Oui et non dans différentes langues : 115 traductions

Savoir dire oui et non dans différentes langues, c’est connaître les deux mots les plus utiles en voyage. Presque partout, ils sont très courts, souvent d’une seule syllabe, parce qu’on les prononce sans cesse. Voici oui et non dans différentes langues, 115 au total, des grandes langues internationales aux langues régionales de France, aux créoles et aux langues d’Afrique, d’Asie et d’Océanie. Comparer oui et non dans différentes langues révèle aussi des parentés inattendues, de faux amis et quelques langues qui se passent tout simplement de ces deux mots.

Les langues sont regroupées par grandes familles ou par régions, pour faire apparaître les ressemblances : le ja germanique, le da slave ou le si hérité du latin.

D’où viennent oui et non dans différentes langues ?

Le latin classique n’avait pas de vrai mot pour dire oui. On répondait en reprenant le verbe de la question, ou avec des adverbes comme sic (« ainsi »), ita ou etiam. C’est sic qui a donné le sí espagnol, le sì italien et le sim portugais.

En France, l’histoire est plus originale. Au sud, on disait òc, issu du latin hoc (« cela ») ; au nord, oïl, de hoc ille, qui est devenu notre « oui ». Ces deux mots ont servi à nommer les grandes zones linguistiques du pays : la langue d’oc et la langue d’oïl. Dante, au début du XIVe siècle, classait déjà les langues romanes d’après leur façon de dire oui.

Le « non », lui, vient tout droit du latin non, que l’on retrouve presque intact de Lisbonne à Bucarest. Ailleurs, les ressemblances s’expliquent par la famille de langues : le ja est commun aux langues germaniques, le da aux langues slaves, et le roumain l’a emprunté à ses voisins slaves. Entre familles éloignées, en revanche, les ressemblances relèvent le plus souvent de la coïncidence.

Des langues sans vrai oui ni non

Plusieurs langues n’ont pas de mot passe-partout pour acquiescer. On y répond en reprenant le verbe de la question, à la forme affirmative ou négative :

  • en irlandais et en gaélique écossais, à « Es-tu fatigué ? », on répond « je suis » ou « je ne suis pas » ;
  • en gallois, la réponse change selon le verbe et la personne : ydw signifie « je suis » ;
  • en chinois, shì veut dire « c’est cela », et l’on répète souvent le verbe plutôt que de l’employer ;
  • en finnois, kyllä existe, mais on préfère souvent répéter le verbe, comme en latin.

Le français a, lui, une particularité rare : trois mots au lieu de deux. Le si sert à contredire une question négative (« Tu ne viens pas ? Si ! »), une nuance que l’anglais ou l’espagnol n’expriment pas d’un seul mot.

Oui et non dans différentes langues d’Europe

Langues romanes

  • Catalan : sí / no
  • Espagnol : sí / no
  • Français : oui / non
  • Frioulan : se / no
  • Galicien : si / non
  • Italien : sì / no
  • Ligure : sci / no
  • Portugais : sim / não
  • Roumain : da / nu
  • Sarde : eja ou si / no
  • Wallon : oyi / neni

Langues germaniques

  • Afrikaans : ja / nee
  • Allemand : ja / nein
  • Anglais : yes / no
  • Bas-saxon : ja / nee
  • Danois : ja / nej
  • Féroïen : ja / nei
  • Frison : ja / nee
  • Islandais : já / nei
  • Luxembourgeois : jo / neen
  • Néerlandais : ja / nee
  • Norvégien : ja / nei
  • Suédois : ja / nej
  • Yiddish : yo / neyn

Langues slaves

  • Biélorusse : tak / nie
  • Bosniaque : da / ne
  • Bulgare : da / ne
  • Croate : da / ne
  • Macédonien : da / ne
  • Polonais : tak / nie
  • Russe : da / niet
  • Serbe : da / ne
  • Slovaque : áno / nie
  • Slovène : da / ne
  • Sorabe : haj / ně
  • Tchèque : ano / ne
  • Ukrainien : tak / ni

Langues celtiques et baltes

  • Gaélique d’Écosse : tha / chan eil (pas de mot dédié, on reprend le verbe)
  • Gaélique d’Irlande : tá ou is ea / níl ou ní hea
  • Gallois : ydw ou ie / nac ydw ou na
  • Letton : jā / nē
  • Lituanien : taip / ne

Autres langues d’Europe

Attention aux faux amis : en albanais, po veut dire oui et jo veut dire non, et en grec, nai, qui sonne comme un refus, signifie oui.

  • Albanais : po / jo
  • Basque : bai / ez
  • Estonien : jah / ei
  • Finnois : kyllä / ei
  • Grec : nai / óchi
  • Hongrois : igen / nem
  • Maltais : iva / le
  • Romani : va / na
  • Udmurt : ben / övöl

Les langues régionales de France

Le òc du Midi a donné son nom à toute une famille de parlers, du languedocien au provençal, tandis que les langues germaniques de l’Est disent ja, comme leurs voisines d’outre-Rhin.

