Visiter Malaga : culture, patrimoine et plages au soleil

Visiter Malaga, c’est découvrir l’une des plus anciennes villes d’Europe, fondée par les Phéniciens il y a près de 2 800 ans, sans renoncer aux plages de la Costa del Sol. À la fois grande ville d’une grande richesse culturelle et patrimoniale et station balnéaire, elle réconcilie la culture et la plage comme peu de destinations méditerranéennes. Visiter Malaga, c’est passer d’un théâtre romain à un musée Picasso, d’une forteresse arabe à un bar à tapas, puis d’une ruelle du centre historique au sable de la Malagueta. Visiter Malaga se prête ainsi aussi bien à un week-end culturel qu’à un long séjour au soleil.

Visiter Malaga, l’une des plus anciennes villes d’Europe

Fondée vers 770 av. J.-C. par des Phéniciens venus de Tyr sous le nom de Malaka, la ville est aujourd’hui la capitale de la province de Malaga et la deuxième ville d’Andalousie, derrière Séville. Passée sous domination carthaginoise, puis romaine sous le nom de Malaca, elle prospère grâce à la production de garum, la célèbre sauce de poisson fermentée exportée vers Rome.

Conquise par les armées arabes et berbères au début du VIIIe siècle, Mālaqa devient au XIe siècle la capitale d’un royaume de taïfa, puis le principal port du royaume nasride de Grenade. De passage vers 1325, le voyageur Ibn Battuta la décrit comme l’une des plus grandes et des plus belles villes d’Andalousie, vantant ses raisins, ses figues et ses amandes. La ville tombe aux mains des Rois catholiques le 18 août 1487, après un siège de plus de trois mois, l’un des épisodes les plus violents de la guerre de Grenade.

Au XIXe siècle, Malaga devient l’une des premières villes industrielles d’Espagne et le théâtre d’une intense activité politique. Cette période lui vaut, par décret royal du 21 août 1843, la devise « La primera en el peligro de la libertad » (« la première dans le péril de la liberté ») et le titre de « Siempre denodada » (« toujours vaillante »), accordés après les luttes qui provoquèrent la chute du général Espartero. Prise par les troupes franquistes en février 1937, au prix d’un exode tragique sur la route d’Almería, la ville connaît ensuite l’essor touristique des années 1960 et 1970.

Un patrimoine de 3 000 ans d’histoire

Ce qui étonne en arrivant à Malaga, c’est le contraste entre les immeubles des faubourgs, hérités du boom urbain des années 1960 et 1970, et l’extraordinaire richesse du centre historique, où se côtoient des styles représentatifs de près de 3 000 ans d’histoire. En quelques centaines de mètres, on y découvre :

  • les vestiges de la muraille phénicienne, visibles dans les sous-sols du musée Picasso ;
  • le théâtre romain, redécouvert en 1951 au pied de l’Alcazaba ;
  • l’Alcazaba, forteresse et palais reconstruits au XIe siècle par la dynastie des Hammudides, bien avant l’Alhambra de Grenade, avec ses cours, ses jardins et son belvédère sur la mer ;
  • le château de Gibralfaro, relié à l’Alcazaba par un chemin de ronde et agrandi à l’époque nasride, qui offre le plus beau panorama sur la ville et le port ;
  • le palais de Buenavista, demeure Renaissance du XVIe siècle qui abrite aujourd’hui le musée Picasso ;
  • la cathédrale de l’Incarnation, construite de 1528 à 1782 sur les plans de Diego de Siloé, Renaissance à l’intérieur et baroque en façade, dont les stalles du chœur ont été sculptées en partie par Pedro de Mena ;
  • une quinzaine d’églises, dont l’église de Santiago, exemple de style mudéjar, et la basilique de Santa María de la Victoria et son décor baroque de stuc.
alcazaba Malaga
arenes romaines Malaga

La cathédrale doit son surnom affectueux de « la Manquita », « la manchote », à sa tour sud restée inachevée : seule la tour nord, haute d’environ 87 mètres, a été achevée. Une plaque au pied de l’édifice affirme que les fonds auraient servi à soutenir l’indépendance américaine, mais des recherches d’archives suggèrent plutôt qu’ils ont financé l’aménagement de la route d’Antequera.

Malaga, la ville aux musées

Au début du XXIe siècle, la municipalité a investi plus de 100 millions d’euros en dix ans dans une offre culturelle de premier plan, au point que la ville compte aujourd’hui une trentaine de musées. Quatrième ville d’Espagne pour l’activité économique, derrière Madrid, Barcelone et Valence, Malaga mise sur l’art pour attirer visiteurs et talents. Parmi les incontournables :

  • le musée Picasso Malaga, ouvert en 2003 dans le palais de Buenavista, consacré à l’enfant du pays, né à Malaga en 1881 ;
  • la Fondation Picasso et maison natale, installée dans l’appartement où le peintre a vu le jour, place de la Merced ;
  • le musée Carmen Thyssen, ouvert en 2011 dans le palais de Villalón, qui met en valeur l’exceptionnelle collection Carmen Thyssen ;
  • le Centre Pompidou Malaga, antenne du centre parisien ouverte en 2015 dans le Cubo, sur le port ;
  • la Collection du Musée russe, ouverte en 2015 dans l’ancienne manufacture de tabac (Tabacalera) comme antenne du Musée russe de Saint-Pétersbourg : les œuvres sont reparties en Russie en mai 2022, et le lieu présente depuis de l’art russe issu d’autres collections, publiques ou privées ;
  • le musée de Malaga, beaux-arts et archéologie, installé dans le palais de la Aduana.

