permanent entre une forme très sérieuse et un contenu totalement délirant.

Dans les années 1930, il devient l’un des pionniers de l’humour à la radio, avec des émissions comme « La Société des Loufoques » et « La Course au trésor ». Il popularise à cette époque le mot « loufoque », formé à la manière du louchébem, l’argot des bouchers parisiens et lyonnais, cousin du verlan et du javanais : « fou » y devient « loufoque ».

L’Os à moelle, le journal le plus loufoque de France

Le 13 mai 1938, il fonde « L’Os à moelle », un hebdomadaire humoristique dont les ventes atteignent 400 000 exemplaires. On y trouve des éditoriaux, de faux grands reportages et surtout de célèbres « petites annonces » qui n’appellent aucune réponse. Parmi les collaborateurs figurent le chansonnier Robert Rocca et les dessinateurs Jean Effel et Roland Moisan.

Le journal cesse de paraître avec son numéro 109, le 7 juin 1940, à l’approche de l’armée allemande. Pierre Dac aurait commenté : « C’est une réaction chimique bien connue, L’Os à moelle se dissout au contact du vert-de-gris. » Il fera revivre le titre sous la forme de « L’Os libre » de 1945 à 1947, puis de nouveau entre 1964 et 1966, avec de jeunes talents comme René Goscinny et Jean Yanne.

Pierre Dac, voix de la Résistance sur Radio Londres

Conscient très tôt du danger nazi, Pierre Dac veut rallier la France libre dès 1940. Il passe dix-huit mois dans les prisons espagnoles avant de rejoindre Londres. À partir d’octobre 1943, il intervient au micro de la BBC dans l’émission « Les Français parlent aux Français », où il écrit plus de quatre-vingts éditoriaux et chansons contre Pétain, les collaborateurs et l’occupant.

Le 10 mai 1944, sur Radio-Paris, le propagandiste de Vichy Philippe Henriot l’attaque en évoquant ses origines juives et demande ce que la France peut bien signifier pour lui. Dès le lendemain, Pierre Dac lui répond par un texte devenu célèbre, « Bagatelle sur un tombeau ». Il y rappelle que son frère Marcel, tombé au front pendant la Première Guerre mondiale, repose sous l’inscription « Mort pour la France », et prédit que sur la tombe d’Henriot on écrira « Mort pour Hitler, fusillé par les Français ». Henriot est abattu par la Résistance quarante-huit jours plus tard. Ce texte est aujourd’hui étudié dans les écoles.

À la Libération, il rentre à Paris et épouse, le 25 octobre 1944, sa compagne Dinah Gervyl.

Le duo Pierre Dac et Francis Blanche

Après la guerre, Pierre Dac rencontre Francis Blanche, qui devient son « fils spirituel ». Ensemble, ils forment l’un des duos comiques les plus célèbres de l’après-guerre :

  • « Sans issue ! » et « 39°5 » au théâtre des Trois Baudets, ce dernier joué plus de 400 fois à partir de 1949 ;
  • « Malheur aux barbus », feuilleton radiophonique de 213 épisodes diffusé en 1951 et 1952 sur Paris Inter ;
  • « Signé Furax », reprise de ces aventures sur Europe 1 de 1956 à 1960, en 1 034 épisodes, souvent présenté comme le feuilleton le plus écouté de l’histoire de la radio ;
  • « Le Sâr Rabindranath Duval » (1957), sketch culte du faux fakir aux pouvoirs de divination.

Entre 1965 et 1974, avec Louis Rognoni, il crée aussi pour France Inter « Bons baisers de partout », parodie des séries d’espionnage en 740 épisodes.

Le Schmilblick et le MOU, les inventions de Pierre Dac

En 1947, Pierre Dac invente le Schmilblick, un objet « rigoureusement intégral, qui ne sert absolument à rien et peut donc servir à tout ». Le mot a connu une seconde vie avec un jeu télévisé de la fin des années 1960, parodié par Coluche, et l’expression « faire avancer le schmilblick » est restée dans la langue courante.

Le 11 février 1965, lors d’une conférence à l’Élysée-Matignon, il se déclare candidat à la première élection présidentielle au suffrage universel sous l’étiquette du MOU, le Mouvement ondulatoire unifié, avec pour devise « Les temps sont durs, vive le MOU ! ». Le Tout-Paris applaudit le canular. En 1972, trois ans avant sa mort, il publie ses « Pensées », qui touchent une nouvelle génération.

