LAND ART : Nature et art réconciliés ?

Land art
Né aux États unis à la fin des années 1960 en réaction contre l’ordre établi, les institutions muséales, le caractère mercantile et élitiste de l’art, le Land art désigne l’ensemble des courants artistiques qui utilisent la Nature comme lieu, matériau et surface d’inscription de leur travail. 
On distingue généralement deux types d’interventions :​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​
–les inscriptions de grande envergure à l’échelle du paysage («Earthworks »).
À l’image des géoglyphes de Nazca, les pionniers du Land art ((Robert Smithson, Robert Morris, Nancy Holt, Denis Oppenheim, Walter de Maria, Christo et Michael Heizer) ont réalisé dans l’ouest désertique américain des « terrassements » ou des excavations monumentales inscrites dans le paysage ;
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– les œuvres à échelle humaine réalisées avec des matériaux issus de la Nature (terre, pierres, boues, branches…).
Alors que les premières sont appelées à durer, même si elles sont érodées par les éléments, les deuxièmes ont vocation à être éphémères (se dégrader ou se décomposer naturellement).
Ces entreprises artistiques étant réalisées dans des lieux inaccessibles, le support photographique est indispensable, attestant voire étant constitutif de l’œuvre. 
Par bien des aspects, le Land art a pris le contrepied des formes traditionnelles de l’art :
– l’œuvre originelle ne se réalisait plus dans un atelier, n’était plus transportable ou exposable et ne pouvait se détenir car, réalisée in situ, loin des yeux du public ;
– l’œuvre n’était plus une représentation de la Nature, mais s’inscrivait dans la Nature avec laquelle elle interagissait. Elle n’était plus figée, définitive, évoluant avec les conditions climatiques et les aléas naturels ;
–l’œuvre et son créateur n’étaient plus éternels, l’œuvre étant appelée un jour à disparaître.
Le Land art a connu depuis près de cinquante ans de nombreuses évolutions remettant en cause certaines de ses revendications initiales. 
Il est devenu transposable et exposable.
Il a en effet réintégré l’espace muséal au travers d’installations (telles que South Bank Circle de Richard Long par exemple) et a rejoint les plus grandes collections particulières dart contemporain.
richard long
Il a connu différents prolongements tels l’art végétal ou « art dans la nature », l’art du Monde (« Earth act » qui interroge l’homme et le rapport qu’il entretient avec son environnement) ou l’art écologique.
Grâce au Land art, la Nature et l’art, création humaine cherchant à imiter ou transcender la Création naturelle, se sont enfin réconciliés.
Au vu du boom actuel de l’art vert, ces réalisations naturelles sont sans conteste appelées à rencontrer une audience de plus en plus large.
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