Dieux grecs et romains : équivalences et attributions

Les dieux grecs et romains forment l’un des panthéons les plus riches de l’Antiquité. La mythologie grecque compte environ 30 000 divinités (dieux, déesses, demi-dieux et héros), certaines vénérées dans toute la Grèce, d’autres seulement localement. Les dieux grecs et romains sont en grande partie les mêmes : en assimilant la culture hellénique, Rome a confondu ses divinités avec celles de la Grèce, si bien que les dieux grecs et romains partagent les mêmes fonctions sous des noms différents.

À ses débuts, la mythologie romaine reposait surtout sur les mythes liés à l’histoire de Rome. Avec l’assimilation de la culture grecque, la plupart des divinités locales, très abstraites, furent oubliées ou confondues avec les dieux grecs, plus anthropomorphiques. Seuls quelques dieux « locaux » ont subsisté, comme Janus, dieu des ouvertures et protecteur des portes de Rome. Saturne fut assimilé à Cronos, et Quirinus, protecteur des agriculteurs, formait avec Mars et Jupiter la triade primitive romaine.

Qui sont les dieux grecs et romains ?

Selon la mythologie grecque, les divinités les plus importantes, appelées dieux et déesses de l’Olympe, à savoir Zeus (Jupiter), ses frères, sœurs et enfants, siégeaient sur le mont Olympe, le plus haut sommet de Grèce. Le canon olympien était limité à douze.

Ces dieux représentaient des forces de la nature (foudre, vent, feu…) ou des caractéristiques humaines (beauté, jalousie…). Immortels, ils avaient pourtant une naissance et une généalogie, ainsi que l’apparence, les traits de caractère et les comportements des humains. Ils vivaient cachés des mortels sur le mont Olympe, dont le sommet est souvent voilé par les nuages. Les récits de leurs multiples aventures constituent la mythologie grecque, dont les Romains s’inspireront pour fonder la leur.

Les douze dieux de l’Olympe

Les dieux grecs et romains et leurs équivalences

Les premiers écrits du VIIIe siècle av. J.-C. donnent, pour les Grecs, la liste canonique suivante :

  • Zeus, Héra, Poséidon, Athéna, Arès, Déméter, Apollon, Artémis, Héphaïstos, Aphrodite, Hermès et Dionysos.

Du temps de la Rome antique, la liste correspondante était :

  • Jupiter, Junon, Neptune, Minerve, Mars, Cérès, Apollon, Diane, Vulcain, Vénus, Mercure et Bacchus.

Hadès (Pluton), qui régnait sur le monde souterrain, ne pouvait siéger sur l’Olympe. Les Romains y ont inclus Vesta (Hestia en grec), divinité importante, Bacchus (Dionysos en grec) disparaissant alors de la liste.

Les attributions des principaux dieux grecs et romains

Les dieux intervenaient dans la vie des humains : leur culte visait à obtenir leur bienveillance ou à écarter leur colère. Dix d’entre eux ont toujours figuré parmi les douze de l’Olympe (le nom romain est indiqué en second) :

  • Zeus (Jupiter) : père des dieux et des hommes, dieu des dieux. Symboles : foudre, chêne, aigle, taureau, trône.
  • Héra (Junon) : déesse du mariage, des femmes et de la naissance, protectrice des épouses. Symboles : paon, génisse, sceptre, couronne.
  • Poséidon (Neptune) : dieu de la mer et des chevaux. Symboles : trident, char attelé, dauphin.
  • Athéna (Minerve) : déesse de la sagesse, de la raison et de la stratégie guerrière, protectrice d’Athènes. Symboles : égide, olivier, lance, casque, chouette.
  • Apollon (Apollon) : dieu du soleil, de la musique, du tir à l’arc, de la prophétie et de la guérison. Symboles : arc, lyre, flûte, laurier, corbeau, dauphin.
  • Artémis (Diane) : déesse de la chasse, de la nature sauvage et de la lune. Symboles : arc, carquois, croissant de lune, biche, ours.
  • Arès (Mars) : dieu de la guerre, des combats et des armes. Symboles : lance, casque, armure, bouclier, glaive, sanglier.
  • Aphrodite (Vénus) : déesse de l’amour et de la beauté.
  • Héphaïstos (Vulcain) : dieu du feu, de la forge et des métaux. Symboles : marteau, enclume, âne.
  • Hermès (Mercure) : dieu du commerce, des voyageurs et des voleurs, messager des dieux. Symboles : caducée, bourse, chapeau rond, sandales ailées.