Les meilleures pensées de Pierre Dac

Voici 98 pensées et formules de Pierre Dac, classées par thème. La plupart figurent dans ses recueils, ses petites annonces ou ses textes radiophoniques ; quelques-unes circulent sous son nom sans source précise.

Logique absurde et non-sens

  • « Avec de la méthode et de la logique on peut arriver à tout aussi bien qu’à rien. »
  • « Avec le mot “si” on peut faire tout ce qu’on ne peut pas faire. »
  • « C’est quand on a raison qu’il est difficile de prouver qu’on n’a pas tort. »
  • « Ce n’est pas en tournant le dos aux choses qu’on leur fait face. »
  • « Ce qui n’est ni fait ni à faire doit être fait. »
  • « Ceux qui ne savent pas où ils vont sont surpris d’arriver ailleurs. »
  • « Ceux qui pensent à tout n’oublient rien et ceux qui ne pensent à rien font de même puisque ne pensant à rien ils n’ont rien à oublier. »
  • « Il est quelquefois préférable de ne pas savoir ce qu’on dit que de dire ce qu’on ne sait pas. »
  • « Il faut une infinie patience pour attendre toujours ce qui n’arrive jamais. »
  • « Il ne faut pas se fier aux choses qui ne peuvent pas arriver, car c’est justement celles-là qui arrivent. »
  • « Il vaut mieux ne rien avoir que d’avoir des choses qui ne servent à rien. »
  • « Il vaut mieux qu’il pleuve un jour comme aujourd’hui, plutôt qu’un jour où il fait beau. »
  • « L’avenir, c’est du passé en préparation. »
  • « L’avenir de Monsieur est devant lui, et il l’aura dans le dos chaque fois qu’il fera demi-tour. »
  • « La mémoire, c’est du souvenir en conserve. »
  • « Le présent, c’est la fraction de temps qui sépare le passé de l’avenir. Poil au souvenir. »
  • « La prévision est difficile, surtout lorsqu’elle concerne l’avenir. »
  • « Une fausse erreur n’est pas forcément une vérité vraie. »
  • « Pour voir loin, il faut y regarder de près. »
  • « La véritable modestie consiste toujours à ne jamais se prendre pour moins ni plus que ce qu’on estime qu’on croit qu’on vaut ni pour plus ni moins que ce qu’on évalue qu’on vaut qu’on croit. »
  • « Un sens interdit, en somme, ce n’est qu’un sens autorisé, mais pris à l’envers. »

Jeux de mots et calembours

  • « C’est en forgeant qu’on devient forgeron et c’est en sciant que Léonard devint scie ! »
  • « Le proverbe empirique qui dit : “C’est en forgeant qu’on devient forgeron” est un proverbe de vérité, car il est plutôt rare, en effet, qu’en forgeant, un forgeron devienne petit télégraphiste ou mannequin de haute couture. »
  • « C’est quand les accents graves tournent à l’aigu que les sourcils sont en accents circonflexes. »
  • « C’est ce qui divise les hommes qui multiplie leurs différends. »
  • « Complètement fauché, j’accepterais une place d’homme de paille. »
  • « Il est plus facile de trouver un portefeuille sans ministre qu’un ministre sans portefeuille. »
  • « Il n’y a rien de plus difficile à consoler qu’un paysage désolé. »
  • « Il est tout de même étrange que le mot affection signifie aussi bien attachement, amitié et tendresse que maladie grave, aiguë ou chronique. »
  • « On dit d’un accusé qu’il est cuit quand son avocat n’est pas cru. »
  • « Quand on est trop bonne pâte, on risque de finir dans le pétrin ! »
  • « Si la matière grise était plus rose, le monde aurait moins les idées noires. »
  • « Tout penseur économe de ses pensées est un penseur de radin. »
  • « La seule véritable bête de somme, c’est la mouche tsé-tsé. »
  • « Dans un centre plus ou moins hospitalier, le patient qui attend un calmant qui tarde à venir a parfois bien du mérite à l’être. »

