RELATIONS ENTRE SOEURS : de la rivalité à la complicité

soeurs

Navigant entre concurrence et connexion intime, les relations entre sœurs sont complexes et passionnelles. Il arrive malheureusement que cette relation privilégiée se brise sur un malentendu, une rivalité, une action déplacée ou mal-interprétée, un comportement parental inadapté. La réconciliation est souvent difficile, car elle nécessite de mettre les égos de côté et de faire table rase du passé. Pourtant, se reconnecter à une des personnes les plus proches de soi en vaut la peine.

Qu’est-ce que la sororité ?

Elle désigne à la foi le lien de sang, intime, qui lie les sœurs entre elles et leurs relations au quotidien.

Comment se façonnent ces relations ?

Passant d’un extrême à l’autre, ces relations, plus verbales que celles entre frères, sont très passionnelles, faites d’amour et de haine intense.

Elles se caractérisent par une rivalité exacerbée lorsqu’il s’agit d’attirer l’attention des parents. La psychologue Maryse Vaillant parle d’un « complexe des Pléiades », une variation du complexe d’Œdipe. « Les petites filles d’une même fratrie seraient amoureuses de leur père, et, rivaliseraient pour avoir son attention ».

Il est vrai que l’attitude des parents est déterminante pour équilibrer et réguler les relations en sœurs. Faire attention et être à l’écoute de chacune, ne pas les comparer ou les mettre en opposition est essentiel.

Certaines mères, aînées dans leur propre fratrie, favorisent leur fille aînée par identification inconsciente. De façon générale, l’attitude de la mère est clé. Une mère qui ne s’aime pas, rejette sa féminité, éprouvera des difficultés à être attentive aux petites rivalités entre sœurs. La « haine du féminin » peut d’ailleurs entraîner une haine entre sœurs. Une fille peut détester sa sœur parce qu’elle est une fille.

La position occupée dans la fratrie est importante. Les sœurs plus âgées peuvent mal vivre l’arrivée d’une plus jeune sœur qui va concentrer toutes les attentions.

Les relations entre sœurs évoluent avec l’âge.

Dans l’enfance, une fille peut considérer sa sœur aînée comme une rivale pour obtenir l’attention de ses parents. À l’approche de la puberté, la sœur peut devenir un guide du monde adolescent. Puis, la rivalité peut resurgir lorsque les corps des sœurs ne sont pas au même niveau de développement. L’une d’entre elles peut développer un complexe d’infériorité par rapport à l’autre, se comparant sans cesse à sa sœur. Quand les deux sœurs reçoivent des garçons, tout est parfois mis en œuvre pour dépasser l’autre. 

En vieillissant, lorsqu’il y a moins à prouver et que chacune fonde son propre foyer, la rivalité peut se transformer en complicité ou solidarité. Le fait d’avoir des enfants réunit souvent les sœurs avec néanmoins un risque de concurrence entre leurs enfants.

Les deux règles d’or de la fraternité restent bien de ne jamais emprunter les vêtements de sa sœur sans demander sa permission et de ne jamais s’intéresser à son ami.

Cependant, il existe des femmes qui demeurent dans la rivalité. La sœur jalouse qui ne veut pas grandir se maintient dans une position infantile, bloquée au stade de la revendication. Grandir c’est aussi passer de la rivalité à la solidarité. La rivalité, c’est la sœur jalouse de la petite sœur qui cherche la dispute. La solidarité, c’est la sœur bienveillante qui a dépassé le stade de la confrontation formatrice puis destructrice.

L’harmonie entre sœurs n’est pas une fin en soi. Les différences de personnalités et de choix ainsi que les opinons différentes sont de nature à provoquer des hauts et des bas dans la relation. En effet, la connaissance parfaite de l’autre, la franchise ne vont pas de pair avec des relations tièdes. Les sœurs sont des miroirs à travers lesquels chacune se reflète, avec ses joies et ses peines, ses travers et ses qualités. 

La sororité permet néanmoins de disposer d’un appui unique lorsqu’il s’agit de traverser des moments difficiles ou de découvrir l’envergure de la féminité.

Comment renouer une relation difficile ?

Se connaissant mieux que quiconque, les sœurs proches peuvent autant se soutenir que se blesser profondément.

Reconstruire une relation brisée avec sa sœur est souvent un défi, mais retrouver cette exceptionnelle proximité peut en valoir la peine.

Quelques conseils de base :

  • S’excuser des blessures causées :
    • Avoir une conversation pour éclaircir les causes des conflits, 
    • Discuter de ses sentiments,  
    • Trouver une solution aux défis futurs de la relation, 
    • Apprendre à s’accepter mutuellement, 
    • Transformer la jalousie en admiration,
    • Prendre en considération les qualités distinctes de chacune et essayer au maximum de composer avec ses différences.
  • Être patiente :

Ne pas se précipiter pour accepter les excuses ou redevenir proche. Même si les relations se réchauffent peu à peu, la relation prendra du temps pour redevenir forte. S’accorder quelques semaines.

  • Multiplier les petits gestes positifs pour matérialiser concrètement la réconciliation.

Les sœurs qui ont de bonnes relations sont plus heureuses, plus accomplies et plus épanouies dans leur vie. Avoir une sœur, c’est un peu comme avoir une meilleure amie pour la vie avec des hauts et des bas dans la relation…

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