Les deux dernières places, plus variables, revenaient à quatre autres divinités :

  • Déméter (Cérès) : déesse de la fertilité et de l’agriculture.
  • Hestia (Vesta) : déesse du foyer, du feu et de la maison.
  • Dionysos (Bacchus) : dieu de la vigne, du vin, des fêtes et du théâtre.
  • Hadès (Pluton) : dieu du monde souterrain et des Enfers.

L’héritage des dieux grecs et romains dans la langue française

Plusieurs siècles plus tard, les dieux gréco-romains marquent encore notre langue, nos jours de la semaine et les noms des planètes. Voici quelques divinités et les mots qu’elles ont laissés (nom grec, puis romain) :

  • Zeus / Jupiter : Jupiter (planète), jeudi, jovial, « sortir de la cuisse de Jupiter ».
  • Héra / Junon : juin.
  • Poséidon / Neptune : Neptune (planète), neptunium.
  • Arès / Mars : Mars (planète), mars (mois), mardi, martial ; en grec : Aréopage (la colline d’Arès).
  • Hermès / Mercure : Mercure (planète), mercredi, mercure (élément), mercantile, marchand ; en grec : hermétique.
  • Héphaïstos / Vulcain : volcan.
  • Dionysos / Bacchus : bacchanales.
  • Éros / Cupidon : érotique ; un cupidon.
  • Hélios / Sol : hélium, héliotrope, héliocentrique ; soleil, solaire.
  • Hypnos / Somnus : hypnose ; sommeil, somnambule, somnoler.
  • Cronos / Saturne : roi des Titans, père de Zeus, Hadès et Poséidon ; Saturne (planète), samedi, saturnisme, saturnales.
  • Ouranos / Uranus : divinité primordiale du Ciel ; Uranus (planète), uranium.
  • Chronos (le Temps personnifié) : chronique, chronologie, chronomètre.
  • Hébé / Juventas : déesse de la jeunesse ; éphèbe ; juvénile.
  • Héraclès / Hercule : héros aux douze travaux ; une force herculéenne, un travail d’Hercule.
  • Panacée : déesse qui soignait par les plantes ; la panacée.
  • Muses / Camènes : divinités des arts ; musique, musée, muse.
  • Érinyes / Furies : divinités de la vengeance ; fureur, être en furie.
  • Nymphes : divinités de la nature ; nymphéa, nénuphar.
  • Titans : divinités primordiales géantes ; titanesque, un travail de titan.
  • Sirènes : divinités qui ensorcelaient les navigateurs ; une sirène, un chant de sirène.
  • Éole : dieu du vent ; éolien.
  • Protée : dieu marin changeant ; protéiforme.
  • Typhon : monstre des divinités primordiales ; typhon.
  • Chaos : principe originel d’où sont issus les dieux et le monde ; le chaos. Chez les Romains, Janus a donné janvier.

Plusieurs siècles après l’Antiquité, les dieux gréco-romains impriment ainsi leur marque et leur influence culturelle sur les civilisations du bassin méditerranéen et bien au-delà.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre dieux grecs et romains ?

Ce sont le plus souvent les mêmes divinités, sous des noms différents : en assimilant la culture grecque, Rome a identifié ses dieux à ceux de la Grèce. Zeus devient Jupiter, Héra devient Junon, et ainsi de suite. Quelques dieux proprement romains, comme Janus, n’ont pas d’équivalent grec.

Combien y a-t-il de dieux de l’Olympe ?

Douze : c’est le canon olympien. Dix divinités en font toujours partie ; les deux dernières places étaient plus variables (Hestia, Déméter, Dionysos ou Hadès selon les époques).

Pourquoi Hadès ne siège-t-il pas sur l’Olympe ?

Parce qu’il règne sur le monde souterrain et les Enfers : son domaine se trouve sous la terre, et non sur le mont Olympe, séjour des autres grandes divinités.

Citation sur les dieux :

« Les dieux ont posé le travail pour sentinelle de la vertu. »

Hésiode

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