Fausse science et vérités loufoques

  • « D’après Euclide, le carré est un quadrilatère dont les quatre angles sont droits et les quatre côtés égaux. D’après Sophicléide, le carré est un triangle qui a réussi ou une circonférence qui a mal tourné. »
  • « Le chemin le plus court d’un point à un autre est la ligne droite, à condition que les deux points soient bien en face l’un de l’autre. »
  • « Le chaînon manquant entre le singe et l’homme, c’est nous. »
  • « Le mouvement des marées et le mouvement des capitaux sont les deux mamelles du mouvement perpétuel. »
  • « Il est plus facile de faire sortir le dentifrice du tube que de l’y faire rentrer. »
  • « Il est plus facile d’attraper les oreillons par contagion qu’un moustique au lasso par occasion et par surprise. »
  • « Pour trouver une aiguille dans une botte de foin, c’est facile : brûlez la botte et l’aiguille apparaîtra. »
  • « C’est pendant la canicule qu’il faut s’habiller le plus chaudement possible. Cela permet d’avoir ensuite, quand on se déshabille, une impression de fraîcheur et de bien-être incomparable. »
  • « Les rêves ont été créés pour qu’on ne s’ennuie pas pendant le sommeil. »
  • « La cravate est un accessoire permettant d’indiquer la direction du cerveau de l’homme. »
  • « Une infusion de vérité, c’est ce qu’il y a de meilleur pour faire digérer la science. »
  • « C’est en voulant connaître toujours davantage qu’on se rend compte qu’on ne sait pas grand-chose. »

Petites annonces et conseils pratiques

  • « Concierge souhaite une loge au sixième étage pour descendre le courrier au lieu de le monter. »
  • « Échangerait femme de 40 ans contre deux de 20 ans. »
  • « Cyclistes, fortifiez vos jambes en mangeant des œufs mollets. »
  • « Greffez des plants de rosiers sur des plants de vigne, ça fera du vin rosé naturel. »
  • « Si l’on donnait du café aux vaches, on trairait du café au lait. »
  • « Si vous avez perdu au tiercé, vengez-vous. Mangez du cheval. »
  • « Je voudrais travailler dans un magasin de rêve où l’on ne vendrait que des choses imaginaires. »
  • « De tous les arts, l’art culinaire est celui qui nourrit le mieux son homme. »
  • « Le plat du jour, c’est bien, à condition de savoir à quel jour remonte sa préparation. »
  • « Il y en a qui sont faits pour commander et d’autres pour obéir. Moi je suis fait pour les deux : ce midi, j’ai obéi à mes instincts en commandant un deuxième pastis. »

L’argent et les affaires

  • « Bien mal acquis ne profite jamais qu’à ceux qui sont assez malins pour ne pas se faire épingler. »
  • « Ceux qui sont couverts d’or ne sont pas forcément immunisés contre le risque d’être désargentés un jour ou l’autre. »
  • « Dans notre société de consommation et d’épargne, un homme qui a de l’argent est un homme considéré. Un homme qui n’en a pas est également un homme considéré, mais lui, comme un pauvre type. »
  • « Dédaigner l’argent, c’est faire preuve de désintéressement, surtout quand il s’agit de celui qu’on doit. »
  • « Ne pas rendre son argent à celui qui vous l’a prêté, c’est croire à un don du ciel. »
  • « L’argent des uns n’a jamais fait le bonheur des autres. »
  • « L’économie politique, c’est, en définitive, l’art de faire circuler l’argent tout en le gardant pour le dépenser. »
  • « La devise des hommes d’affaires plus ou moins scrupuleux est : savoir toujours assez bien nager pour n’avoir jamais à trop se mouiller. »
  • « Dans le monde affairiste du show-business, il n’est pas nécessaire d’être bon musicien pour bien connaître la musique. »
  • « Si la fortune vient en dormant, ça n’empêche pas les emmerdements de venir au réveil. »
  • « Celui qui dans la vie est parti de zéro pour n’arriver à rien dans l’existence n’a de merci à dire à personne. »
  • « Dans la lutte pour la vie, celui qui est à bout de souffle, à bout d’arguments, à bout de moyens et à bout de tout n’est heureusement et par contre pas au bout de ses peines. »

Politique et société

  • « La devise du vrai politicien, c’est bon à tout, propre à rien. »
  • « Géométrie politique : le carré de l’hypoténuse parlementaire est égal à la somme de l’imbécillité construite sur ses deux côtés extrêmes. »
  • « Les extrêmes des partis politiques peuvent mener aux pires extrémités. »
  • « Il est démocratiquement impensable qu’en République il y ait encore trop de gens qui se foutent royalement de tout. »
  • « Il n’est rien de tel qu’un peuple sincère pour défendre la paix par les armes. »
  • « Quand les grands de ce monde commettent une faute, ce sont les petits qui paient. »
  • « La discipline est la force de ceux qui ne savent pas se faire obéir sans commander. »
  • « L’École normale supérieure, ou Normal Sup, ne prend son sens véritable que par rapport à l’École anormale inférieure, ou Anormal Inf, d’où sont sortis les lauréats du génocide, du racisme et du totalitarisme. »
  • « La télévision est faite pour ceux qui, n’ayant rien à dire, tiennent absolument à le faire savoir. »

