Citations de Louis XIV : 39 maximes et mots du Roi-Soleil

Les citations de Louis XIV révèlent un roi qui a beaucoup réfléchi à son « métier de roi ». La plupart des citations de Louis XIV viennent de ses Mémoires, rédigés pour l’éducation de son fils, et forment de véritables maximes sur le pouvoir, la décision et la conduite. Nous avons réuni 39 citations de Louis XIV, des réflexions politiques aux mots d’esprit rapportés par ses contemporains, sans oublier la plus célèbre de toutes, qu’il n’a sans doute jamais prononcée.

Qui était Louis XIV ?

Surnommé le Roi-Soleil ou Louis le Grand, Louis XIV naît à Saint-Germain-en-Laye le 5 septembre 1638 et meurt à Versailles le 1er septembre 1715. Troisième roi de la maison de Bourbon, il détient le plus long règne de l’histoire de France.

  • un roi enfant : il monte sur le trône le 14 mai 1643, à 4 ans. Sa mère, Anne d’Autriche, assure la régence avec le cardinal Mazarin, et l’enfant traverse la Fronde, révolte des parlements et des grands seigneurs ;
  • le gouvernement personnel : à la mort de Mazarin, en 1661, il décide de gouverner seul, sans principal ministre, et le fait pendant 54 ans ;
  • l’absolutisme : il incarne la monarchie absolue de droit divin, réduit le rôle des parlements, encadre la presse et les courants d’opinion, réprime les révoltes et les jansénistes, et révoque l’édit de Nantes en 1685 ;
  • la puissance : ses guerres agrandissent le territoire, tandis que Colbert développe le commerce, l’industrie et les colonies ;
  • Versailles : à partir de 1682, il gouverne depuis le château, modèle des palais européens ;
  • le mécène : Molière, Racine, Boileau, Lully, Le Brun et Le Nôtre illustrent ce que Voltaire appellera « le siècle de Louis XIV ».

D’où viennent les citations de Louis XIV ?

Elles ont deux origines bien différentes :

  • ses écrits : à partir de 1666, le roi fait rédiger, avec l’aide de ses secrétaires, des Mémoires pour l’instruction du Dauphin, où il explique à son fils l’art de gouverner. S’y ajoutent ses Réflexions sur le métier de roi et les instructions données à son petit-fils parti régner en Espagne. Ces textes livrent l’essentiel de ses maximes ;
  • les paroles rapportées : des mots prononcés en public ou dans l’intimité, transmis par des mémorialistes comme Saint-Simon ou le marquis de Dangeau, ou par Voltaire. Leur authenticité est plus variable.

Les citations de Louis XIV sur le pouvoir et le métier de roi

  • « Aussitôt qu’un roi se relâche sur ce qu’il a commandé, l’autorité périt, et le repos avec elle. »
  • « C’est aux hommes du commun à borner leur application dans ce qui leur est utile et agréable ; mais les princes, dans tous leurs conseils, doivent avoir pour première vue d’examiner ce qui peut leur donner ou leur ôter l’applaudissement public. »
  • « Encore qu’il soit de la probité d’un prince d’observer indispensablement ses paroles, il n’est pas de sa prudence de se fier absolument à celle d’autrui. »
  • « Il est bien plus facile d’obéir à son supérieur que de se commander à soi-même ; et quand on peut tout ce que l’on veut, il n’est pas aisé de ne vouloir que ce que l’on doit. »
  • « Il faut de la force assurément pour tenir toujours la balance de la justice droite entre tant de gens qui font leurs efforts pour la faire pencher de leur côté. »
  • « L’homme naturellement ambitieux et orgueilleux ne trouve jamais en lui-même pourquoi un autre lui doit commander, jusqu’à ce que son besoin propre le lui fasse sentir. »
  • « La décision a besoin d’un esprit de maître ; et il est sans comparaison plus facile de faire ce qu’on est que d’imiter ce qu’on n’est pas. »
  • « La fonction de roi consiste principalement à laisser agir le bon sens, qui agit toujours naturellement et sans peine. »
  • « La gloire n’est pas une maîtresse qu’on puisse jamais négliger, ni être digne de ses premières faveurs, si l’on n’en souhaite incessamment de nouvelles. »
  • « Les empires, mon fils, ne se conservent que comme ils s’acquièrent, c’est-à-dire par la vigueur, par la vigilance et par le travail. »
  • « Les règles de la justice et de l’honneur conduisent presque toujours à l’utilité même. »
  • « Quiconque pardonne trop souvent punit presque inutilement le reste du temps. »
  • « Tout l’art de la politique est de se servir des conjonctures. »
  • « Cette douceur qu’on se figure dans la vengeance n’est presque pas faite pour nous ; elle ne flatte que ceux dont le pouvoir est en doute. »