  • Alsacien : ja / naï
  • Breton : ya / nann
  • Corse : iè ou sì / nò
  • Francique lorrain : ja / nä
  • Gallo : yan / nanni
  • Languedocien : òc / non
  • Occitan : òc / non
  • Provençal : òc / non

Les créoles

Nés du contact entre le français et les langues africaines, les créoles des Antilles, de la Guyane et de l’océan Indien ont souvent gardé wi, mais beaucoup disent non avec awa. Le papiamento des Antilles néerlandaises mêle espagnol et portugais.

  • Créole guadeloupéen : anhan / awa
  • Créole guyanais : wi / non
  • Créole haïtien : wi / non ou awa
  • Créole martiniquais : wi / awa
  • Créole mauricien : wi / non
  • Créole réunionnais : wi / non
  • Papiamento : si / no

Oui et non dans différentes langues d’Afrique

  • Bambara : awo / ayi
  • Berbère : wah / lla
  • Bobo : hoon / aïlle
  • Ewé : é / aò
  • Kabyle : ih / ala
  • Kinyarwanda : yego / oya
  • Lingala : èh / te
  • Malgache : eny / tsia
  • Shimaore : éwa / ãha
  • Shona : ehe / aiwa
  • Soninké : yo / aï
  • Swahili : ndiyo / hapana ou siyo
  • Wolof : waaw / déedéet
  • Zoulou : yebo / cha

Oui et non dans différentes langues d’Asie et du Moyen-Orient

Moyen-Orient et Caucase

  • Arabe : naʿam / lā
  • Arménien : ayo / votch
  • Azéri : bəli / xeyr
  • Géorgien : ki ou diakh (poli) / ara
  • Hébreu : ken / lo
  • Kurde : erê ou belê / na
  • Ossète : o / næ
  • Persan : bale / na ou kheyr
  • Tatar : äye / yuq
  • Turc : evet / hayır

Asie du Sud

  • Bengali : hyã / na
  • Hindi : hā̃ / nahī̃
  • Ourdou : jī hā̃ / nahī̃
  • Sindhi : ha / na
  • Cingalais : ovu / nae
  • Tamoul : ām / illai
  • Telugu : avunu / kādu

Asie de l’Est et du Sud-Est

En japonais, hai signifie souvent « je vous écoute » plutôt qu’un accord. En thaï, on ajoute khrap (homme) ou kha (femme) par politesse, et en khmer le oui change selon le sexe de la personne qui parle.

  • Birman : hoke te ou hman te / hmar te
  • Chinois : shì / bú shì
  • Coréen : ne ou ye / aniyo
  • Indonésien : ya / tidak
  • Japonais : hai / iie
  • Khmer : baat (homme) ou chaa (femme) / té
  • Laotien : chao ou doy (poli) / bo
  • Malais : ya / tidak
  • Mongol : tiim / ügüi
  • Tagalog : oo (opo, poli) / hindi
  • Thaï : chai / mai chai

Océanie, Amériques, langues anciennes et construites

  • Maori : āe / kāo
  • Tahitien : ʻē / ʻaita
  • Cherokee : v / tla
  • Guarani : héẽ / nahániri
  • Latin : sic, ita, etiam (ou le verbe répété) / non (ou le verbe nié)
  • Sanskrit : ām / na
  • Espéranto : jes / ne

Quand le geste contredit le mot

Le mot ne suffit pas toujours : le geste qui l’accompagne peut tout changer.

  • en Bulgarie, hocher la tête de haut en bas signifie traditionnellement non, et la secouer de gauche à droite, oui ;
  • en Grèce et en Turquie, on dit souvent non en relevant légèrement la tête, parfois avec un claquement de langue ;
  • en Inde, le dodelinement de la tête de gauche à droite exprime l’accord ou l’écoute, pas le refus.

Pour enrichir encore votre vocabulaire, découvrez aussi notre série sur les mots rares.

Citation sur l’espéranto :

« Qu’on puisse l’apprendre, comme qui dirait, en passant, et aussitôt en profiter pour se faire comprendre des personnes de différentes nations. »

Louis-Lazare Zamenhof, créateur de l’espéranto

Questions fréquentes

Pourquoi dit-on « oui » en français et « sí » en espagnol ?

Les deux viennent du latin, mais pas du même mot : « oui » descend de hoc ille, devenu oïl en ancien français, tandis que sí vient de sic, « ainsi ».

Quelles langues n’ont pas de mot pour dire oui ?

Le latin classique, l’irlandais, le gaélique écossais et, dans une large mesure, le gallois. On y répond en reprenant le verbe de la question.

Pourquoi « da » se dit-il en russe et en roumain ?

Le roumain est une langue romane, mais il a emprunté da aux langues slaves qui l’entourent, au même titre que de nombreux autres mots.

Le « si » français est-il un vrai oui ?

Oui, mais il ne s’emploie que pour contredire une question ou une affirmation négative. L’allemand a un équivalent, doch.

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