La vie, le travail et le temps qui passe

  • « C’est fatigant de voir les autres se reposer. »
  • « Pourquoi essayer de faire semblant d’avoir l’air de travailler ? C’est de la fatigue inutile ! »
  • « Celui qui ouvre la bouche manque toujours une bonne occasion de se taire. »
  • « Écouter les autres, c’est encore la meilleure façon d’entendre ce qu’ils disent. »
  • « Les leçons ne servent généralement qu’à ceux qui les donnent. »
  • « La façon de remercier dépend de ce que l’on reçoit. »
  • « La recette d’un bon discours, c’est une très bonne introduction, une très bonne conclusion, et les deux les plus rapprochées possible. »
  • « S’il faut tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler, combien de fois ne faut-il pas tourner autour d’un pâté de maisons pour trouver une place pour ranger sa voiture. »
  • « Qui ne dit rien consent, mais qui consent à tout sans rien dire est une belle lavette, un bon à tout et un propre à rien. »
  • « J’adore les surprises et quand on ne m’en fait pas, je les provoque pour me les faire moi-même. »
  • « Le mieux est l’ennemi du bien, mais le pire est l’ami de l’excès. »
  • « Si nous ne voyions autour de nous que des gens joyeux, la gaieté finirait par devenir d’une tristesse désespérante. »
  • « Je connais un moyen de ne pas vieillir : c’est d’accueillir les années comme elles viennent et avec le sourire… un sourire, c’est toujours jeune. »
  • « Mourir en bonne santé, c’est le vœu le plus cher de tout bon vivant bien portant. »
  • « La mort n’est, en définitive, que le résultat d’un défaut d’éducation puisqu’elle est la conséquence d’un manque de savoir-vivre. »

L’amour et le couple

  • « L’amour platonique est à l’amour charnel ce que l’armée de réserve est à l’armée active. »
  • « Ceux et celles pour qui l’amour consiste uniquement à s’envoyer en l’air ont intérêt à ouvrir leur parachute pour freiner la descente. »
  • « On s’aperçoit qu’on s’aime le jour où l’on apprend qu’on ne pourra jamais plus s’aimer. »
  • « Ce n’est pas le tout d’être une femme du monde. Encore faut-il savoir de quel monde il s’agit. »
  • « La seule chose qu’on puisse tenir pour certaine quand une femme vous dit : “Je serai prête dans cinq minutes”, c’est qu’elle parle français. »

Un héritage qui traverse les générations

Plus d’un demi-siècle après sa disparition, l’humour absurde de Pierre Dac reste d’une étonnante modernité. Ses pensées sont régulièrement rééditées, notamment dans les anthologies de Jacques Pessis, et sa vie mouvementée a inspiré expositions et biographies.

  • Ses héritiers : Francis Blanche, Pierre Desproges, Coluche ou Jean Yanne ont prolongé son goût du non-sens, jusqu’aux sites parodiques d’aujourd’hui.
  • Ses mots : « loufoque » et « schmilblick » sont entrés dans le vocabulaire courant.
  • Sa mémoire : une rue de Paris porte son nom, et La Poste lui a consacré un timbre.

Questions fréquentes

Quel était le vrai nom de Pierre Dac ?

Il s’appelait André Isaac. Il a porté officiellement le nom de Pierre Dac à partir de 1950.

Qu’est-ce que le Schmilblick ?

C’est un objet imaginaire inventé par Pierre Dac en 1947, « rigoureusement intégral », qui ne sert à rien et peut donc servir à tout.

Quel rôle a joué Pierre Dac pendant la guerre ?

Résistant, il a rejoint Londres en 1943 après dix-huit mois de prison en Espagne, et a combattu la propagande de Vichy au micro de la BBC.

Avec qui Pierre Dac formait-il un duo ?

Avec Francis Blanche, avec qui il a créé « Signé Furax » et « Le Sâr Rabindranath Duval ».

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