ADAGES AGRICOLES : sélection de formules de « bon sens paysan »

Un adage est une énonciation courte facilement mémorisable, rendue crédible par son utilisation ancienne relatant un fait tiré d’une expérience considérée vraie par la majorité.

Les adages peuvent être des observations, des directives pratiques ou morales (préceptes) ou des commentaires sur la vie. Les adages issus de la sagesse folklorique ayant vocation à récapituler une vérité de base sont des proverbes. Un adage décrivant une règle générale de conduite est une « maxime ». Utilisé de façon abusive, un adage peut devenir un cliché ou un truisme.

Les adages dits agricoles tirent leur fondement de l’observation des cultures, de la vie des bêtes de ferme, de l’environnement ou des évènements climatiques. Le sens propre de ces adages prend souvent une portée plus large, appelé « le bon sens paysan ».

Nous en avons repris quelques uns ayant cours dans les campagnes françaises au milieu du XIXè siècle. 

 Aiguise ta faux, ton temps ne sera pas perdu. 
 Améliore ce que tu peux, n’attends pas une éternité pour faire tout à perfection. 
 Au chanvre, fort labour, au lin, fort hersage. 
 Avec la chaux terres renouvelées n’enrichiront que les têtes pelées. 
 Avec le blé se cueille et la paille et l’ivraie. 
 Beaucoup de paille, peu de grain. 
 Beaucoup de ruisseaux font une grande rivière. 
 Bien qui ne s’améliore bientôt se détériore. 
 Bon fourrage donne beaucoup de beurre. 
 Bon instrument fait double ouvrage. 
 C’est le froid qui laboure le mieux un terrain glaiseux. 
 Ce qu’on épargne en été revient fort bien en hiver. 
 Comme tu sèmeras tu moissonneras. 
 De paille une bonne poignée en donne deux de bon fumier ; cette quantité bien soignée en fait quatre pour le grenier. 
 De pique-bœufs il est plusieurs, et très peu de bons laboureurs. 
 Doublez votre fumier, vous doublez votre champ. 
 En terroir abrupte ou pendant, ne place jamais ton argent. 
 Faut semer l’avoine en courant, faut semer son orge en dormant. 
 Grasses routes, maigres champs. 
 II n’est pas tard quand le Ciel aide. 
 Il faut prendre garde aux petites dépenses plus encore qu’aux grandes. 
 Il faut semer avec la main et non avec le sac. 
 L’avoine de février remplit le grenier. 
 L’eau fait l’herbe. 
 L’étrille et la litière font encore plus de bien que le foin. 
 L’œil du maître fait plus que son bras. 
 La terre s’épuise par le blé et se repose par le pré. 
 La vigne, les haricots et le maïs n’ont jamais trop chaud. 
 Labour d’automne fume la terre presque pour la moitié. 
 Lave et nettoie tes porcs, ils vaudront dix fois plus. 
 Le boulanger fait le pain, mais le fumier fait le grain. 
 Le chanvre, le houblon, le colza et le maïs devraient être cultivés sur le tas de fumier. 
 Le fumier n’est pas saint, mais il fait des miracles. 

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