Le centre d’art contemporain, le CAC Malaga, a fermé ses portes en septembre 2024 pour travaux : mieux vaut vérifier sa réouverture avant de prévoir une visite.

maison natale de picasso
calle larios malaga

Visiter Malaga au fil de ses quartiers et de ses marchés

L’âme de Malaga se révèle au marché central d’Atarazanas, aux étals de fruits et légumes multicolores, aux senteurs d’épices et à l’offre pléthorique de poissons et fruits de mer de saison. Tout près, la calle Larios, principale rue commerçante de la ville, relie le port à la place de la Constitución.

La place de la Merced, l’une des plus animées du centre, est un point de départ idéal pour rejoindre la maison natale de Picasso, la cathédrale, le théâtre romain et l’Alcazaba, puis grimper jusqu’au château de Gibralfaro.

Pour respirer, le paseo del Parque déroule ses palmiers et ses statues jusqu’au port, où le Muelle Uno aligne boutiques et terrasses face aux bateaux de croisière : le port de Malaga est le deuxième de la péninsule Ibérique pour les croisières. À l’est, l’ancien quartier de pêcheurs de Pedregalejo a gardé ses petites maisons au bord de l’eau. Plus au nord, le jardin botanique et historique de La Concepción et le cimetière anglais, plus ancien cimetière non catholique d’Espagne continentale (1831), offrent des haltes plus confidentielles.

Plages et climat de la Costa del Sol

Malaga jouit d’un climat méditerranéen doux : environ 19 °C de température moyenne annuelle, des journées d’hiver autour de 17 à 18 °C et près de 3 000 heures d’ensoleillement par an, avec seulement une quarantaine de jours de pluie. Les Montes de Málaga, au nord, protègent la ville des vents froids.

La plage de la Malagueta commence à quelques minutes à pied du centre historique, suivie de La Caleta et des plages de Pedregalejo et d’El Palo. Au-delà, la Costa del Sol, parfois surnommée Costa del Golf pour son nombre impressionnant de parcours, est facilement accessible en transports en commun : trains de banlieue Cercanías au départ de la gare Centro-Alameda, bus métropolitains et métro léger.

Tapas, espetos et vin doux : la table malagueña

Dans les ruelles de la vieille ville, les bars et restaurants déclinent l’art du « tapeo », la tournée des tapas, et du « pescaíto frito », la friture de petits poissons. En bord de mer, les chiringuitos grillent les espetos, des sardines embrochées et grillées au feu de bois, une tradition proposée au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.

Les raisins de Malaga étaient déjà vantés au Xe siècle par le chroniqueur Ahmad al-Razi, et la ville reste réputée pour son vin doux, que l’on retrouve dans les verres pendant la feria. Pour prolonger le voyage en cuisine, découvrez nos recettes andalouses.

Quand visiter Malaga : fêtes et saisons

  • Semaine sainte : célébrée depuis cinq siècles, elle voit défiler du dimanche des Rameaux à Pâques d’immenses tronos, dont certains dépassent 5 000 kilos.
  • Festival du cinéma espagnol : chaque année en mars ou en avril, l’un des principaux festivals de cinéma du pays.
  • Feria d’août : danses, flamenco et verdiales, la musique traditionnelle malagueña, envahissent les rues le jour, avant que la fête ne gagne le parc des expositions la nuit.
  • Carnaval : en février, il s’achève sur la plage de la Malagueta par l’enterrement de l’anchois.
  • Hiver et printemps : les saisons les plus agréables pour les visites culturelles, avec des journées douces et ensoleillées ; l’été, les maximales dépassent souvent 30 °C.

Ensoleillement généreux, richesse culturelle et patrimoniale exceptionnelle, plages à perte de vue, cuisine méditerranéenne et population ouverte et chaleureuse : les Malagueños ont de quoi faire de leur ville l’une des destinations culture et plage les plus prisées d’Espagne.

Questions fréquentes

Malaga est-elle la capitale de l’Andalousie ?

Non. La capitale de l’Andalousie est Séville. Malaga est la capitale de la province de Malaga et la deuxième ville d’Andalousie par sa population.

Combien de jours prévoir sur place ?

Deux à trois jours suffisent pour le centre historique, l’Alcazaba, Gibralfaro et deux ou trois musées. Une semaine permet d’ajouter les plages et des excursions sur la Costa del Sol.

Pourquoi la cathédrale est-elle surnommée « la Manquita » ?

Parce que sa tour sud n’a jamais été terminée : avec une seule tour achevée, elle est « la manchote » pour les Malagueños.

Peut-on se baigner en hiver ?

La mer reste fraîche en hiver, autour de 16 °C, contre 23 °C environ en août. Les plus courageux s’y baignent, mais l’hiver se prête surtout aux promenades au soleil sur le front de mer.

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