TANGER : la cité blanche du Détroit

Tanger vue mer

De par sa position géostratégique, Tanger fut durant des siècles une citée très courtisée par les peuples de la Méditerranée. Située au nord du Maroc, séparée de l’Espagne par le détroit de Gibraltar, la ville blanche, en plein boom économique depuis les années 2000, conserve un je ne sais quoi de mystérieux et d’exotique, un mélange intrigant d’Afrique du Nord et d’Europe du Sud.

Tanger carteSuccessivement port phénicien (VIIIe siècle av.J.-C.), comptoir carthaginois (IVe siècle av. J.-C.), chef-lieu romain, cité vandale, rattachée à l’Empire byzantin, point de départ de la conquête arabe de l’Espagne sous domination omeyyade et almoravide, enclave portugaise puis anglaise, elle devient la capitale diplomatique de l’empire chérifien alaouite au XVIIe siècle. À la fin du XIXe siècle, les rivalités européennes débouchent sur l’attribution d’un statut international (1925-1956) qui va démultiplier son rayonnement culturel et économique international. En 1954, William Burroughs, poète de la beat génération écrit : « Tanger est vraiment le pouls du monde, comme un rêve s’étendant du passé au futur… »

Capitale d’été du royaume du Maroc depuis l’indépendance, Tanger dispose d’un statut particulier, d’une zone de libre-échange, d’une zone portuaire de tout premier plan (Tanger Med) qui ont provoqué un véritable boom économique. Les projets fourmillent (marina ultra-moderne, ville intelligente…) avec pour objectif de faire entrer la cité dans le XXIè siècle. 

La découverte de Tanger s’avère un véritable ravissement.

-La nécropole phénicienne creusée dans la roche offre une vue imprenable sur le détroit de Gibraltar et l’Espagne,nécropoles Tanger

La Medina encerclée par des murailles, des portes d’accès aux tours polygones semi-circulaires conserve son charme originel.

medinaDans sa partie haute, après avoir gravis des ruelles étroites, on accède à la citadelle fortifiée, la casbah, ancien palais du sultan, dotée d’une vue magnifique sur le port.

Dans sa partie basse, le petit souk (ou petit Socco), âme du vieux Tanger international, est une placette aux allures andalouses entourée de cafés (café Tingis et Central) et de vieilles auberges.

L’ancienne légation américaine, seul monument national des Etats Unis hors de leur territoire, est un petit palais caché transformé en musée (disposant de peintures d’Auguste Delacroix) ; l’hôtel Continental, est un prestigieux établissement jouissant d’une vue exceptionnelle sur la baie, qui a accueilli Degas, Churchill, Francis Ford Coppola. Bertolucci y a tourné des scènes de son Thé au Sahara d’après le roman de Paul Bowles. L’atmosphère y est surannée évoquant le Tanger de la grande époque.

En sortant de la médina par la porte Bab el Fahs, se trouve l’entrée du grand souk (Grand Socco), vieux marché rural, centre névralgique de la ville. A voir, le marché de gros aux poissons, avec ses innombrables variétés de poissons et ses éplucheurs de crevettes, ainsi que le souk aux épices. 

Place du Grand Socco, la cinémathèque de Tanger propose une programmation d’une grande richesse.


Au nord de la place du grand Souk, quartier Marshan, se trouvent le palais royal, les vieilles demeures coloniales et le palais Forbes, ancien palais du Mendoub, avec son jardin suspendu.

À quelques pas du palais, le café Hafa est un lieu mythique fréquenté par les intellectuels, doté de petites terrasses en escalier et d’une magnifique vue sur la mer ;

Au sud de la place du Grand Souk,  après avoir dépassé le consulat de France, la place de France et le Grand Café de Paris semblent ne pas avoir changé depuis trente ans.

L’avenue Pasteur traverse le centre jusqu’à la promenade maritime. On y trouve les librairies de langue française Les insolites et la librairie des Colonnes.

La place du Phare est le passage obligatoire pour se faire photographier avec la vue sur les canons et la mer. Non loin de là, il subsiste de nombreux édifices dessinés par des architectes espagnols de la première partie du XXe siècle : « l’immeuble accordéon » de Manuel Martinez Chumillas, « la maison Toledano », « la casa de Espana » de Diego Jimenez Armstrong, le théâtre Cervantes, édifice art nouveau de 1400 places, ayant accueilli de nombreux artistes dont le Caruso.

La promenade maritime du port jusqu’à Malabata dispose de nombreux jardins, cafés, restaurants et hôtels et clubs de plage.

Durant l’année, de multiples festivals (cinéma, danse, théâtre, jazz, rire,…) animent la vie culturelle de la ville déjà riche en cinémas, théâtres et autres salles de spectacle. 

En sortant de Tanger par l’ouest, la route traverse une forêt de pins parasols jusqu’au cap Spartel et son vieux phare. La côte atlantique est sillonnée de petites falaises de grès et de plages secrètes jusqu’aux grottes d’Hercule, à l’ouverture à la forme inversée d’Afrique, où le demi-dieu Hercule se serait reposé après avoir réalisé ses douze travaux.

À quelques kilomètres de Tanger, la charmante station balnéaire d’Asilah sur la côte méditerranéenne ou les superbes médinas de Tétouan et de Chefchaouen (inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO) valent le détour.

Cité millénaire cosmopolite, Tanger est une métropole accueillante aux portes de l’Europe qui requiert un séjour prolongé pour en apprécier toutes les richesses.

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