Parents positifs : la parentalité positive, une éducation équilibrée entre écoute et limites

La parentalité positive propose une autre voie entre l’autoritarisme et le laisser-faire : une éducation fondée sur l’écoute, le respect et la coopération, qui n’exclut pas les limites. Mis sous pression par le travail, les écrans et une vie familiale chargée, beaucoup de parents oscillent entre surprotection, sévérité et permissivité. La parentalité positive cherche l’équilibre : un enfant qui se sent compris, mais aussi un cadre clair. Voici ce qu’est la parentalité positive, comment la pratiquer, et les débats qu’elle suscite.

Elle s’oppose à d’autres styles d’éducation que nous avons décrits : les parents tigres, qui sacrifient l’enfance à l’excellence, les parents hélicoptères, qui surprotègent, ou les parents permissifs, qui ne posent pas de limites.

Qu’est-ce que la parentalité positive ?

Le Conseil de l’Europe en a donné une définition dans sa recommandation du 13 décembre 2006 : la parentalité positive « se réfère à un comportement parental fondé sur l’intérêt supérieur de l’enfant, qui vise à l’élever et à le responsabiliser, qui est non violent et lui fournit reconnaissance et assistance, en établissant un ensemble de repères favorisant son plein développement », selon le texte de la recommandation Rec(2006)19.

Souvent appelée éducation bienveillante, elle s’inspire de la communication non violente de Marshall Rosenberg, fondée sur l’empathie, des pédagogies centrées sur l’enfant, comme celles de Maria Montessori ou de Célestin Freinet, et de travaux en neurosciences sur le développement du cerveau de l’enfant.

En France, la loi du 10 juillet 2019 relative à l’interdiction des violences éducatives ordinaires a ajouté au Code civil cette phrase : « L’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques », rappelle le cabinet Landot. La loi ne prévoit pas de sanction nouvelle : elle pose un principe.

Les objectifs de la parentalité positive

Elle vise à développer chez l’enfant :

  • la confiance en soi et une image de soi positive ;
  • ses forces et ses talents ;
  • son autonomie, en le responsabilisant quand son âge le permet ;
  • ses compétences sociales : exprimer ses émotions, coopérer, résoudre un conflit.

Le but n’est pas d’avoir un enfant parfait, mais un enfant heureux, capable de vivre avec les autres.

Comment pratiquer la parentalité positive ?

Du côté des parents :

  • Regarder en face l’éducation qu’on a reçue, pour ne pas en reproduire les mauvais aspects.
  • Lâcher prise : prendre soin de soi, culpabiliser moins, se faire confiance en tant que parent.
  • Donner l’exemple : l’enfant apprend beaucoup par imitation.
  • Reconnaître ses erreurs et savoir s’excuser, pour renouer le lien.

Dans la relation avec l’enfant :

  • Écouter ses besoins, en tenant compte de son âge et de son stade de développement : se mettre à sa hauteur.
  • Accueillir ses émotions, ses peurs et ses colères, par l’écoute active.
  • Distinguer l’enfant de ses actes : critiquer le comportement, jamais la personne, sans rabaisser ni humilier.
  • Chercher des solutions plutôt que des punitions.
  • Parler à la première personne (« je suis fatigué ») et formuler les demandes de façon positive (« marche » plutôt que « ne cours pas »).
  • Jouer, rire et recourir à l’humour pour obtenir la coopération dans la bonne humeur.

Le cadre et les limites :

  • Fixer des limites claires et les expliquer, sans s’arc-bouter sur des principes intangibles.
  • Choisir ses priorités et rester souple sur le reste.
  • Créer des routines, qui rassurent l’enfant et structurent ses journées.

Les limites et les débats autour de la parentalité positive

La parentalité positive n’est pas une éducation sans règles : la relation reste asymétrique, et le parent garde son autorité. C’est d’ailleurs là que porte le débat. En octobre 2022, 350 professionnels de santé ont signé une tribune dans Le Figaro contre une approche « exclusivement » positive. La psychologue Caroline Goldman défend le « temps calme », ou time-out, et reproche à certains promoteurs français d’avoir abandonné la part de limites de cette approche. À l’inverse, la pédiatre Catherine Gueguen ou la psychothérapeute Isabelle Filliozat insistent sur l’empathie et refusent la punition, résume une étude de Mines Paris.

Tous s’accordent pourtant sur un point : la violence n’a pas sa place dans l’éducation, et l’enfant a besoin de limites. Le risque, pour les parents, est surtout de culpabiliser en visant une perfection impossible : comme le rappelle notre article sur les hyperparents, personne n’est parfait.

Adapter son éducation à chaque âge

Les besoins changent avec l’âge : un tout-petit a besoin de routines et de mots simples, un enfant d’école de responsabilités à sa mesure, un adolescent d’autonomie et de dialogue. Voyez nos articles sur la pré-adolescence et les adolescents, sur le rôle des grands-parents, et, quand la relation a été difficile, sur les parents toxiques. La bienveillance s’applique aussi au travail, comme le montre notre article sur la bienveillance en management.

Questions fréquentes

Éducation positive veut-elle dire sans punition ?

Elle privilégie les solutions et les conséquences logiques plutôt que les punitions, mais elle maintient des limites. Le débat porte sur la place des sanctions, comme le temps calme.

La fessée est-elle interdite en France ?

Oui. Depuis la loi du 10 juillet 2019, le Code civil précise que l’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques.

Par où commencer ?

Par de petites choses : écouter avant de répondre, nommer les émotions de l’enfant, formuler les demandes positivement et garder quelques règles claires.

Citation :

« Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants. (Mais peu d’entre elles s’en souviennent.) »

Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince (1943)

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