Sur la sagesse et la conduite

  • « À qui peut se vaincre soi-même, il est peu de chose qui puisse résister. »
  • « C’est sagement fait que d’écouter tout le monde, et de ne croire entièrement ceux qui nous approchent, ni sur leurs ennemis, hors le bien qu’ils sont contraints d’y reconnaître, ni sur leurs amis, hors le mal qu’ils tâchent d’y excuser. »
  • « C’est toujours l’impatience de gagner qui fait perdre. »
  • « Ce qui nous occupe est quelquefois moins difficile que ce qui nous amuserait seulement. »
  • « En parlant de nos affaires, nous n’apprenons pas seulement beaucoup d’autrui, mais aussi de nous-mêmes. L’esprit achève ses propres pensées en les mettant au-dehors. »
  • « Et pour cet art de connaître les hommes, qui vous sera si important, je vous dirai, mon fils, qu’il se peut apprendre, mais qu’il ne se peut enseigner. »
  • « Il est d’un petit esprit, et qui se trompe ordinairement, de vouloir ne s’être jamais trompé. »
  • « L’un des meilleurs expédients que l’on puisse pratiquer, c’est d’écouter plus souvent que de parler, parce qu’il est très malaisé de parler beaucoup sans dire quelque chose de trop. »
  • « L’artifice se dément toujours, et ne produit pas longtemps les mêmes effets que la vérité. »
  • « La sagesse veut qu’en certaines rencontres on donne beaucoup au hasard ; la raison elle-même conseille alors de suivre je ne sais quels mouvements ou instincts aveugles au-dessus de la raison, et qui semblent venir du Ciel. »
  • « Le travail n’épouvante que les âmes faibles. »
  • « Nous devons aux règles mêmes et aux exemples l’avantage de nous pouvoir passer des exemples et des règles. »
  • « On ne fait jamais rien d’extraordinaire, de grand et de beau, qu’en y pensant plus souvent et mieux que les autres. »
  • « Quand on s’est mépris, il faut réparer la faute au plus tôt, et que nulle considération en empêche, pas même la bonté. »

Mots célèbres et anecdotes

  • « Toutes les fois que je donne une place vacante, je fais cent mécontents et un ingrat. » : mot rapporté par Voltaire dans Le Siècle de Louis XIV.
  • « N’ayez jamais de favori, ni de Premier ministre. » : conseil attribué au roi dans ses instructions à son petit-fils Philippe V, devenu roi d’Espagne en 1700. Louis XIV lui-même avait gouverné sans principal ministre après la mort de Mazarin.
  • « Mon père, j’ai entendu plusieurs grands orateurs ; j’en ai été content. Mais après vous avoir entendu, je suis très mécontent de moi-même. » : compliment adressé, selon la tradition, au prédicateur Jean-Baptiste Massillon.
  • « Si je n’étais roi, je me mettrais en colère. » : réplique attribuée au roi face à une insolence du duc de Lauzun.
  • « J’ai failli attendre. » : mot attribué au roi, arrivé devant un carrosse qui se présentait juste à l’heure ; aucune source contemporaine ne le confirme.
  • « Dieu a donc oublié tout ce que j’ai fait pour lui ? » : réflexion prêtée au roi après les revers de la guerre de Succession d’Espagne, dont la sanglante bataille de Malplaquet (1709).
  • « Pourquoi pleurez-vous ? M’avez-vous cru immortel ? » : paroles adressées à ses serviteurs sur son lit de mort, en août 1715.
  • « Je m’en vais, mais l’État demeurera toujours. » : autres paroles prononcées sur son lit de mort, à l’opposé du fameux « L’État, c’est moi ».

Les devises du Roi-Soleil

  • « Nec pluribus impar » : la devise du roi, associée à l’emblème du soleil. Sa traduction fait débat : « non inégal à plusieurs », c’est-à-dire capable de suffire à plusieurs tâches, ou « au-dessus de tous ».
  • « Ultima ratio regum » : « le dernier argument des rois », inscription gravée sur les canons français sous son règne.

« L’État, c’est moi », la plus célèbre des fausses citations de Louis XIV

Selon la légende, le jeune roi, âgé de 16 ans, aurait lancé cette formule au Parlement de Paris le 13 avril 1655, en tenue de chasse, pour imposer des édits fiscaux contestés. La phrase ne figure pourtant dans aucun registre du Parlement, et aucun témoin de l’époque ne la rapporte. Elle n’apparaît qu’au XVIIIe siècle, longtemps après sa mort, et les historiens la tiennent pour apocryphe.

Elle résume pourtant si bien l’image de la monarchie absolue qu’elle lui est restée attachée. Ironie de l’histoire, ses dernières paroles affirmaient l’inverse : « Je m’en vais, mais l’État demeurera toujours. » Pour d’autres grandes figures dont les mots ont été déformés, découvrez aussi nos citations de Churchill.

Questions fréquentes

Louis XIV a-t-il vraiment dit « L’État, c’est moi » ?

Très probablement pas. La phrase n’apparaît dans aucun document de son règne et lui a été attribuée plus tard.

Combien de temps a régné Louis XIV ?

72 ans, de 1643 à 1715, dont 54 ans de gouvernement personnel à partir de 1661. C’est le plus long règne de l’histoire de France.

Que signifie « Nec pluribus impar » ?

C’est la devise du roi, associée au soleil. On la traduit le plus souvent par « au-dessus de tous » ou « non inégal à plusieurs ».

Où lire les écrits de Louis XIV ?

Ses Mémoires pour l’instruction du Dauphin sont régulièrement réédités et constituent la principale source de ses maximes.

Laisser un commentaire