ABBÉ PIERRE : pensées marquantes et lumineuses

Henri Grouès, dit l’Abbé Pierre, est né le 5 août 1912 à Lyon et mort le 22 janvier 2007 à Paris. Prêtre catholique français de l’Ordre des Frères mineurs capucins, résistant, député, il est le fondateur du mouvement Emmaüs (organisation laïque de lutte contre l’exclusion) comprenant la Fondation Abbé-Pierre pour le logement des défavorisés et de nombreuses autres associations, fondations et entreprises de l’économie sociale, en France.

Engagé dans la résistance, il aide des personnes de confession juive à se cacher. Recherché par la Gestapo, il rencontre le général De Gaulle en 1943 à Alger. Après la guerre, il est élu député de Meurthe-et-Moselle de 1945 à 1951. En 1949, il fonde « Emmaüs », la communauté de chiffonniers construisant des logements provisoires pour aider les « sans domicile ». Lors de l’hiver rigoureux de 1954, l’abbé Pierre lance à la radio un appel poignant invitant à « l’insurrection de la bonté » en faveur des sans-logis, déclenchant un vaste mouvement de solidarité. Il est également entendu par le Parlement qui, quelques semaines plus tard, décide de lancer un programme de 12 000 logements d’urgence. Emmaüs s’internationalise et comprend de nombreuses communautés dans près de quarante pays. En 1988, il crée la « Fondation de l’abbé Pierre » pour le logement des défavorisés.

Quelques unes de ses pensées remarquables :
Avec tout l’argent du monde, on ne fait pas des hommes : on les dégrade mais avec des hommes et qui aiment, on fait tout.
Avoir souffert rend tellement plus perméable à la souffrance des autres.
C’est en ne faisant pas les révolutions avec le peuple qu’on provoque les émeutes que le peuple paie.
C’est tellement complexe un homme et, jusqu’au dernier instant, tellement inachevé !
Ce que veulent ceux qui n’ont pas de toit ! Pas l’aumône, pas la pitié, ni la charité. Ils veulent un bail et une clé.

« L’enfer, c’est les autres », écrivait Sartre. Je suis intimement convaincu du contraire. L’enfer, c’est soi-même coupé des autres.

Chaque fois que l’on refuse 1 milliard pour le logement, c’est 10 milliards que l’on prépare pour les tribunaux, les prisons, les asiles de fous.
Construire des prisons est sans doute nécessaire, mais construire des logements en repensant à l’intérieur des cités tout ce qui fait la cohésion sociale, c’est plus urgent.
Dans la mort, il y a beaucoup plus de rencontres que de séparations.
Dans un arbre, il y a un tronc, il n’y en a qu’un, mais regardez les racines: il n’y en a pas deux pareilles, et ce sont ces racines invisibles, dans l’ordure, le fumier, la boue, avec leur diversité, qui sont la source de la vitalité. Regardez les branches: il n’y en a pas deux pareilles ; elles procèdent d’un tronc unique avec leur diversité. Il faut que nous soyons capables de nous estimer les uns, les autres dans nos diversités.
Dieu n’est pas le Tout-puissant dominateur, c’est le Tout-puissant captif, captif des libertés qu’il crée à la cime du monde pour que le monde puisse culminer dans l’amour.
Et quand le soir dans vos belles maisons, vous allez embrasser vos petits enfants avec votre bonne conscience, au regard de Dieu, vous avez probablement plus de sang sur vos mains d’inconscient que n’en aura jamais le désespéré.
Gouverner, c’est d’abord loger son peuple.
Il faut que la voix des hommes sans voix empêche les puissants de dormir.
Il faut toujours garder les deux yeux ouverts, un œil ouvert sur la misère du monde pour la combattre, un œil ouvert sur sa beauté ineffable, pour rendre grâce.
Il n’y a qu’une règle pour gagner le paradis : aimer tant qu’on en a la force, c’est tout…
Il n’y a que les hommes pour tuer un million d’entre eux pour la victoire d’un chef : des hommes qui ne se connaissent pas s’entre-tuent sur l’ordre de chefs qui se connaissent et ne s’entre-tuent pas, chefs qui signeront la paix en se serrant la main, un verre de champagne dans l’autre.
Il ne faut pas attendre d’être parfait pour commencer quelque chose de bien.
Il ne faut pas faire la guerre aux pauvres mais à la pauvreté.
Il y a une loi avant les lois : pour venir en aide à un humain sans toit, sans pain, privé de soins, il faut braver toutes les lois.

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